Krisiun – The Great Execution

Est ce nécessaire de présenter ce qui est aujourd’hui un des groupes piliers du brutal death ? Auteurs d’albums qui font partie des fondamentaux du genre (Black Force Domain, Conquerors of Armageddon, entre autres), les brésiliens sont de retour avec un album qui fera date dans leur discographie.

D’emblée j’ose une comparaison : Krisiun, avec The Great Execution, a sorti son South of Heaven. J’explique. Le groupe nous a, jusqu’alors, habitué a nous caresser les tympans à coups de blasts beats et de titres bien bourrins et violents. Visiblement, la bande des frères Moyses a choisi une autre voie pour ce nouvel album. A l’instar de Slayer en son temps, Krisiun a pris le parti de ralentir nettement le propos et d’étoffer leurs compositions, tout en développant une ambiance sulfureuse. Je rassure les fans des albums précédents, ça blaste toujours un peu, mais moins systématiquement et de manière plus « placée », plus réfléchie dirais je même. La plupart des titres oscillent autour de 5 minutes mais atteignent parfois plus de 8 minutes, ce qui laisse le temps de bien laisser se développer les titres.

Alors si ça va moins vite, il est moins violent cet album du coup ? Une seule question à se poser : Toi ami lecteur, considères tu que se prendre dans la tronche un escadron de M1 Abrams en pleine charge est une séance de chatouilles ? Si la réponse est oui, arrête ta lecture ici et va jouer sur l’autoroute. Sinon lis la suite.

Soyons clairs, ce que The Great Execution perd en vitesse d’exécution, il le gagne en puissance. Les rythmes lourds choisis par le groupe transforment leurs nouveaux titres en véritables hymnes guerriers. Ca pue le sang et la fumée, ça évoque des potences perdues au milieu de champs de bataille avec leurs pendus flottant mollement au vent. C’est sombre et ça s’entend.

Ces nouveaux titres sont également plus aérés, fourmillent de petits détails, il y a plein de bonnes idées comme ce petit solo flamenco sur « The Sword of Orion », ou bien quand le hurleur de Ratos de Porao vient pousser la gueulante sur « Extincão Em Massa », ce qui donne au titre une coloration presque grind. Ce ne sont pas là les seuls petits détails qui enrichissent ce disque, je vous laisse découvrir les autres, notamment le riff assez intéressant et recherché de « Violentia Gladiatore », ou le coté tribal de « The Great Execution ». Dans ce royaume de lourdeur, on est frappé par un titre comme « The Extremist » qui blaste dès le départ, mais qui ralentit le tempo de façon extrêmement écrasante sur le refrain. Un des meilleurs titres du disque, et assurément une future tuerie en concert. Grand amateur de basse, j’apprécie que cet instrument n’ait pas été laissé de coté. Sans être surmixée on la distingue très bien et on a même le droit a des passages en basse/batterie qui renforcent encore l’atmosphère sombre de l’album. Mention très bien au boulot d’Andy Classen de manière générale, avec un mix de qualité et un son ébouriffant.

Krisiun réussit le tour de force de se renouveler sans perdre son identité, avec une putain d’envie d’en découdre. Il a juste troqué son AK-47 contre un marteau de guerre à deux mains. Peut être moins radical et plus rustique, mais tout aussi efficace et brutal.

Buy or die ! comme on dit.

Ps : L’édition limitée digipack comporte un réenregistrement du titre « Black Force Domain », sympathique, mais assez dispensable.

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Tracklist
01. The Will To Potency
02. Blood of Lions
03. The Great Execution
04. Descending Abomination
05. The Extremist
06. The Sword Of Orion
07. Violentia Gladiatore
08. Rise And Confront
09. Extinção em Massa
10. Shadows Of Betrayal

A PROPOS DE Kane

Kane Amateur de metal dans ses grandes largeurs et ses grandes profondeurs. Tout y passe le death, le black, le grind, le thrash, le doom, le heavy... le hard core aussi (un peu, Sick of it all rules !!). J'ai commencé à écouter du metal en 1988. Iron Maiden vient de sortir Seventh son of a seventh son et Metallica And justice for all... Un pote me prête ces 2 albums (alors en K7). C'est le début de la fin, je viens de goûter à une drogue dont je deviendrai accro à vie. Aujourd'hui, je me suis ouvert à d'autres choses, notamment en electro, hip-hop, et trucs plus mainstream. C'est ainsi que dans ma discothèque vous pourrez croiser entre un Cannibal Corpse et un Watain, quelques Hocico, un peu de Cypress Hill, du Massive Attack, du Depeche Mode, du Front Line Assembly. Vous pourrez faire coucou à Bruce Springsteen en vous dirigeant vers Toto et Noir Désir, et taper la discute avec Supertramp. Voilà, ça c'est moi. Boulimique de son.

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