Airbag – All rights removed

Pas de commentaires      2 413
Style: Prog rock FloydienAnnee de sortie: 2011Label: KARISMA RECORDS

Si Ragueneau avait grandi dans les années 1970 et qu’il avait été bercé par la musique du Floyd, il aurait sans doute exprimé une réserve après l’écoute d’All rights removed :

On ne peut l’écouter et se satisfaire
Sans s’écrier : « Oh ! Non, vraiment, ils exagèrent ! »
Puis on sourit, on dit : « Ils vont s’émanciper… » Mais
Messieurs d’Airbag ne s’émancipent jamais.

Mais gageons qu’au final ce brave pâtissier cocu aurait, après celle consacrée aux tartelettes amandines, composé une ode à ce bijou.

Malgré les louanges de certains dans les milieux autorisés, l’écoute du premier album (Identity, 2009) ne m’avait pas incité à me pencher plus que ça sur le cas de ces jeunes Norvégiens. C’était gentillet mais ça ne décollait pas. On écoute et puis on oublie, c’est la vie, c’est la vie.

Avec All rights removed, c’est une autre paire de manches et je suis bien obligé de me rallier à la cause car il se passe clairement quelque chose.

Les sentiers empruntés sont les mêmes, l’équipement est le même. Mais le sommet visé (et atteint) est bien plus élevé et la marche bien plus affirmée. Airbag ne s’arrêtent pas pour casser la croûte ou se désaltérer, ils ont décidé, dès les premiers pas, de ne laisser aucun obstacle entre eux et l’excellence. Ils ont eu l’intelligence de voyager léger, de ne pas en faire des tonnes avec des samples, des parties de claviers pompeuses ou des envolées lyrico-expérimentales.

L’accent est mis sur les mélodies épurées, sur les soli inspirés beaux à chialer (« White wall » bon sang !) qui font voyager l’âme ; les vocaux ne sont pas là, eux, pour provoquer le frisson à la manière d’un Vincent Cavanagh (Anathema) ou d’un Steve Hogarth (Marillion) mais, dans la droite lignée d’un Steven Wilson (Porcupine Tree) ou Mariusz Duda (Riverside), pour permettre à la musique de prendre toute sa place.

Alors bien sûr, comme c’est souvent le cas en la matière, le Floyd n’est pas la seule influence, on entend par-ci par-là quelques bribes qui font penser aux groupes déjà cités : Riverside pour « Homesick », Porcupine Tree (le planant, pas le chiant hermétique) sur « All rights removed ». Mais comme toutes ces fines lames ne crachent pas vraiment sur l’héritage de Gilmour et consorts, la boucle est bouclée.

Au risque de passer pour un impie, je dois admettre que je ne suis pas du genre à me prosterner devant Pink Floyd. Impossible pour moi d’écouter un album entier sans décrocher quelques minutes à l’écoute d’un passage chiant basé sur la mise en place d’une ambiance. Airbag évitent ce travers (malgré l’instrumental Light them all up) et ravissent mes sens à chaque seconde.

Je n’ai qu’un regret : ne pas avoir écouté cet album quelques mois auparavant, ce qui m’aurait permis de le faire figurer dans mon top 10 de 2011. Sans hésitation.

 

http://www.airbagsound.com/

1. All Rights Removed
2. White Walls
3. The Bridge
4. Never Coming Home
5. Light Them All Up
6. Homesick

http://www.youtube.com/watch?v=D4HOlC6VpvQ&feature=related

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Vous pourriez aussi apprécier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *