Lana Del Rey – Born to Die

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Style: Retro Pop SiliconéeAnnee de sortie: 2012Label: InterscopeProducteur: Emile Haynie

Sans tenir compte de la polémique qui l’accompagne (Petit briefing rapide pour les curieux : Lana qui s’appelle en réalité Elisabeth Grant avait déjà tenté de démarrer une carrière de chanteuse sous son vrai nom, carrière qui n’a jamais décollé après 2 albums sortis dans l’anonymat complet en 2008 et 2009, serait en effet revenue en 2011 sur le devant de la scène marketée et repackagée en poupée siliconée -seins + lèvres a minima, ce que l’intéressée continue bizarrement à nier malgré l’évidence dans une sorte de sarkozyte aigue très en vogue ces temps-ci-  avec un nouveau pseudo et des clips à l’imagerie rétro travaillée), la simple vue d’une photo de la poupée gonflée Lana Del Rey ne me donnait pas vraiment envie de creuser le phénomène et de vérifier s’il y avait un peu de « fond » derrière les pro et anti se déchaînant dans la presse et sur Internet. Idem pour cette horrible pochette et cette tronche pincée et ce vieux chemisier démodé (qui à  bien y réfléchir, a quand même le mérite de changer des poses… comment les qualifier… « à la con »? des chanteuses à la noix qui tentent de nous exterminer à coups de décibels impitoyables). Bref Lana Del Rey, c’était bien clair qu’elle n’aurait pas droit de cité chez moi, gros seins ou pas gros seins.

C’était sans compter sur le matraquage de ma compagne, qui avait pour sa part déjà succombé par pêché de curiosité et de journaux féminins, et s’était retrouvée conquise, adhérente de cœur du nouveau partie de la Rey.

Le matraquage donc, n’a pas pris longtemps à agir, ce qui est d’autant plus notable que je ne suis habituellement vraiment pas amateur des albums à chanteuse (euphémisme). Me voilà pourtant aujourd’hui complètement sous le charme de ces compositions langoureuses, tapant  dans un son et une esthétique vintage (« Blue Jeans » par exemple, titre qu’on pourrait croire repris des années 50-60), parfois aussi étrangement proche des sons r’n’b (pas si étrangement que ça en fait, puisque la production est signée entre autres gens par Emile Haynie, célèbre producteur de hip-hop), mais toujours  dans un enrobage moderne assez séduisant, il faut bien le reconnaître.

La miss aux lèvres pulpeuses (tellement pulpeuses que quelques savoureuses parodies circulent sur Youtube) chante admirablement bien et sait y faire pour charmer son auditeur innocent, en variant les registres, qu’ils soient graves et langoureux à la « Films Noirs » (prononcez ça avec un accent anglais bien sûr) sur le désormais célébrissime « Video Games » par exemple, « Carmen » ou encore « Million Dollar Man », ou qu’ils partent dans un registre plus coquin et sexy (« Off to the Races » par exemple sur lequel elle part dans des aigus pincés qui font presque penser à une chanteuse indienne ou chinoise, le parfait « National Anthem » ou le bonus « Lolita »). Quel que soit le registre, on reste toujours dans cette tonalité mélancolique, froide, distante façon Nicole Kidman qui t’aguiche en te regardant de haut. Ça t’énerve mais tu kiffes!

Et puis merde, si on cesse un peu d’analyser froidement (c’est le cas de le dire) la chose, il faut se rendre à l’évidence : lèvres et nichons gonflés ou pas, chemisier de merde ou pas, il n’y a rien à jeter sur cet album qui enchaîne tube sur tube. Lana a vraiment de la réserve pour nous balancer des singles durant toute l’année, en nous mettant à chaque fois plus à genoux que la fois précédente.

Bref Lana Del Rey m’a eu, et il ne se passe pratiquement plus une journée sans que je la convoque pour qu’elle me susurre ses mélodies gracieuses. On verra si la miss sait confirmer sur un prochain album, mais en voilà un qui devrait marquer 2012.

Tracklist :

1. « Born To Die »
2. « Off To The Races »
3. « Blue Jeans »
4. « Video Games »
5. « Diet Mountain Dew »
6. « National Anthem »
7. « Dark Paradise »
8. « Radio »
9. « Carmen »
10. « Million Dollar Man »
11. « Summertime Sadness »
12. « This Is What Makes Us Girls »

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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