Psychoville

Psychoville

Il est des séries qui vous marquent plus que d’autres car, en dépit de gros moyens à l’américaine et leurs modestes échos (pas de publicité, aucune diffusion en France…), elles réussissent à adopter un ton unique les élevant au-dessus des productions archi marketées et convenues. Dans la matière, force est de constater que les anglais tant dans l’humour (The IT Crowd) que dans l’horreur (Dead Set) sont de véritables professionnels. Ils ont, en effet, compris que l’essentiel d’une série repose avant tout sur des personnages atypiques que l’intrigue est là pour servir.

Psychoville en est la parfaite illustration et respecte scrupuleusement son cahier des charges. La série comprend deux saisons et raconte, sur un ton caustique et truffé d’humour noir, l’histoire de cinq personnages habitant chacun une ville différente d’Angleterre. Leur seul point commun est d’avoir tous reçu la lettre d’un même corbeau indiquant « I Know What You Did… ». La description de chacun de ces anti-héros suffit à susciter la curiosité: une sage-femme susceptible qui prend un poupon pour son enfant de chair et de sang, un clown misanthrope à la main amputée et remplacée par un crochet, un fils quarantenaire vivant seul avec sa mère et vouant tous deux une passion pour les tueurs en série, un nain ancien acteur porno doté de pouvoirs kinesthésiques et, enfin, un riche aveugle reclus dans son manoir et grand collectionneur de… peluches.

Cette incroyable galerie est d’autant plus mise en valeur que s’y glisse involontairement un jeu délectable, consistant à identifier les acteurs qui incarnent plusieurs rôles. Les maquillages et les performances savoureuses des deux créateurs et acteurs principaux de la série – Reece Shearsmith et Steve Pemberton – , tout en déguisement, travestissement, changement de voix et d’attitude, rendent l’exercice difficile. De l’ensemble du casting, émerge aussi la remarquable Dawn French, épatante de sadisme et folie dans le rôle de la sage-femme.

Comme évoqué plus haut, si la distribution est aussi solide et pleine de relief, c’est aussi parce que les scénari des deux saisons donnent la part belle aux états d’âme et évolutions de chacun des personnages. Mais, au-delà de cette épaisseur psychologique, l’intrigue est en elle-même très bien ficelée et les renversements de situations et révélations bien sentis. La mise en scène, quant à elle, se permet de temps à autre des clins d’œil au cinéma de genre du thriller à l’horreur (souvent très kingiens: Carrie, ça…), voire à la littérature et aux contes de fées.

En somme, rien ne cloche ou tout du moins pas grand chose. Même la musique de Joby Talbot contribue à installer l’ambiance de la série avec brio, en appuyant la présence d’un mystérieux thérémin dans le générique. Le seul défaut de la série serait – peut-être – d’être trop courte, car en seulement quatorze épisodes, Shearsmith et Pemberton ont l’honneur de surpasser leurs compatriotes américains en matière de thriller en mélangeant glauque et légèreté. So british.

http://www.youtube.com/watch?v=2wu10CVeq2Y

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  • kerretta-pirohiabeunz | 31 octobre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Héhé mais pas de problème ! Ravi que ça te plaise ! :)
  • kerretta-pirohiaGueff | 31 octobre 2014
    Kerretta – Pirohia
    C'est carrément très très bon tout ça! Je valide, plussoie et tout ce qui s'en suit :) (Désolé de ne pas avoir de critique plus constructive, je suis juste d'accord :p )
  • slipknot-the-gray-chapter-newCaptain Igloo | 27 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Je ne comprends pas vraiment ce que l'on peut reprocher à cet album, pour peu que l'on apprécie ou qu'on ait apprécié au moins un des albums précédents du groupe ! Ceux qui ont toujours dénigré, détesté le groupe ou simplement le style (moi j'appelle ça simplement du Metal) n'apprécieront toujours pas ! Après plus...
  • bbng-iiiAER | 25 octobre 2014
    BADBADNOTGOOD – III
    Encore des protégés du dieu Gilles Peterson, BBNG c'est la nouvelle vague jazz ayant digéré la pop/le r&amp;B/ l'electro et le hip hop. On pourrait ajouter les australiens de Hiatus Kayote, Snarky Puppy (dans le style plus big bang) et les petits chouchous de Quincy Jones "Dirty Loops"…tout ça sous l'oeil des grands frè...
  • lonely the brave-the days warAER | 25 octobre 2014
    Lonely the Brave – The Day’s War
    Première partie de Deftones l'an dernier au zénith de Paris et une bonne partie du public s'en foutait alors que ce groupe sonne plutôt bien, il me fait penser à cette vague de groupe des années 2000 un post- hardcore et rock comme Hundred Reasons et Hell is for Heroes, je suis d'accord sur la voix entre Cold et Vedder (san...
  • slipknot-the-gray-chapter-newDrugzath | 21 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Enfin une tres bonne chronique sur cet album ,pas comme chez nos compères de VS Webzine ;--) .Je te rejoints en tout point sur ce que tu a mentionné .Pour ma part un bon album qui se lasse pas au fil des écoutes .
  • slipknot-the-gray-chapter-newkrakoukass | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci pour ton commentaire. ;) Loin de moi l'idée de proclamer que quiconque n'aime pas cet album est un abruti obtus (les personnes visées sont plutôt les couillons qui n'ont jamais aimé Slipknot -pour des raisons souvent basées sur des préjugés ou une haine du so called Nu Metal- et ont toujours craché sur le groupe, ...
  • slipknot-the-gray-chapter-newMths | 20 octobre 2014
    Slipknot – .5: the Gray Chapter
    Merci de bien faire comprendre que quiconque n'aime pas cet album est un "rageux bas du front", ça fait toujours plaisir. Et si ce n'est pas le message que tu voulais faire passer, je t'invite cordialement à retravailler le début de ta chronique... Je trouve que, dans les titres qui ont été balancés sur le Web, il y a q...