Salving Thy Amiss – Our Sons; Heart-Rending Stories From Babblers

salvingthyamiss-oursons

Autocitation : « Espérons par la même occasion que le prochain album verra le jour dans moins de cinq ans ! » C’est par cette phrase de conclusion que la chronique d’Amid All This Mess, A Weak Splendour! , précédent méfait de Salving Thy Amiss se terminait. Et… ils m’ont écouté !! Comme s’il voulait rattraper le temps perdu, le groupe n’a cette fois pas mis cinq ans pour sortir son nouvel album mais à peine un an ! Alors, une suite trop précipitée ou un trop plein d’idées qui ne méritait pas plus d’attente ? Je penche pour la seconde option…

Comme son prédécesseur, ce nouvel album autoproduit prône une ouverture d’esprit en mêlant ses ruades math/grind allant au triple galop (petites références équestres histoire de mettre l’index (ou le sabot) sur leur récurrence thématique de pochettes, fort réussies d’ailleurs) à des passages mélodiques de haute volée, le tout couplé à quelques expérimentations sonores. En bref, les franciliens poursuivent leur voie dans ce style hybride et conceptuel qu’ils ont une nouvelle fois façonné de A à Z. Mais si le fond est sensiblement le même (avec toujours ces romans en guise de titres), la forme a, elle, évolué. Au niveau de la production notamment, plus limpide et aérée, moins compacte, moins bloc. Et puis il y a donc ces mélodies et ce chant clair qui prennent les devants (de l’intro de It’s hard to describe the lack of physical actions…, aux deux derniers morceaux majoritairement apaisés),un choix qui surprend au premier abord (« mais pourquoi autant de chant clair, faut crier, merde !!! ») mais auquel on s’adapte finalement si bien qu’on se met même à reprendre en chœur certains passages (essayez de résister au sautillant Appearing in their wild and disgusting getup…).

Et c’est là tout le talent de Salving Thy Amiss : rebondir constamment là où on n’attend pas, mêler le chaos (même si l’album est globalement moins déstructuré que Amid…) à des séquences particulièrement accrocheuses. Ces passages mélodiques, qu’ils soient doux et hypnotiques, voire carrément pop (allez, le mot est lâché !), fusionnent parfaitement avec l’urgence hystérique qu’on leur connaissait auparavant. En guise de nouveauté sur cet album, on notera aussi une utilisation plus récurrente de sonorités électroniques, tantôt discrètes, tantôt plus prononcées, qui participent à l’affinage de leur identité. Un goût pour l’expérimentation qu’on leur découvre et qui trouve aisément sa place dans leur univers fourre-tout.

Mais tous ces éléments (parfois aux antipodes) dans un même album, n’est-ce pas un peu indigeste ? Certes, il y a en effet de fortes chances que l’extrême richesse de l’ensemble aie un peu de mal à passer, pour un peu que l’on soit réfractaire aux cocktails trop osés, cet album pourrait alors devenir lassant. L’effet peut être aussi totalement opposé, comme pour ma part : j’adhère totalement à ce nouvel album de Salving Thy Amiss principalement pour cette approche originale et unique, toute en rebondissements et toujours sur la brèche. A (re)découvrir et à faire tourner, ce groupe trop discret mérite vraiment qu’on parle de lui !


1. « Nothing will ever abate our crusading zeal! I guess… »
2. Our story begins, ironically, at the unoriginal conclusion…
3. It’s hard to describe the lack of physical actions…
4. Appearing in their wild and disgusting getup…
5. « How much time has elapsed? » asked the tall guy…
6. Most of the time, angry crowds with torches have really good reasons…
7. Correlation between age-old traditions and cold-blooded massacres…
8. « Would you let someone sow love with a broken spear… »
9. Again. Fractious children and their ability to erase footprints.

Album en streaming et téléchargement gratuit sur Bandcamp
Facebook

Pas de commentaires

Soyez le premier à commenter cet article !

Laisser un commentaire




XHTML: Vous pouvez utiliser les balises suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • ben-howard - i forget where we werejoss | 25 novembre 2014
    Ben Howard – I Forget Where We Were
    En parfait accord avec la chronique. On sent dès la première écoute qu'il se passe quelque chose de spécial, même si il en faudra plusieurs pour bien s'imprégner de l'album. Pour moi le sommet du disque se situe avec l'enchainement "End of the affair" et le superbe "conrad" qui montre qu'on peut encore, en 2014, faire d'ex...
  • bbKane | 24 novembre 2014
    Bloodbath – Grand Morbid Funeral
    Entièrement d'accord avec la chronique. Une bombasse d'album pour un groupe que je n'attendais pas à ce niveau. L'apport de Nick Holmes est indéniable dans la réussite de ce disque.
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 21 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    ah oui quand même !!!
  • dark fortress_venereal dawnangrom | 20 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Je m'en fais écouter ça de ce pas !
  • dark fortress_venereal dawnkrakoukass | 18 novembre 2014
    Dark Fortress – Venereal dawn
    Ouaip excellent album pour sûr. Ils ont clairement franchi un pallier avec ce dernier opus. Très belle chronique camarade!
  • anopheli-ahungerMadrumo | 07 novembre 2014
    Anopheli – A Hunger Rarely Sated
    Vachement cool comme fusion !
  • kerretta-pirohiabeunz | 05 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Effectivement, ya un côté Russian Circles bien prononcé. Merci pour le retour, ça fait bien plaisir ! Et jette-toi sur leurs albums précédents ! ;)
  • kerretta-pirohiaMarbaf | 02 novembre 2014
    Kerretta – Pirohia
    Ben merde, j'étais passé à côté de ce groupe. Ça me fait penser à Russian Circles. Merci beaucoup pour la découverte (et pour le lien bandcamp).