Secrets of the Moon – Seven Bells

seven bells cover

Comme tous ceux qui ont adoré Privilegivm, je ne savais trop qu’attendre de ce Seven Bells annoncé si longtemps avant sa sortie dans les bacs. L’EP Warhead et le clip de « Nyx » ne m’engagaient pas des masses, c’est donc perplexe que j’ai entamé ma première écoute à la réception du CD.

Ma première impression d’ensemble fut à peu près la même que celle que « Nyx » m’avait laissée : « il ne se passe quand même pas grand chose dans cet album! ». Je ne demandais pas les constructions alambiquées d’un « Harvest », les riffs géniaux d’un « For they know not » ou le côté hyper fédérateur d’un « Queen Among Rats », mais quand même. Les trois premières écoutes m’ont laissée sur ma faim, trop peu de guitares, trop peu de chant, trop de structures étirées. Par contre, ce qui n’a jamais manqué chez Secrets ne fait pas défaut non plus à Seven Bells, l’ambiance globale de l’album faisait qu’il me donnait quand même un subtil goût de « reviens-y ». Au fur et à mesure des écoutes, l’album se dévoile vraiment. Les ambiances se font plus prenantes et votre oreille s’ouvre à des détails qui vous avaient jusque là échappés. Deuxième conclusion: Seven Bells est de facto beaucoup moins accessible que Privilegivm.

En se laissant guider par le côté insidieux des ambiances de l’album, on finit par se laisser séduire et rentrer complètement dans les compos. Ici Secrets of the Moon nous comptent leur genèse à eux teintée d’Aleister Crowley et dotée d’un charme particulièrement reptilien. A chaque morceau un son de cloche différent (d’ailleurs le premier ressemble vraiment à celui de « For whom the bell tolls » de Metallica), sept incantations intenses et dépouillées, sept tableaux de recueillement plus sombres les uns que les autres. L’élément le plus frappant après quelques écoutes est le côté vraiment rampant des guitares tout au long de l’album. La batterie de Thelemnar est aussi fine que d’habitude et son jeu tout en toucher vient parfaitement compléter les guitares incisives. Les vocaux ne présentent aucune surprise, si on peut parfois les trouver trop en retrait, c’est je pense pour laisser une plus grande place à l’atmosphère. Le son est très équilibré et met parfaitement en valeur les morceaux, Tom G. « Warrior » Fischer a fait un excellent boulot sur le mix et le mastering.

Les trois premiers titres s’enchaînent de riffs pachydermiques en ambiances pesantes jusqu’à ce que la tension éclate en une envolée de voix incantatoires à la fin de « Serpent Messiah ». Le riff hypnotique de « Blood into Wine » en fait un des gros temps forts de l’album tandis que les guitares prennent de légers accents heavy, ce qui n’est pas pour me déplaire. « Worship » reprend le côté incantatoire dans les voix claires et le petit chorus très mélodique vient donner un aspect aérien à cet acte de vénération sonore. Ensuite vient « Nyx », deuxième temps fort de l’album et parfaite illustration du côté rampant de ce Seven Bells. Tandis que les instruments se font lourds, la voix, elle, donne de la hauteur et de l’ampleur au morceau. L’orgue de Morten Gass (Bohren & der club of gore) parfait le côté solennel. L’ultime supplication, « Three Beggars », revêt d’abord un aspect plus direct et agressif mais l’incantation ne tarde pas à faire son retour alors que des voix féminines se joignent à la partie, ainsi que Kvohst de Code qu’on ne reconnaît d’ailleurs pas d’emblée tant il n’officie pas dans son timbre traditionnel. Ainsi la conclusion de l’album vous porte de temps calmes en accélérations, de hauteurs vertigineuses en bas fonds marécageux toujours avec la même humilité et le même recueillement.

La force de Seven Bells est donc décidément bien dans son côté insidieux qui fera que, même s’il n’a pas autant de moments forts que les précédents opus de Secrets of the Moon, il vous apportera quand même une vision, un univers nocturne dans lequel vous plonger à vos risques et périls.

Tracklist:

1- Seven Bells (7:10)
2- Goathead (6:27)
3- Serpent Messiah (6:59)
4- Blood Into Wine (5:39)
5- Worship (9:16)
6- Nyx (11:52)
7- The Three Beggars (Satan’s Church) (12:34)

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A PROPOS DE Ennoia

Ennoia Amatrice de chats, de zombies, de littérature, de black metal en particulier et surtout de musique en général.

Ennoia a écrit 22 articles sur Eklektik.

1 commentaire

  1. Cette chronique me donne envie d’acheter cet album que je me suis juré de ne pas écouter après la déception qu’a été « Privilegium » (le privilège de s’emmerder en écoutant un de ses groupes favoris). Apparemment je fais partie des exceptions qui trouvent que c’est une pâle copie d’Antithesis (qui reste mon préféré à ce jour).

    Le morceau que tu as posté m’a plu, même si c’est pas dans mes habitudes d’écouter un morceau sorti du contexte de l’album en preview.

    Bref, si c’est moins « accrocheur », tant mieux, si on entend toujours aussi peu la basse, dommage, mais j’ai un peu l’eau à la bouche grâce à toi Ennoia et je vais lui donner une chance dans les prochains mois (tout comme au dernier Accept fraîchement sorti, mais là on change de registre, j’avais juste envie de te glisser ce clin d’oeil en passant ^^).

    Merci pour la chro !
    Le prêtre nocturne.

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  • ghost bc infestissumamjoss | 19 mai 2013
    Ghost B.C. – Infestissumam
    Oui, écouté 2 ou 3 fois pour le moment (pas hyper attentivement par contre) mais ça ne m'a pas semblé moins bon que le premier. Il y a quand même quelques titres qui restent bien en tête. Sinon, chose marrante que je n'avais remarqué tout de suite, mais la pochette est un hommage à l'affiche du film Amadeus de Milos Form...
  • ghost bc infestissumamangrom | 18 mai 2013
    Ghost B.C. – Infestissumam
    Je te trouve un peu sévère avec ce second opus que je trouve pour ma part quasiment aussi réussi que le premier
  • The_Virginmarys_King_Of_Conflictangrom | 18 mai 2013
    The Virginmarys – King of conflict
    Ecouté quelques fois, pas un gros coup de coeur en ce qui me concerne. C'est bien fait, mais ça manque un peu d'originalité
  • hexvessel - iron marshxerocitizen | 16 mai 2013
    Hexvessel – Iron Marsh EP
    Je confirme que c'est un album qui fait du bien, qui pourrait ravir à la fois les amateurs de musique psychédélique et de musique sombre, et toute personne souhaitant faire une pause dans la journée. Plein de références à des pratiques religieuses?magiques? rituelles? (... ?), mais sans être snob et hermétique comme bea...
  • american-horror-storydarkantisthene | 14 mai 2013
    American Horror Story
    N'écoutant que mon courage, j'ai tout de même tenté la saison 2 et... je l'ai terminée ! je te rejoins sur les points que tu évoques, cependant je trouve que ça se regarde, y'a quelques trucs sympas à se mettre sous la dent bien que cela soit souvent confus et que cela tire en longueur sur la fin (les 3 derniers épisodes...
  • stoker_new-posterjoss | 14 mai 2013
    Stoker
    Analyse intéressante mais je n'ai pourtant pas été complètement emballé par le film. J'ai trouvé un peu grossière cette façon d'installer le mystère, à base de regards mystérieux, ambiances pesantes etc... Du coup, dès le départ on sait que tout est louche et on attend quelle révélation issue du passé va nous fai...
  • hexvessel - iron marshjoss | 13 mai 2013
    Hexvessel – Iron Marsh EP
    Très bon E.P (mais quasiment un petit album avec sa durée de 34 minutes), tout à fait dans la continuité du superbe "No Holier Temple" (j'en profite pour enfoncer le clou) mais peut-être un peu moins prenant.
  • The_Virginmarys_King_Of_Conflictghnos | 13 mai 2013
    The Virginmarys – King of conflict
    Votre ordonnance est fort à propos cher confrère. Du coup je trouve le morceau en écoute plutôt bien branlé, je vais creuser l'affaire !