Zemial – Face of the Conqueror / Necrolatry

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Zemial, magistrat hellénique de la cause black est de ces tirailleurs qui font les choses en marge, toujours un peu en décalage, mais toujours les deux pieds dedans. Le coup de jus, Vorskaath se l’est pris à la fin des années 80 quand en 1989 il créait ce qui allait devenir une institution de la scène underground grecque. Le black déferlait alors sur le monde comme un frisson sur l’échine des plus jeunes pratiquants du métal extrême. Le thrash ronflait dans son cuir et cuvait ses bières pendant que ses princes commençaient à creuser les douves de leurs châteaux forts, les ponts d’or que leur avaient offerts les maisons de disques fleurant le filon étaient pour beaucoup dans la décimation des derniers enragés. En placardant sur les murs les affiches des nouveaux rois du pétrole de la cause métallurgique, il ne restait plus qu’à l’ombre de lever ses nouvelles forces.

Le black profitait alors des injonctions froides promulguées au Nord de l’Europe pour lâcher ses loups sur les villes qui bientôt s’embraseraient du trop plein d’amour que les dévots avaient pour leur passion maligne.Les trémolos pick nihilistes pleuvaient alors sur les bandes des cassettes qui s’empalaient régulièrement dans les magnétos et les walkmans des nouvelles hordes qui faisaient surface. Oh, bien sûr Zemial n’est pas un alpha du Temple, il n’a pas non plus l’amour platonique quand il s’entiche de la forme cadavérique de cette attaque punkisante des fréquences du diable. Comme d’autres, Varathron, Rotting Christ ou Necromantia en tête, Zemial a fait son chemin et a cru jusqu’au bout à l’élégance de l’anonymat, préférant tourner le dos à Osmose au début des années 90 quand le label est venu le chercher pour le faire signer dans son écurie. Zemial n’est pas à vendre, ce n’est pas un gibier dont on agite la croupe au bout d’une lance. La candeur du louveteau en prendra un coup quand il comprendra les ficelles du métier, il restera quoi qu’il en coûte seul maître à bord de sa galère, en 92 il signait sa première démo Sleeping Under Tartarus et déjà il se faisait un nom. Arriveraient 4 ans plus tard son premier album et aussi ce qui nous réunit ici : deux EP qui seront compilés en 2008 sur un seul et même disque.

 

Necrolatry et Face of The Conqueror sont parmi les meilleures releases de Zemial, et s’il ne devait en rester qu’un ce serait sans aucun doute Face of The Conqueror. Paru en 1997, l’EP Necrolatry flatte les oreilles de sa rudesse minérale et de son naturel à la fibre typiquement black. L’EP s’ouvre sur un « Eclipse » magistral, aux riffs canoniques et à l’attaque charnue, juste ce qu’il faut de vitesse pour le piège brise nuque, le genre de titre possédé qui respire le début des années 90 à plein nez. Le reste du brûlot n’est pas en reste, tout est juste, tout respire le Black Metal sans compromission. Puis derrière ça, débarquera en 2003 Face of The Conqueror , second EP compilé sur ce disque, le genre d’EP qu’on aurait pu lui aussi pensé écrit par Hellhammer, sauf qu’ici on atteint les sommets d’un heavy névrotique qui aurait plongé la gueule dans la marmite des sorciers. La puissance de la charge épique résonne comme un instant-classic sur le titre « Full Moon Necrophilia » la lune dégouline son chrome dans une chopine de mercure et on se tape une rasade du spiritueux black sans artifice comme si on goûtait à la première sève du chêne vénérable. Pour ceux qui se demandent encore ce qu’est le black, il n’y a qu’à écouter ce titre, il n’y a strictement rien à comprendre, si les douces fréquences que le morceau développe derrière son attaque frontale parle à votre cervelet vous êtes bons pour vous plonger dans les forêts noires qui jalonnent les chemins vers ces villes en chantier dont l’industrie se nourrit chaque jour.

Compilation plus que recommandable, une des meilleures façons de découvrir Zemial et aussi certainement le disque qui met le plus en avant les influences de son compositeur attitré. Féroce, épique et dévouée, voilà une compilation qui a du corps et de l’esprit.

 http://www.youtube.com/watch?v=VClENNIA9H8

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  • Bilan 2014beunz | 26 janvier 2015
    Bilan 2014 Krakoukass
    Merci Ikea, ça fait plaisir ! :) Bon sinon mon top à moi, iléou ? :p
  • Bilan 2014Ikea | 26 janvier 2015
    Bilan 2014 Krakoukass
    Bonne année au site ! J'espère que vous trouverez des gens pour continuer à parler musique. Mais même en l'état, Eklektik est un webzine de qualité, que j'aime suivre quotidiennement :)
  • yoitw-whenlifecomestodeathkrakoukass | 02 janvier 2015
    Young And In The Way – When Life Comes to Death
    Une boucherie, comme l'illustre bien la pochette. Sans doute l'album le plus vicieux de l'année 2014.
  • audreyfall-mitaubeunz | 29 décembre 2014
    Audrey Fall – Mitau
    Effectivement, j'avais zappé le Sleepmakeswaves (alors que je l'ai encensé ici-même, Alzheimer quand tu nous tiens), par contre les deux autres je ne connais pas du tout mais je vais remédier à ça, merci pour les recommandations ! ;)
  • audreyfall-mitauAdrien64 | 28 décembre 2014
    Audrey Fall – Mitau
    Si si, cette année il y a eu de très bons albums de postrock. Hormis celui là, il y a ceux des australiens Sleepmakeswaves, des américains Set And Setting des Québécois Appalaches entre autre.
  • tellusian-collisionmors ultima | 25 décembre 2014
    Tellusian – Collision
    très très bon j'adore
  • horrendous - ecdysisBuck | 23 décembre 2014
    Horrendous – Ecdysis
    Ouais, je crois que dans New Noise, ils comparaient ce morceau à du Van halen, ou du hard fm 80, et c'est vrai qu'il y a de ça !
  • horrendous - ecdysiskrakoukass | 22 décembre 2014
    Horrendous – Ecdysis
    Ah ouais glam c'est plutôt bien vu!! ;)