T.S.O.L – Dance With Me

t.s.o.l. dance with me

On garde de la côte californienne cette image de carte postale dorée, ses pépées aux seins siliconés qui se fondent dans le décor entre les dégustations de rouleaux de makis et les fruits de mer émergeant d’écumes fraîches traversées par les ailerons des surfers. On parle aussi parfois de ses guerres des gangs et leurs soldats enturbannés, du cigare de schwarzy ou du déclin d’Hollywood. Aujourd’hui on s’appesantira plus sur le Long Beach des années 80, de ses crêtes rouges et de la jeunesse locale tapée à la colle, et roulant à dos de skateboards.

TSOL (True Sound of Liberty) fait partie de ces groupes locaux qui ont vu émerger la scène aux alentours de 78′. Entre deux coups de soleil la bande, emmenée par Grisham au chant, transpirait sa bière à coups de refrains made in UK et se faisait découvrir localement par les têtes blondes du voisinage grâce à des titres comme « Superficial Love » ou « Abolish Government » qu’on retrouverait quelques années plus tard, une vingtaine d’années bien tassées, sur l’Undisputed Attitude de Slayer . Plier les débats ils savaient déjà faire, on reconnaîtra d’ailleurs très vite à TSOL une personnalité et une gouaille assez singulière.

Premier album, première sentence et certainement la plus typique de ce que le groupe savait produire : Dance With Me débarquait dans la ronde en 81′. Sorti sur Frontier, le label sur lequel étaient aussi signés Circle Jerks et Suicidal Tendencies. Dance With Me nous plonge directement dans l’univers des 4 zigs sur des titres n’excédant jamais les 3 minutes. Le nucléaire, les californiens y touchent de temps à autre quand Barnes à la batterie et Roche à la basse font tourner en régime la boîte à rythmes, pas de quoi froisser un Taliban, on n’atteint pas des sommets de vitesse, la démonstration n’est pas à l’ordre du jour.

Ça a tout de même assez de caractère et ronronne malicieusement, de quoi en filigrane se replonger dans la scène hardcore du début des années 80. Mais ce qui rend cet album si savoureux, c’est sa transition inconsciente, son cheminement intérieur vers quelque chose de plus déchiré, avec ses ambiances Deathrock qui le tiraillent à coup de noirceur joviale, ses envies nécrophiles drolatiques ou le timbre caractéristique de la gratte d’Emory qui hachure les phrases de ce disque plein d’allant où les crépuscules se mêlent à des fêtes anarchiques orchéestrées sur le pouce. Entre Post Punk et drive by shooting éclairé, Dance with me déploie ses titres comme l’araignée tisse sa toile. Son réseau a beau être constitué de lignes directrices identifiables, l’architecture de l’ensemble tend à l’exotisme caractérisé. L’urgence reste dans le viseur, mais on a l’impression d’être ailleurs.

Vrai son de la liberté ? À cette époque là en tout cas ils y croyaient dur comme fer. Album crossover par excellence, Dance with Me fait parti de l’acide désoxyribonucléique de la scène. Le schéma de la bombe est encore dans la mémoire du temps, on prend la vague et depuis les hauteurs on domine l’océan.

http://www.youtube.com/watch?v=vI29sgzwtMM&feature=related

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  • 633- deadly scenes-coverangrom | 26 février 2015
    6:33 – Deadly Scenes
    @Kane : tu peux taper dans le EP avec Strobl il est fort bon aussi . Moi aussi j'ai du mal avec les fourre tout en général mais là ca marche , et foutrement bien. Je vais aller voir ça à Nantes en avril !
  • 633- deadly scenes-coverKane | 26 février 2015
    6:33 – Deadly Scenes
    Coup de coeur de ce début d'année pour moi. Premier album de 6:33 que j'écoute et du coup je vais me pencher sur ce qui a été fait avant. D'habitude j'ai du mal avec le metal "baroque" qui part dans tous les sens, mais là on a de vraies chansons, de vraies constructions, et ça arrive à être varié mais cohérent.
  • 633- deadly scenes-coverangrom | 26 février 2015
    6:33 – Deadly Scenes
    Je partage ton avis. Je pense que ça risque d'être mon premier achat de l'année
  • cowards-risetoinfamyMarco | 19 février 2015
    Cowards – Rise To Infamy
    très bon album, un PAN DANS TA GUEULE qui fait du bien! (et chro qui résume bien l'album également)
  • angrom | 11 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    C'est souvent le souci avec les groupes qui ont des discographies de classiques longues comme le bras. passé l'excitation de la découverte on a toujours plus envie de se mettre entre les feuilles un "classic album" que le petite dernier. Ceci dit je trouve que pour un groupe qui a la longévité d'ACDC , Rock Or Bust tient pl...
  • joss | 10 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    Je ne sais que penser du AC/DC maintenant. J'ai été très agréablement surpris à sa sortie, mais aujourd'hui je n'éprouve plus le besoin de l'écouter... On verra ce que ça donne après l'avoir laissé de côté quelques mois...
  • darkantisthene | 06 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    j'avais la flemme de ne créer rien que pour eux la catégorie "fait plutôt bien le job", c'est pour ça !
  • angrom | 05 février 2015
    Bilan 2014 – Darkantisthene
    Belle sélection. Je vais en profiter pour rattraper certains trucs que je n'ai pas écouté... AC/DC , déception ? Soyons sérieux par contre.