Chroniques en vrac

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Style: DiversAnnee de sortie: 2012

Quelques albums à mettre sous les projecteurs cette semaine…

 

  • Dead Can Dance – Anastasis : Dans la série « papys » sur le retour, le duo Perry/Gerrard se pose là, et leur retour discographique avec Anastasis ne devrait pas laisser indifférents les fans du groupe. Même si on est loin de leurs compositions les plus organiques, et que le son synthétique et froid peut déstabiliser et décevoir, on se laisse encore une fois chavirer par deux des plus belles voix actuelles, qui livrent tour à tour des prestations de haute volée. On reconnaît plus que jamais la patte de Perry qui a certainement pris les commandes, à la fois dans le son donc, mais aussi au point de réutiliser certains samples qu’on a déjà entendus sur ses albums solo.  Un peu moins d’âme que par le passé donc, mais ça reste tellement beau, qu’on ne peut que s’incliner. En espérant qu’il ne s’agisse pas simplement d’une basse opération mercantile! Sortie sur Pias.

  • Elysian – Wires of Creation : séance de rattrapage pour cet album sorti en début d’année et qui m’a fait une très bonne impression. Dans un style de death métal mélodique et moderne évoquant parfois les grecs de Mencea, les australiens savent se faire moins désespérés, en incorporant une bonne dose de prog’ et de subtilités dans leur musique. Sorti malheureusement uniquement en digital cet album est tout simplement une belle réussite.  Ces australiens sont à suivre de près, en attendant on l’espère une signature sur un label qui saura flairer la pépite.

Bandcamp : http://elysian.bandcamp.com/

 

  • KatatoniaDead End Kings : quelques écoutes auront suffi pour constater que les suédois sont malheureusement en roue libre totale. L’album commence pourtant d’excellente facture avec « The Parting » qui ne ferait pas tâche sur un best-of du groupe. En revanche les choses se gâtent par la suite, et malheureusement le groupe se vautre pour la première fois de son histoire dans la niaiserie (comme en atteste « The One You Are Looking For Is Not Here » sur lequel Renkse chante en duo avec la nouvelle chanteuse de The Gathering). Preuve que la frontière est parfois mince entre mélancolie et mièvrerie. Malgré quelques bons titres, Dead End Kings est certainement le moins bon album du groupe, et il est maintenant à craindre que le groupe ait dit à peu près tout ce qu’il avait à dire. Une remise en question apparait désormais comme indispensable, mais on ne voit pas forcément très bien dans quel sens le groupe pourrait choisir d’aller maintenant, après être passé du doom/death au rock mélancolique. En espérant que le vautrage dans la soupe ne se confirme pas… Sortie sur Snapper Music.

  http://www.youtube.com/watch?v=zSAp8_TQnFQ

 

  • KhonsuAnomalia : Le frangin de Obsidian C. (tête pensante de Keep of Kalessin) vient nous donner sa vision du métal dans un esprit typiquement norvégien qui conjugue justement tant Keep of Kalessin, que Arcturus. Un beau boulot de métal avant-gardiste, sur lequel on retrouve d’ailleurs Thebon, chanteur de KOK qui livre une très belle prestation vocale, pleine de nuances. L’album est varié, on reste dans un métal extrême mais  qui n’hésite pas à se poser et à faire la part belle aux passages atmosphériques ou planants, à grand renfort de belles mélodies de clavier. Un bien bel album qui montre une facette aventureuse qu’on aurait aimé apprécier chez Keep of Kalessin, qui malgré des albums de qualité, commence sérieusement à tourner en rond et à inquiéter. Sortie chez Season of Mist.

 http://www.youtube.com/watch?v=dL-mU381so8

 

  • LatitudesIndividuation : Ce groupe anglais pratiquant un metal sludge qu’on a un moment assimilé à Mastodon, revient avec un nouvel album bien différent, avec une base sludge toujours présente mais fortement teintée de post-rock/post-métal avec même de bons gros zestes progressifs. C’est souvent jouissif et prenant, avec des guitares qui tricotent bien et ressemblent presque à du Krallice lors de leurs accès de nerfs. On reste un peu sur notre faim lors des quelques interventions vocales qui ont le mérite de se faire rares, le groupe étant finalement plus pertinent en instrumental total, comme en atteste cet excellent premier titre en écoute ci-dessous. Voilà donc une bien bonne sortie qui vaut le coup pour les amateurs de sludge progressif (sic) subtil et pas bourrin. Sortie sur Shelsmusic.

 http://www.youtube.com/watch?v=fN7o3pRc8yY

Bandcamp : http://shelsmusic.bandcamp.com/album/individuation-2

 

  • The Levitation HexS/T : The Levitation Hex, c’est tout simplement le nouveau groupe formé par Adam Agius, chanteur/guitariste de Alchemist, groupe australien qu’il faut donc considérer comme désormais officiellement séparé. Agius a été rejoint par un membre du groupe de techno-death Alarum, un ex-membre de ce même groupe, et enfin par le batteur de Aeon of Horus. Au début on est ravi de retrouver un tel line-up et en particulier Agius et sa voix tellement caractéristique et identifiable entre 1000. Mais ce qui est au départ une bonne chose (retrouver cette voix si spéciale qu’on aime) devient rapidement aussi un piège dans lequel s’enferme le nouveau groupe d’Agius, puisque Levitation Hex s’inscrit totalement dans la ligne de ce que faisait Alchemist, à savoir un metal progressif un peu psychédélique. Or, même si ce premier album est tout à fait réussi, l’identité du nouveau projet d’Adam Agius paraît pour le moment insuffisamment claire et distincte de son groupe d’origine, pour intéresser une plus large audience que les seuls fans d’Alchemist qui ne se remettent pas du split de leur groupe favori. On attend donc la suite pour voir si Agius parvient à prendre la tangente, ou s’il a tout simplement mis sur pied un nouveau projet pour continuer à faire ce qu’il faisait déjà dans son précédent groupe. A suivre donc.

 http://www.youtube.com/watch?v=x7MH_ZOAqCo

Site officiel : http://levitationhex.net/

 

  • Rush Clockwork Angels : incapable de vous parler des précédents albums puisque c’est le premier album des canadiens que j’écoute, ça ne m’empêche pas de me régaler de ces compositions savoureuses , de ces riffs prenants, et de cette voix qui évoque parfois Perry Farrel (Jane’s Addiction). Y a pas à dire, ils en ont encore sous le pied les papys, et leur hard rock progressif n’a semble-t-il rien perdu de sa superbe! Sortie sur Roadrunner.

 

  • Jessie WareDevotion : la petite sucrerie de la semaine pour ceux qui ne rechignent pas à risquer l’indigestion de sucre ou la carie, elle est signée Jessie  Ware qui a auparavant collaboré sur des projets dubstep (comme Joker), et qui se lance ici en solo. Même si elle flirte par moments un peu trop avec le r’n’b facile qu’on aime moyennement (« Running » par exemple), il y a quelques instants de grâce sur cet album comme le single « Wildest Moments », qu’il faut se laisser aller à savourer comme tels. Sortie sur Island.

 

  • DephosphorusNight Sky Transform : On en profite pour en remettre une couche sur Dephosphorus, qui sont un peu mes chouchous, en provenance de Grèce. Après avoir trusté la première place de mon classement personnel 2011 avec leur premier EP, ils confirment tout le bien qu’on pensait d’eux, avec un album longue durée grande classe. Si vous aimez votre grind, avec des bouts de crust et des envolées mélodiques subtiles, il faut vous procurer cet album d’urgence!

 

Bandcamp : http://dephosphorus.bandcamp.com/

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 848 articles sur Eklektik.

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10 Commentaires

  1. Je commence à me faire vieux et con, le titre « mièvre » avec la fifille de The Gathering sur le dernier Katatonia, je l’adore. Tout comme le reste de l’album, avec aussi un gros coup de coeur pour le morceau « Ambitions ». Presque tous les titres sont d’excellente facture je trouve (the parting, lethean, Hypnone, Leech, dead letters, first prayer sont pour moi du grand Katatonia). Finalement, le titre que je trouve un peu en-dessous est étonnament le single « buildings » qui me fait penser à un morceau un peu raté dans le genre « viva emptiness » (pas l’album que je préfère malgré de gros tubes). Aux premières écoutes, mon avis a été presque identique à celui du chroniqueur et maintenant c’est une drogue dont je me passe difficilement. Finalement, il ne paie pas de mine au départ et les morceaux semblent trop similaires entre eux, mais au fil des écoutes il se révèle et devient fort addictif. Alors c’est clair, on est en pleine mélancolie, y a pas beaucoup de métal là-dedans, mais j’en suis totalement comblé. La production est très pro et incroyablement réussie. Le son est d’une amplitude, d’une richesse et d’une pureté totalement hallucinantes ! Vivement le concert !

    Sinon ce dernier Dead Can Dance me fait un peu le même effet que tous leurs autres albums: Perry me gonfle et m’agace, Lisa me projette dans un monde fabuleux. Etonnamanent Perry m’agace nettement moins que sur un « into the labyrinth » et seul le dernier titre du disque est à jeter pour ma part (quand il fait le crooner, je perds le contrôle de mes nerfs). Et puis certaines parties vocales du titre d’ouverture me rappellent étrangement des phrasés à la Jim Morrison (sur The End). C’est quand même un excellent retour qui fait bien plaisir !

  2. krakoukass krakoukass says:

    Tu m’intrigues avec ton commentaire sur katatonia! Je vais retenter quelques écoutes pour voir.

    En tout cas merci pour tes retours, ça fait plaisir, on aimerait avoir un peu plus de commentaires sur les chroniques de temps en temps.

  3. totoro says:

    Je valide la chro du Katatonia…mais en allant plus loin. A mon humble avis, Katatonia s’est perdu après Last fair deal gone down. Autant cet album représentait une légère évolution de leur son, vers quelquechose de plus rock mais en gardant l’essence hypnothique et mélancolique de leurs deux précédents disques. Dès Viva Emptiness, j’ai l’impression que le groupe a composé ses disques en pensant au live. Du coup, il y a des gros riffs, des refrains faciles, mais l’émotion véhiculée par le groupe auparavant est clairement en berne. Sur les deux derniers disques, ils tentent de rejouer une carte plus mélancolique mais je trouve que ça ne fonctionne plus, l’identité des suédois s’est érodée. J’ai l’impression aujourd’hui quand j’écoute Katatonia d’entendre un groupe qui voudrait être Opeth (ou avoir son succés) sans en avoir les moyens. Je vais jouer le vieux con, mais Katatonia, c’était des riffs répétitifs et vraiment entraînants (contrairement à ceux, pachyermiques et seulement rythmiques, utilisés actuellement), des chorus de guitare qui te foutaient la chair de poule et des refrains comme des éclaircies lumineuses; le tout dans des morceaux aux structures simples. L’émotion directe était au coeur du sujet. Katatonia aurait pu être un super groupe de rock mélancolique en continuant d’aller à l’essentiel, comme avant (j’ai bien précisé que j’étais un vieux con!). Aujourd’hui ce n’est qu’un groupe de Metal bâtard, à la musique précieuse, ampoulée et boursouflée. Je suis dur mais j’ai adoré ce groupe…

  4. Kane says:

    Pas d’accord sur le Katatonia (enfin pas d’accord avec Krakou, mais 100% ok avec Wise) Il est très bon cet album. Il n’a pas de titres réellement accrocheurs certes mais c’est du grand Katatonia, certes un poil en roue libre je l’admets.

  5. Kane says:

    Quand j’ai cité Wise je voulais parler de Nocturnal priest, mais il se sera reconnu ;)

  6. Tu es qui pour m’appeler « Wise », Kane ? Simple curiosité de geek :-)

    Sinon Katatonia est boursouflé, Totoro, à l’image de son fabuleux chanteur qui a l’air de passer sa vie en mode « Oktober Fest ». Moi les boursouflés, les enflés des couilles, les frustrés qui se complaisent dans une mélancolie mièvre avec des looks de corbeaux en manque de prozac, ça me fait bander hahaha ^^

    Alors à chacun sa dégénérescence, moi ça me parle davantage qu’un « viva emptiness », les 2 derniers Katatonia je décroche pas, mais alors pas du tout !!! Je précise que je suis fan de toutes leurs périodes avec un énorme coup de coeur pour « discouraged ones » qui est finalement le seul album à nous gratifier de riffs à la Brave Murder Day accompagnés de ce chant fragile, pas encore maîtrisé, qui crève le coeur et pue le bon désespoir :-)

    • Kane says:

      Ca date d’une époque lointaine et Obskure… huhuhu…

      Plost->Kane même entité et identité

  7. jonben jonben says:

    J’aime bien certains morceaux du dernier Katatonia, il y a de la recherche au niveau des riffs, un beau son metal actuel, et l’esprit mélancolique est toujours aussi prenant et touchant. Le dernier morceau est mon préféré.

  8. @Kane:

    Ah OK !!! Purée…. »Plost »…ça nous rajeunit pas crévindiou :-)

  9. Joss says:

    moi j’arrive pas à comprendre comment la voix de Brendan Perry peut énerver O_o

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