Devin Townsend Project – Epicloud

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Style: Devin metalAnnee de sortie: 2012Label: Inside Out

Dans la famille on-n’en-attend-plus-rien-et-malgré-tout-il-vient-nous-baiser-la-gueule-en-pondant-une-petite-bombe, je demande le chef Devin Townsend et j’abats directement mon jeu !La partie est terminée, c’est plié, vous pouvez rentrer chez vous et mettre un genou à terre.
La donne de départ ne laissait pas augurer victoire aussi franche : entre Ki, Addicted, Ghost et autres Deconstruction, le Canadien m’avait très peu enthousiasmé et même, dans les moments les moins cléments, fait royalement chier. J’avais presque tiré un trait définitif sur la faculté de l’énergumène à ne pas sombrer dans la redite ou la fadeur.Une seule écoute d’Epicloud, que j’avais pourtant prévue distraite, aura suffit à me décoincer les maxillaires. Comment ne pas saluer avec bonheur un « Where we belong » qui renoue avec les atmosphères d’Accelerated evolution ou le retour de la douce folie avec un « Animals » rappelant dans son esprit « Bad Devil » (Infinity) ou « Vampira » (Synchestra) ?
Même le simplissime « Save our now » fait mouche et tant pis si on a parfois l’impression de nager en plein kitsch popisant à 1000 lieues des premières heures de Strapping Young Lad.
De toute façon, les ronchons pourront se nettoyer les esgourdes avec le Ziltoïdien « More!» démontrant que la présence de Gene Hoglan dans son équipe n’est pas une condition sine qua non lorsqu’il s’agit d’assurer dans le registre surpuissant (très beau boulot de Ryan Van Poederooyen sur ce titre comme sur le reste de l’album d’ailleurs).


Je vais peut-être en faire hurler certains mais ce qui m’a particulièrement satisfait dans ce nouvel opus est qu’Anneke est moins présente, l’utilisation de ses talents vocaux mieux dosée ; jusqu’à présent, je trouvais que ses apparitions sapaient le dynamisme des titres. Ici, le risque est quasiment réduit à néant, le père Townsend reprenant les choses en main avec une maîtrise insolente : l’épique « Kingdom » est une preuve éclatante que ses qualités vocales n’ont pas perdu de leur superbe. Oui, oui vous avez bien lu, « Kingdom », titre originellement présent sur Physicist, refait son apparition dans une version qui est à l’originale ce qu’est une voix mature aux trémolos hésitants d’un adolescent.
Il faut remonter au moins à 2007 (Ziltoid), voire, les jours de total enthousiasme, à 2003 (Accelerated evolution) pour retrouver un niveau d’inspiration équivalent. Aucun titre ne vient plomber la qualité d’ensemble, la musique de Devin est à nouveau aussi variée que cohérente. Tout s’emboîte et se répond sans lasser.Il n’y a plus qu’à espérer que ce coup de fouet n’est pas la dernière goutte d’une source complètement tarie.

NB : Une version limitée propose une demo, Epiclouder, tout droit issue de la période de composition d’Epicloud. N’ayant pas apporté pour l’instant trop d’attention à ces titres, je préfère me laisser la possibilité, si la qualité est au rendez-vous, d’en faire une chronique spécifique.

 

Tracklist :
1/ Effervescent!
2/ True North
3/ Lucky Animals
4/ Liberation
5/ Where We Belong
6/ Save Our Now
7/ Kingdom
8/ Divine
9/ Grace
10/ More!
11/ Lessons
12/ Hold On
13/ Angel

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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4 Commentaires

  1. Moonlight666 says:

    Eh bien je suis entièrement …… pas d’accord.
    Je ne dirai pas que je peux prendre chaque argument et les transformer à l’opposé mais presque.
    Cet album n’apporte rien. C’est le moins bon du père Townsend que j’adore tout particulièrement.
    Après la quadrilogie (on dit ça ?) cet album est fade, une redite, un condensé et même repompe des autres albums (j’ai pas compris l’intérêt de mettre deux morceaux existants, tout juste réarrangés).
    Pas un mauvais album, mais dans la disco du sieur, cela fait bougrement tache.
    je me devais d’ouvrir ma gueule sur ce coup ;)

    Merci pour la chro quand même :)

  2. darkantisthene says:

    je ne suis pas surpris, j’attendais ces arguments ; je n’ai rien à dire pour sa défense, c’est du ressenti

    merci pour le com’ quand même ;) !

  3. Angrom angrom says:

    Je soutiens plutôt dans le sens de la chronique pour moi même si ce n’est pas novateur (qui peut se targuer encore de l’être après dix ans de carrière ?) , c’est bon, bien fait et efficace. Là encore c’est du ressenti car en dépouillant un ou deux passages on pourrait pinailler, mais j’ai hâte que la paye tombe pour ajouter ce disque à ma collection !

  4. krakoukass krakoukass says:

    Presque d’accord avec la chronique, même si pour moi cet album est à voir simplement comme la suite directe de Addicted pour moi, et que les deux se valent à me yeux.

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