Tonbruket – Dig it to the end

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Style: musique sans étiquetteAnnee de sortie: 2011Label: ACT

Au cours des années 90 et 2000 le groupe suédois E.S.T (pour Esbjörn Svensson trio) a secoué le petit monde du jazz avec une dizaine de disques reconnus internationalement. Mais en 2008 le leader Esbjorn Svensson décède dans un accident de plongée, ce qui met inévitablement fin à l’aventure du trio.

Il ne faudra pas longtemps au contrebassiste Dan Berglund pour démarrer une nouvelle aventure musicale. Celle-ci se concrétisera en 2009 sous le nom de Tonbruket, groupe pour lequel il recrute un pianiste (Martin Hederos), un batteur (Andreas Werliin) ainsi qu’un guitariste (Johan Lindström).

Avec leur dernier album, Leucocyte, E.S.T avait déjà commencé à prendre ses distances avec le jazz et à s’aventurer sur les terres du post-rock. Avec Tonbruket, Dan Berglund continue à sa manière le travail entamé avec le trio d’Esbjörn. Mais les liens avec le jazz sont désormais bien plus ténus, et seul le background du leader permet aujourd’hui de ranger Tonbruket dans le rayon jazz (là ou vous le trouverez en magasin). A la limite, l’esprit jazz se manifeste dans cette liberté qu’a le groupe de jouer sa propre musique sans se soucier des étiquettes.

Aujourd’hui géniteur de deux albums dont ce dernier en date, Dig it to the end (et son intriguant visuel), Tonbruket mélange en fait tellement de genres qu’il est quasiment impossible de les identifier clairement. Le résultat n’est pas un patchwork, plutôt une formule magique qui aboutit à la création d’un style nouveau. Une musique instrumentale contemporaine, qui doit autant au rock qu’au classique ou la musique de film. Une musique que l’on devine (ou que l’on espère) déjà intemporelle.

Le grisant “Vinegar heart“ qui introduit l’album, est un long crescendo qui aboutit sur un solo de guitare en fusion, il pourrait par certains aspects rappeler le post-rock-core de Red Sparrowes. Encore une fois, une référence à prendre avec des pincettes, tant les ambiances traversées sont différentes. Et prenantes. Le travail du guitariste, qui utilise aussi une Lap Steel Guitar, rappelle par moments la musique de Ry Cooder avec des slides évoquant les grands espaces désertiques de l’ouest américain. Une musique qui invite donc au voyage, et qui se donne le luxe de citer Ravel avec le titre « Le var » (cherchez l’astuce).

Le tour de force de ce disque est que jamais l’absence de chant ne se fait sentir, la multitude de trouvailles mélodiques ou rythmiques se charge de captiver l’auditeur. On saluera cette capacité à proposer une musique originale et personnelle sans jamais sacrifier l’accessibilité. Tout le monde peut facilement entrer dedans et se laisser porter. Tonbruket ne s’adresse pas aux amateurs de jazz, de classique, de rock ou de metal. Il s’adresse aux amateurs de musique. Et je suis sûr que vous en faites partie.

http://www.youtube.com/watch?v=dUpb6aN37b8

Track list :

1. Vinegar Heart 08:59
2. Balloons 05:25
3. Decent Life 03:56
4. Lilo 04:00
5. Lighthouse 03:21
6. Dig it to the End 03:31
7. Gripe 02:40
8. Grandma´s Haze 04:09
9. Le Var 04:59
10. Trackpounder 06:08
11. Draisine Song 03:22

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2 Commentaires

  1. Angrom angrom says:

    Content de voir ce disque enfin chroniqué. Un très bon disque, merci pour la découverte, qui figure en bonne place dans mon top 2011

  2. Spirilysis says:

    « Ravel’levaR »…. le terme d’expérimental est loin d’être de trop, c’est sur, on ne pourrait mieux dire. Qu’il est bon de pouvoir entendre la musique dans toute sa richesse et que ce site promeut (et oui, apparemment, ça ce dit). Pour ma part, n’ayant connu qu’un seul album d’E.S.T. (bien que fortement agréable) je ne saurait rajouter ma pierre à l’édifice qu’en est ta chronique. Juste un grand merci de pousser à l’eklektisme de nos partages et découvertes…

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