Panzerballet – Tank Goodness

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Style: metal/jazz/fusionAnnee de sortie: 2012

Ca fait un moment que je suis le groupe allemand Panzerballet, un des rares groupes à ma connaissance à proposer une musique pile entre metal et jazz fusion.

Allez il y a bien Tribal Tech ou Planet X (side project du clavier de Dream Theater) qui les ont influencé, mais aucun groupe ne présente à la fois une veine réellement métallisée, utilisant du gros son saturé mais également la complexité rythmique d’un Meshuggah, tout en poursuivant directement l’oeuvre de Weather Report, Mahavishnu Orchestra ou Return to Forever au sein de mêmes compositions.

Le groupe est mené par un guitariste virtuose, Jan Zehrfeld, qui a su s’entourer de musiciens tout aussi doués, et depuis l’éponyme en 2005, Panzerballet sur chacun de ses albums mélange compositions de Zehrfeld et reprises de chansons ou thèmes connus, dans des versions très arrangées qui dévient rapidement du cadre initial de la reprise.

Par le passé, j’ai souvent trouvé que Panzerballet pêchait à vouloir trop en faire et piochait un peu trop à droite à gauche, le groupe est très bon interprète pour ce qui est des reprises (le thème des Simpsons sur Hart Genossen : von ABBA bis Zappa) mais peine à imposer ses propres compositions, à former sa propre personnalité, la simple addition de guitares metal, de mélodies jazz/fusion et de saxophone ne suffit pas toujours.

N’empêche que Tank Goodness est certainement leur meilleur album à ce jour, même si il n’est pas beaucoup plus cohérent que les précédents. Il comporte une bonne part de reprises, dynamitant à chaque fois les originaux. 3 sont excellentes :
– « Some Skunk Funk », tiré de l’excellent album des Brecker Brothers, Heavy Metal Be-Bop, de 1975; un des 2 frères, le trompettiste Randy Brecker est par ailleurs invité sur le morceau,
– « Giant steps » de John Coltrane, morceau de l’album du même nom datant de 1960. Si la progression d’accord est la même, le thème principal du morceau est complètement remanié à la sauce Panzerballet, la mélodie se retrouve dans une version bien plus énergique et rythmée, doublée par une guitare saturée, Coltrane revient par moments sous la forme de leads de saxophone, mais des parties carrément metal reprennent le dessus,
– le standard du jazz à la mélodie que tout le monde reconnaîtra aisément, « Take five » du Dave Brubeck Quartet est très remanié, dans une version bien sûr beaucoup plus puissante que l’originale de 1959, qui ici vire carrément dans un metal dissonant barré, jusqu’à limite sonner un peu forcé.

Ensuite le tube tiré de l’ignoble navet Dirty dancing, « (I’ve had) the time of my life » rend heureusement bien mieux que la version des Black Eyed Peas mais j’aurais préféré qu’ils évitent, c’est un des 2 morceaux comprenant du chant de l’album avec « The Ikea Trauma » sur lequel ils invitent le chanteur et gratteux d’exception Mattias Eklundh. Le morceau ressemble au final beaucoup à la musique du groupe de ce dernier, Freak Kitchen, de par sa présence au chant, même si quelques passages metal prog techniques plus extrêmes que chez ces derniers le parsèment.
Le groupe se permet également de reprendre un de ses propres morceaux, « Zehrfunk » à l’origine sur leur premier album éponyme de 2005, dans une version quasi similaire.

Enfin les 2 compositions du leader du groupe, Zehrfeld, « Mustafari likes di Carnival » et « Vulgar Display of Sauerkraut » montrent un groupe ayant parfaitement digéré ses influences et capable de proposer un mélange osé mais pertinent entre metal extrême et jazz/fusion.

En définitive, un mélange de tout et n’importe quoi encore une fois sur cet album, même si la qualité est la plupart du temps au rendez vous et le groupe toujours impeccable au niveau de l’exécution, ce n’est pas encore l’album qui fera de Panzerballett un groupe marquant mais on y arrive album après album. Si il n’y avait pas la reprise « Time of my Life » à la con et le morceau de Freak Kitchen au milieu déjà ce serait plus cohérent.

01 – Some Skunk Funk (Feat. Randy Brecker)
02 – Mustafari Like Di Carnival
03 – Giant Steps
04 – Zehrfunk
05 – (I’ve Had) the Time of My Life (Feat. Conny Kreitmeier & Ron Van Lankeren)
06 – Vulgar Display of Sauerkraut
07 – The Ikea Trauma (Feat. Mattias Eklundh)
08 – Take Five

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

jonben a écrit 497 articles sur Eklektik.

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