Rival sons – Head down

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Style: Classic Rock 60's/70's hardisantAnnee de sortie: 2012Label: Earache Records

Le magazine Classic rock fait sa « Une » avec ces jeunes Américains pour la rétrospective 2012. Et moi, vieux blaireau que je suis, qui pestais encore la semaine dernière sur le niveau plutôt faiblard de cette année en la matière ! J’étais donc scandaleusement passé à côté du groupe rock de l’année ? J’ai failli mal le prendre. Je n’aurais pas flairé, dès la sortie du précédant album Pressure and time (2011) – que j’avais pourtant écouté, le potentiel des Rival sons ? J’aurais failli à mon devoir d’éclaireur ? Je ne mériterais plus ce salaire mirobolant pour mes fonctions de dénicheur ? Que ferait un homme d’honneur dans ce genre de situation ?

Pas le choix. J’ai dû ramasser le gant de mon adversaire, l’enfiler (le gant) et serrer mon poing afin de me préparer à le balancer dans la gueule de mes tourmenteurs. Vous êtes encore alcoolisés des fêtes mais vous avez probablement compris la métaphore : je me suis procuré l’album, je l’ai écouté, réécouté et encore réécouté. Et j’ai commencé cette chronique.

Autant vous le dire tout de suite, je ne ferais pas le mérou comme ça si j’avais eu à capituler sans résistance devant le talent des Rival sons et le flair de Classic Rock ou Earache (oui oui, c’est signé par ce label légendaire). Certes, il semble que nous ayons affaire à un groupe ambitieux, qui ne se contente pas de nous refiler 10 fois 2 ou 3 riffs bien branlés sur des rythmes binaires. On est clairement plus proche du rock « hardisant » des 60/70’s (Led Zeppelin, Cream, Rolling Stones voir les Kinks) – avec la légère touche de psychédélisme (les Doors sur « The heist ») et d’envolées guitaristiques (« Manifest destiny part 1 ») que ça implique – que d’AC/DC. Mais faut-il pour autant se prosterner devant les nouveaux fers de lance d’un revival salutaire ?

Une fois qu’on a balisé le terrain, et histoire d’approfondir l’analyse, il faut concentrer quelques secondes son attention sur le chant : le maître à penser du groupe Scott Holiday n’y va pas de main morte pour donner un point de repère puisque, selon lui, Jay Buchanan chante comme le Paul Rodgers de la grande époque de Free. Je dirais, pour ma part, et de manière un peu moins enthousiaste, qu’il se situe dans le même registre. Pas plus, malgré les belles performances, il faut le reconnaître, sur « Run from revelation ». Selon moi, ça manque globalement de patate, surtout sur les titres les plus « percutants » (« You want to » et « All the way » évitent ce travers)  ; on attend que ça se réveille (« Wild animal » est presque frustrant) voire que ça évite de nous endormir (j’ai presque l’impression d’écouter James Blunt sur « Jordan »…). En revanche, lorsqu’on sait que Buchanan a plutôt un background folk, on est moins surpris par la présence d’un titre (« True ») aux accents Buckleyien.

Les nostalgiques purs et durs du son de l’époque y trouveront peut-être leur compte ; certains se régaleront et rendront grâce aux USA d’être un terreau inépuisable en la matière ; même si je reconnais à ce Head down des qualités indéniables qui doivent probablement prendre toute leur dimension en live (la plupart des titres sont taillés pour ça), je ne peux malheureusement pas en dire autant si j’en juge par mon absence d’envie de baiser des morues avec des requins ou d’enfiler des débardeurs en peau de grizzly.

http://www.rivalsons.com/

http://www.youtube.com/watch?v=0uDCy7V7coM

  1. Keep on swinging
  2. You want to
  3. Wild animal
  4. Until the sun comes
  5. Run from revelation
  6. Jordan
  7. All the way
  8. The heist
  9. Three fingers
  10. Nava
  11. Manifest destiny part 1
  12. Manifest destiny part 2
  13. True

 

 

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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3 Commentaires

  1. Solarfall says:

    Je ne passe pas souvent du coté des chroniques, et bien c’est un tort quand on voit la qualité de celle-ci !
    Chapeau Môssieu Darkantisthène, tu m’as donné envie !! (Il faut comprendre « envie d’écouter le disque »).

  2. darkantisthene says:

    Je ne remercie pas souvent les commentaires de chroniques, et bien c’est un tort quand on voit la qualité de celui-ci !
    Chapeau Môssieu Solarfall, tu m’as donné envie !! (Il faut comprendre « envie de voir d’autres commentaires de ta part et accessoirement de te recroiser devant un bon verre, saligot ! »

  3. Angrom angrom says:

    Pour ma part j’attendais quelques écoutes avant de chroniquer. J’en suis à deux écoutes et je dois dire que pour l’instant je suis plutôt convaincu. Même si je suis d’accord avec toi sur le côté James Blunt de la ballade « Jordan ». Par contre, Manifest Destiny part 1 et Part II font revivre le meilleur Led Zep, c’est un vrai plaisir …
    Et puis certains refrains me restent en tête après quelques écoutes, c’est toujours bon signe. Je vais continuer à approfondir ces fils rivaux

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