Tragedy – Darker Days Ahead

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Style: crust metalAnnee de sortie: 2012Label: Tragedy Records

Découvrir Tragedy en 2012 (fin 2012 même) avec ce dernier opus, et se taper la discographie du groupe à rebours est une expérience assez intéressante finalement. Je comprends mieux pourquoi ce groupe, considéré par beaucoup comme un groupe culte de la scène punk-crust peut voir son dernier album aussi décrié, et ramasser une aussi « mauvaise » note générale (3,02 à l’heure où j’écris ces lignes) sur le référentiel site web Rate Your Music. Enfin je dis que je comprends mieux, mais en fait après m’être tapé tous les albums à répétition pendant 2 semaines, je dois bien dire que je ne comprends pas vraiment. Certes Darker Days Ahead est moins énergique que les précédents opus du combo américain, et le tempo est aussi plus lent de façon générale (à l’exception de quelques passages bien vitaminés comme sur « Power Fades » ou même dès certaines parties de l’introductif « No Cemeteries Here »). D’ailleurs pour une durée équivalente à celle de ces prédécesseurs il est l’album du groupe qui contient le moins de titres (9). Mais ce qu’il perd en jus, il le gagne vraiment en noirceur et en rage, et c’est pourquoi dans un genre différent il est celui que je préfère du groupe, avec le très estimé (à raison) Vengeance.

Cela dit, les fans du groupe qui ne retiendraient des 4 de Memphis que les compositions crust speedées ou typées d-beat semblent avoir la mémoire un peu courte car il est à mon sens assez aisé de retrouver des éléments fondateurs de ce dernier album, et ce dès le premier album du groupe que ce soit dans certaines parties instrumentales sombres, ou dans les ralentissements de tempo déjà fréquents (le début de « Confessions of a Suicide Advocate »,  « You are an Experiment » ou « With Empty Hands Extended » dès 2000 sur Tragedy puis « Recurring Nightmare », ou les très sombres « War Within Us » et surtout « Night Falls » sur Vengeance qui préfigure déjà en 2002 à bien des égards le côté glauque de Darker Days Ahead. Voir aussi « Incendiary » sur Nerve Damage). Bref pour ma part en passant d’un album à l’autre, j’y vois avant tout une formidable cohérence d’ensemble et une évolution logique, la marque évidente d’un groupe qui prend de l’assurance avec l’âge, et qui évolue sans renier ses racines. Il est vrai que paradoxalement la fracture semble plus importante entre Darker Days Ahead et son grand frère direct sorti en 2006 Nerve Damage, qu’avec Vengeance, pourtant de 10 ans son aîné. Le groupe est en 2012 plus métal, là où il était plutôt punk/hardcore en 2006.

Mais merde, aussi excellents que soient les trois premiers albums du groupe, 6 ans après, il aurait été malheureux que tout ce que le groupe soit capable de faire, soit de nous pondre un Nerve Damage bis.

Evidemment la référence à Amebix est toujours de mise (quoi qu’il n’y ait plus grand chose à voir avec le Amebix de Sonic Mass, il vaut mieux le préciser!), mais moi je dois dire que j’y entends d’autres choses, presque du Prong par moments, notamment à cause des voix de bûcherons utilisées, plus rauques, moins aboyées, mais toujours impressionnantes et caractéristiques du groupe. L’ambiance est vraiment noire, le désespoir semble plus que jamais de mise, là où la colère dominait auparavant et donnait l’illusion qu’un espoir était permis. C’en est donc fini des quelques (ils n’étaient déjà pas nombreux hein) passages punk sautillants à la Dropkick Murphy’s qui pouvaient avoir encore cours sur certains titres des précédents opus du quartet. Ici comme le titre l’indique, si tu trouves le présent pourri, attends encore de voir le futur. Des titres comme « The Grim Infinite » (quel refrain putain!), le bien vicieux « Darker Days Ahead » ou le conclusif « To Earth Like Dust » et son dernier riff lourd comme Nadine Morano jouent parfaitement leur rôle pour distiller la sinistrôse ambiante, soutenus qu’ils sont par une production plus métal que par le passé, moins sèche et parfaitement en phase avec l’ambiance.

Pour moi y a pas à chier, cet album est une bombe et fait partie des albums à ne pas rater au moment de concocter la petite sélection récap’ de 2012.

Tracklist :
1 – No Cemeteries Here
2 – Close at Hand
3 – The Grim Infinite
4 – The Feeding Hour
5 – Wail of Sirens
6 – Darker Days Ahead
7 – Black Against Night
8 – Power Fades
9 – To Earth Like Dust

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. Benhaz says:

    Entièrement d’accord avec la chro. Comme quoi le fait d’être objectif permet d’apprécier cet album à sa juste valeur.

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