Voivod – Target Earth

3 Commentaires      2 252
Style: Thrash technique progressifAnnee de sortie: 2013Label: Century MediaProducteur: Voivod

Renaissance : Nom féminin : Action de renaître / Nouvelle vie, nouvelle vigueur / Nouvel essor, renouveau.

Quand on écoute Target Earth, et que l’on connait un peu l’histoire de Voivod, surtout la récente, on ne peut qu’avoir ce mot là à l’esprit. Infini, son prédécesseur, devait être l’ultime album du groupe. Les québécois avaient décidé de déposer les armes, suite au décès de Denis « Piggy » D’Amour, leur guitariste et principal compositeur. Ils avaient honoré la mémoire de leur guitariste en éditant ses derniers travaux sur album, et ensuite rideau sur presque 30 ans de carrière. Fin de transmission.

Et puis, dans une vie il y a des hasards. Des hasards qui font que des hommes se croisent, ou se recroisent, et décident de faire quelques concerts ensemble pour rendre hommage à un ami décédé. De fil en aiguille, le plaisir revient, et avec lui, l’envie. Le résumé est rapide, mais en gros c’est bel et bien ce qui nous vaut d’avoir ce nouvel album entre les oreilles.

3753.conDès les premières notes, aucun doute n’est possible, on est bien face à un album de Voivod. On retrouve le thrash technique progressif typique au groupe, ainsi que l’esprit aventureux et alambiqué de leur musique. L’impression d’avoir un « nouveau ancien » Voivod émerge alors. Le groupe renoue avec réussite avec le style qu’il pratiquait entre 1984 et 1989. On trouve des réminiscences de War and Pain (« Kluskap O’Kom ») de Killing Technology (« Target Earth », « Mechanical Mind »), tout en allant puiser des ambiances et structures progressives dignes de The Outer Space (« Empathy for the enemy », « Warchaic ») et une puissance propre aux Negatron et Phobos, sans oublier quelques pincées de la période plus rock, ou le sieur Jason Newsted était venu faire un peu plus qu’une pige (« Resistance »).

La basse atomique de Jean-Yves « Blacky » Thériault participe elle aussi à ce sentiment général en revenant faire vrombir nos enceintes. Quand j’entends ce son je repense immédiatement aux titres « Warriors of Ice » ou « Black City » sur War and Pain qui me mettent à terre à chaque écoute. Le tout est savamment lié par l’excellent Daniel Mongrain (Martyr, Gorguts, Cryptopsy) qui apporte réellement sa patte tout en conservant le style du groupe, sans copie, ni mimétisme. Il n’est ni dans l’hommage, ni dans le respect exagéré, il est naturellement là, comme si Piggy était venu habiter le bonhomme. Il a cependant réussi à intégrer son immense talent d’écriture pour sublimer l’ensemble. Il faut savoir que la paire Blacky/Mongrain est responsable de la composition de la quasi totalité de l’album.

A noter, pour la première fois, un texte entièrement chanté en français, « Corps Etranger ». Par le passé, ils avaient déjà intégré des titres en français, (« Le Pont Noir », « Les Cigares Volants », « Nuage Fractal ») mais les paroles restaient elles dans la langue de Shakespeare.

Denis « Snake » Bélanger est en forme olympique et module sa voix de différentes manières. Aussi bien mécanique et inquiétante, que rageuse, menaçante, ou douce parfois, cela rend sa performance tout aussi passionnante que ses collègues instrumentés. Il a comme d’habitude écrit la totalité des textes, et je vous invite à vous pencher un minimum sur ceux-ci. Ce serait dommage de ne pas le faire, vous perdriez une bonne partie de ce qui fait la substantifique moelle du groupe, à savoir une musique illustrant un univers techno SF/post apocalyptique ayant pour personnage central le Voivod.

Finissons par l’indéboulonnable Michel « Away » Langevin, au jeu toujours aussi jouissif et responsable de tout l’univers Voivodien, aussi bien conceptuellement qu’artistiquement. D’ailleurs, petite parenthèse, je trouve dommage tous ceux qui trouvent l’artwork moche… Ok c’est spécial (perso j’adore) mais checkez les anciennes pochettes. On est pile poil dans l’esprit, encore une fois, à la fois intriguant et mytérieux qui entoure le groupe. Voivod sans les artworks d’Away ça n’existe pas. Cette pochette est parfaite, et ne parlons pas du livret lui aussi complètement magique.

Target Earth propose pour sa très belle version digipack noire, deux titres bonus live enregistrés au Roadburn Festival 2012 : « Target Earth », et « Man in the trees » une cover du groupe Die Kreuzen, dédicacée à Piggy.

Target Earth est plus que la renaissance d’un groupe culte, c’est un miracle. Cet album procure un plaisir tellement énorme, porté par des compositions géniales que l’on n’osait plus espérer. Il figure sans nul doute, dans le top 3 des meilleurs albums du combo québécois.

Merci messieurs, et chapeau bas, en espérant un successeur rapidement !

Tracklist :

01.Target Earth
02. Kluskap O’Kom
03. Empathy For The Enemy
04. Mechanical Mind
05. Warchaic
06. Resistance
07. Kaleidos
08. Corps Étranger
09. Artefact
10. Defiance

 

Chroniqueur

Kane

Amateur de metal depuis plus de 20 ans, sans style de prédilection particulier (quoique grand amateur de doom, death & black). Mes plaisirs extra-metalliques vont vers l'indus, l'électro, le trip hop, et le rock en général.

Kane a écrit 28 articles sur Eklektik.

Up Next

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Vous pourriez aussi apprécier

3 Commentaires

  1. Angrom angrom says:

    J’abonde dans ton sens. L’album révèle ses subtilités au fur et à mesure des écoutes. Une grande cuvée !

  2. Angrom angrom says:

    Pas plus de commentaires sur ce splendide disque ?

  3. Kane says:

    En fait, je m’aperçois que la note que j’ai mis ne reflète pas la réelle qualité du disque. Si j’écoute mon coeur de fan je lui colle 20/20, si j’essaye de rester objectif, je lui colle 19/20 soit tout de même un point de plus que la note initiale accordée.

    Il se dévoile à chaque écoute, l’ambiance me happe, je décroche plus du premier au dernier titre. Mine de rien, quand on entend certains groupes se targuer de revenir à un truc plus old school, mais sans jamais réellement convaincre, là Voivod a tapé dans le mille. C’est la suite logique des magnifiques DImension Hatross, Nothingface, et Killing Technology, tout en restant moderne. Et puis merde quoi, Daniel Mongrain quel tueur. Le boulot qu’il fait. On l’entend aussi sur le live Warriors of Ice, cette facilité a jouer les parties de Piggy.

    Groupe exceptionnel, courageux, et, ce qui ne gâche rien, éminemment sympathique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *