Semantik Punk – abcdefghijklmnoprstuwxyz

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Style: avant-garde hardcore/metalAnnee de sortie: 2013Label: Lado ABCProducteur: Ross Robinson

Alors que l’ensemble de la presse metal s’extasiait ou se lamentait sur la très hypothétique collaboration de Ross Robinson au prochain album de Behemoth, peu d’entre eux se sont penchés sur le travail qu’il effectuait au même moment avec semantik punk, illustres inconnus venus, eux aussi, de Pologne.

Une fois n’est pas coutûme, je vous propose de lancer l’écoute de cet album en parallèle de la lecture de cette chronique, histoire de vous mettre dans l’ambiance.

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Tout comme leurs voisins russes dont j’abordais le difficile accès à la notoriété (avec longueur et au détriment de votre patience) dans la chronique des désormais défunts (*snif*) Follow The White Rabbit, les polonais ont généralement du mal à faire parler d’eux à l’ouest de leurs frontières pour peu qu’ils ne soient pas des pontes du death/black (genre Vader ou, justement, Behemoth). Une fois encore un manque à gagner terrible pour nos oreilles tant le talent foisonne de l’autre côté du rideau de metal (ok c’est nul mais j’assume). Kobong, Neuma, Ketha, Nyia, SAMO et tant d’autres mériteraient largement un dossier dédié dont je repousse la rédaction depuis déjà trop longtemps. Parmi ces groupes injustement méconnus se cachait jusqu’à il y a peu Moja Adrenalina, auteur en 2004 d’une branlée mathcore intitulée nietoleruje-bije, et qui va je l’espère attirer un peu plus d’attention sous leur nouveau patronyme de semantik punk et, surtout, avec l’implication du célébrissime sieur Robinson dans leur parcours.

Mais gageons surtout que leur talent à lui seul saura les faire reconnaître à leur juste valeur, car l’oeuvre née de cette improbable collaboration est tout bonnement saisissante. Tout d’abord par son unicité : Ca ne ressemble à rien, ou tout du moins, à rien d’assez évident pour qu’on puisse honnêtement s’y référer. Tout comme Follow The White Rabbit, le groupe a très largement dérivé de son mathcore originel pour créer un hardcore/metal conceptuel et personnel. La comparaison s’arrête là, tant les productions sont différentes en terme de contenu. Car si l’on devait néanmoins rapprocher leur univers de ceux d’autres artistes, on penserait avant tout à leurs compatriotes de Kobong et SAMO, l’un pour le côté groovy-décalé, l’autre pour la tendance bruitiste/foutraque (même si on reste loin du nihilisme torturé de ces derniers). En tout cas, des racines très locales.

Pur produit de la scène musicale avant-gardiste polonaise, abcdefghijklmnoprstuwxyz (les plus attentifs d’entre vous auront remarqué qu’il manque le q dans cet alphabet, mais ne me demandez pas pourquoi) suit un pattern très étudié, équilibrant ses aspects les plus chaotiques avec des nappes instrumentales assez étranges pour attirer l’intérêt et accessibles pour captiver l’auditeur. De plus, et à l’instar de groupes comme Sigur Rós, le combo va jusqu’à inventer son propre dialecte afin de transcender l’aspect cloisonné des langues traditionnelles. On peut trouver ça assez taré, mais le résultat a en tout cas été assez puissant pour impressionner Fredrik Thordendal (Meshuggah) himself, qui n’est pas connu pour être facilement désarçonné en matière de complexité musicale, et qui a pourtant déclaré qu’il n’avait jamais rien entendu quoi que ce soit de comparable auparavant; qu’il s’agissait d’un groupe unique et d’un album incroyable (« Haven’t heard anything sounding even close to this before! These guys are totally unik! Love the whole album! I don’t know what to say… Incredible is probably a good word. »).

La question que je me pose, c’est comment diable Ross Robinson a t’il été parachuté dans cet univers tordu ? Peut-être cela fait il partie d’une démarche pro bono, pour le bien public, pour s’excuser par avance de la production du prochain Limp Bizkit ? Toujours est il que grand bien lui en a pris, si ça peut permettre à de telles bombes de traverser les frontières et d’exploser au visage du plus grand nombre.

abc… n’est pas un album facile d’accès, et il est probable que vous soyez au premier abord rebuté par le côté « bordel épuré » de ses premières minutes. Mais je vous conseille plus que chaudement de poursuivre l’écoute jusqu’au bout de cet album et de vous laisser surprendre par la diversité et la créativité de ses auteurs.

Un clip pour « jest to A » (meilleur morceau de l’album selon moi) est en cours de réalisation par Robert Gasperowic (de SAMO). Sachant ce que ce dernier a fait en la matière pour son propre groupe (ex: http://www.youtube.com/?v=xAVZ5lyl8Gw), on peut d’ores et déjà s’attendre à quelque chose de sacrément barré.

Et juste pour vous montrer un peu le chemin parcouru en une décennie, voici un clip datant de l’époque ou le combo officiait encore sous le nom de Moja Adrenalina

Chroniqueur

drommk

Chroniqueur instable depuis 2009, je me passionne pour les fouilles du web, en quête de groupes originaux ou/et méconnus. J'ai un faible pour les mélanges de genres. La formule parfaite est pour moi un équilibre entre originalité, technicité et émotion.

drommk a écrit 30 articles sur Eklektik.

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5 Commentaires

  1. krakoukass krakoukass says:

    Il n’y a pas que le « q » qui est manquant dans le titre d’ailleurs! Le « u » s’est également fait la malle.

  2. jonben jonben says:

    C’est le V qui manque.

  3. krakoukass krakoukass says:

    Oui le « v » c’est ce que je voulais dire! Il manque le q et le v.

  4. drommk says:

    ah oui bien vu.

    Bon, mis à part ces pérégrinations alphabétiques, vous avez pris le temps d’écouter l’album?

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