Inter Arma – Sky Burial

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Style: Blackened Doom SludgeAnnee de sortie: 2013Label: Relapse Records

Nous y voilà donc, après la chronique de l’EP Destroyer, Inter Arma sort enfin son nouvel album chez Relapse. Premiers constats : la pochette est superbe et l’album dure quasiment 70 minutes. Le travail de digestion de la bête prendra donc forcément un peu de temps. Un peu mais pas trop si vous avez déjà posé vos esgourdes sur Destroyer (et si vous ne l’avez pas fait c’est mal), car Sky Burial reprend 3 des 4 titres présents sur l’EP. Quitte à aller dans cette voie, on s’étonne que le groupe n’ait pas choisi d’aller jusqu’au bout en conservant aussi le dernier (qui est en fait le premier titre de Destroyer), « Wailing Moon », et qui est pourtant absolument excellent.

Les sky burial, qu’on pourrait traduire par « funérailles célestes », sont un rite funéraire tibétain consistant à découper le corps d’un défunt, à broyer ses os et son cerveau, avant d’exposer ses « parties » au sommet d’une montagne ou d’une vallée pour offrir son corps aux oiseaux de proie et autres charognards. Selon les croyances tibétaines, il s’agirait là de la meilleure voie vers la réincarnation.

C’était la minute culturelle (pour en savoir plus et même voir des photos -à éviter au moment du déjeuner- Google Images est ton ami), venons-en maintenant à cet album qui confirme tout le bien qu’on pouvait penser d’Inter Arma. Pour apprécier la substance proposée par ces américains, il faudra néanmoins accepter d’être un peu baladé entre différents genres, puisque comme sur l’EP, le groupe mélange les genres, sludge, black, doom, desert rock… C’est ainsi que l’album démarre avec le heavy de chez heavy (et superbe) « The Survival Fires », entre black furibard et doom/sludge écrasant Neurosisien, avant de basculer dans le desert rock psychédélique sur « The Long Road Home » et son intro, tous deux repris de Destroyer, dans des versions quelque peu rallongées. Cet interlude planant et instrumental (sur lequel la virtuosité du guitariste du groupe s’exprime à plein) s’interrompt brutalement lorsque démarre le final black et que la voix de Mike Paparo surgit en arrière-plan chargée d’un écho assez terrifiant. Un final black qui fait le lien avec le titre « Destroyer », lui aussi rallongé par rapport à la version de l’EP précédent et qui fait la part belle à un doom lent chargé de vocaux féroces partant dans des shrieks glaçants (« HIYAAAAAAAAAAAA »), sorte de litanie rituelle sombre et menaçante qui s’accélère avant les incantations finales de Paparo qui semble possédé : « Comfort us, o’ Destroyer, light up the sky!! ».

Toujours aussi puissant, ce titre s’enchaîne avec « ‘Sblood », tribal en diable, et qui n’aurait pas fait tâche sur le Through Silver in Blood de vous savez qui.

Et on continue ainsi à cheminer entre lourdeur écrasante, agressions black, et riffs sludge pendant les trois derniers titres de l’album (à l’exception du très bon interlude « Love Absolute » qui précède le dantesque final du morceau titre qui monte en crescendo pour finir quasiment sur du Mastodon black).

Inter Arma réussit à concrétiser avec brio les espoirs placés en lui, même si l’on regrettera quand même de ne pas voir « Wailing Moon » figurer dans la tracklist, notamment en fin d’album, car cela aurait permis de casser un peu le côté monolithique de la deuxième moitié du disque. Pour peu qu’on apprécie les musiques bien lourdes et à la condition d’adhérer au parti-pris du groupe consistant à voir s’entrechoquer plusieurs styles (ce que certains ne manqueront pas d’interpréter comme un manque d’affirmation claire de l’identité du groupe), il sera difficile de passer à côté de cet excellent Sky Burial en 2013.

http://www.youtube.com/watch?v=4CTkSvE9doM

Tracklist :
1. The Survival Fires
2. The Long Road Home (Iron Gate)
3. The Long Road Home
4. Destroyer
5. ’sblood
6. Westward
7. Love Absolute
8. Sky Burial

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 864 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. Polaton says:

    Ca envoie grave du pâté. Surtout la chanson postée dans la chro…

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