Metallica – Master of Puppets

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Style: ThrashAnnee de sortie: 1986Label: Elektra RecordsProducteur: Metallica, Flemming Rasmussen

 

Une bombe lâchée du Building Metallica !

ME-TA-LLI-CA..voici autant de syllabes que le nombre de personnes composant le groupe ; les Four Horsemen. Metallica c’est des dizaines et des dizaines de millions d’albums vendus à travers le monde, connus, reconnus également dans le monde entier. Là où le groupe passe en concert c’est SOLD OUT assuré. Il faut remonter aux années 60 et un autre « Four », cette fois-ci les Fab Four de Liverpool pour voir autant d’engouement (fan, notoriété publique, affluence aux concerts, disques vendus,..) autour d’un groupe. (sans omettre les Stones et quelques combos à groupies)

Metallica c’est avant tout une marque de fabrique, un nom, une machine de guerre, que ce soit scénique, albumique ou encore avec un cash-flow on ne peut plus excédentaire. Pourquoi un groupe comme Metallica est mondialement plus connu qu’un Megadeth, qu’un Judas Priest, qu’un Slayer ou encore qu’un Anthrax ? (bien que tous ces groupes jouissent d’une grande notoriété)
La réponse se trouve peut-être dans la diffusion, l’accroche musicale plus facile d’accès que les autres groupes, la personnalité des membres, le jeu de scène,..que sais-je encore. Car pour parler de la qualité, les autres membres du Big 4 + Judas Priest n’ont rien à lui envier ! Ce n’est pas la qualité qui font leur différence. Peut-être bien la distribution, la promotion, les passages radios, télé, etc…et peut-être bien aussi le tissage des chansons elles-mêmes. Comme je le disais plus haut, Metallica a cela de différent la structure-même de ses compositions. Des riffs connus de tous, des paroles assez facilement assimilables, et puis la machine de la notoriété est en marche. Réussir à fédérer la masse (même ceux qui ne sont pas avertis sur le genre « metal » de façon générale, sans parler de heavy ou de thrash-metal) autour d’un groupe qui sort du gros, du très gros son.
CAR, réussir à se donner une notoriété mondiale (et pas seulement pour les metalleux) au début des années 80 quand on est un groupe de thrash-metal, eh ben c’est pas donné à tout le monde. Qu’on adore ou qu’on déteste ce groupe, Metallica c’est des tubes en veux-tu en voilà, ce sont des soli dantesques de Kirk Hammett, c’est des gamins qui, en 1982, étaient boutonneux au possible (hein, James ?!) mais qui se sont aussi imposés car on leur a donné la possibilité malgré le talent indéniable de se produire dans des stades hors-norme, de traverser le globe avec de gros moyens, de créer le mythe Metallica, comme une estampe floquée GENUINE METAL. On a diffusé l’image Metallica à tout bout de champs, vendu la bête comme on vend du bétail au marché, on a vendu une image. Et ça a fonctionné, et pas qu’un peu !

Master Of Puppets est une pièce de choix dans la discographie de Metallica, une pièce importante dans l’histoire du thrash. Après un Ride The Lightning de toute beauté, Metallica était bien évidemment attendu au tournant. Difficile de retourner en studio après une claque monumentale assénée par l’album à la chaise électrique, de pondre à nouveau des compos comme celles du précédent opus, des bombes à fragmentation immédiate. Et pourtant ! Et pourtant ils l’ont fait. Master Of Puppets est elle aussi une bombe lâchée en pleine nature. Deux faces, 4 titres chacune. 8 bombes atomiques. Un Battery qui ouvre le bal avec sa guitare acoustique..et puis après c’est le chaos ! Après une minute, le groupe sort les voiles et l’artillerie lourde. L’attaque est lancée cette fois. Un peu comme une course de vélos où il y a le départ fictif et le départ officiel après quelques kilomètres. Ben là c’est pareil. On fait « mine de » pendant une minute puis après on lâche les chevaux fous, prêts à tout péter sur leur passage. Le solo de Hammett est magnifique et d’une vitesse folle, à peine imaginable. La batterie justement, parlons-en, puisque c’est le titre de la chanson. Elle se devait de bien figurer sur ce titre, c’était la moindre des choses. Lars Ulrich attaque les fûts comme un mort de faim, le rythme est soutenu et jamais il ne relâche la pression. On enchaîne sur le titre éponyme de l’album. Master of Puppets et ses 8’38, ce qui en fait la chanson la plus longue de la galette. Là encore tout le monde donne sa patte au morceau, même si je trouve que la basse est trop en retrait, mais bon. Et puis sbiiiim vers 3’30 on calme le jeu et on s’adonne à quelques entrelacs de guitares histoire de refaire monter la sauce et préparer le terrain pour sieur Hammett. Les joutes reprennent par un solo démoniaque deux minutes plus tard, 4500 notes à la seconde, une broutille de maîtrise(s) plus tard, on se dit que la partie de cartes n’est pas terminée et on en remet une « petite » couche, façon de fignoler le travail et d’enterrer les espoirs de futurs metalleux en herbe qui voudraient un jour percer dans le métier.

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Après deux chansons et près de 14 minutes d’intense défoulement, on passe à « La chose qui ne devrait pas être ». Pourtant cette « chose » est bien présente. Elle démarre doucement, lentement mais avec conviction la bougresse, comme pour mieux vous saisir et vous dévorer. The Thing That Should Not Be tisse sa toile via des breaks de batterie et Hetfield qui chante avec détermination, ça se sent, ça s’entend. Hammett rentre dans la danse peu après la moitié de la chanson pour distiller un solo servi avec des notes empoisonnées, c’est court mais c’est drôlement efficace et foutrement technique ! Là vos oreilles se sont habituées au son de l’album, mais la suite c’est un séjour au sanatorium. Y a mieux comme programme. Ecoutez les paroles c’est pas la joie dans la tronche du type qui est atteint ! Je trouve que la chanson est magnifiquement construite, une des meilleures du genre. Vraiment. Deux parties distinctes. La 1ère serait la folie exposée et la 2nde la folie exprimée, criée, celle qui doit sortir de ce « insane brain ». Welcome Home (Sanitarium) est selon moi une des chansons majeures du groupe. Disposable Heroes prend le relais de cette folie pour débuter la face B. Y a pire comme face B..
Le rythme de la chanson est sans doute le plus effréné de l’album. Rares sont les breaks. La plupart du temps, les guitares et la batterie vont à un rythme de dragster. Une chanson extrêmement complexe techniquement, aux césures incessantes, le solo j’en parle même pas ! Vas te la reprendre en cover cette chanson mec et j’te paie une caisse de champagne ! Et puis cette fin quoi, cette fin de pure folie..! Bref, vous l’aurez compris, Disposable Heroes envoie sévère dans les bronches. Sortez couverts, armure et tout le tralala avant de l’écouter..
Leper Messiah prend la torche brûlante entre ses mains et doit la conduire sur l’Olympe sans la laisser tomber, ouille ouille les doigts. Sûr qu’après de telles chansons, enchaîner là-dessus, c’est comme vouloir jouer un match de basket juste après Jordan quoi, ben t’oses pas trop,..tu veux pas te taper la honte face à 18000 spectateurs. Leper Messiah passe après les meilleurs et c’est dur de se frayer un chemin tant la forêt est jonchée de dangers. Mais le messie ne fait pas pâle figure, il se débrouille plutôt bien même. Le rythme est enlevé, un démarrage en trombe, la guitare lâche encore une fois son venin, la batterie suit la machine. Les rouages sont huilés.

Et là, ô surprise un instrumental de près de 8 minutes 30..fallait oser moi je dis ! A coté le Eruption de Eddie Van Halen est une blague ! Je provoque un peu..mais Orion est un instru qui sort de cette démonstration purement technique. Il évoque quelque chose, une histoire, un voyage. Orion crée un un spectre sonore, une ambiance et une atmosphère si particulières que beaucoup s’y sont cassé les dents. Beaucoup y voient « juste » un instrumental inutile et l’épine de l’album. A contrario, je trouve qu’il en fait sa force (je l’aurais perso placé en début d’album, comme pour annoncer le voyage auquel l’auditeur allait avoir affaire par la suite. Bref.). Je disais donc que Orion était un instru fort inspiré et tripant à souhait. A sa moitié on croit que tout est fini, qu’on va finir sur un fade-out tout pourri mais non..Les guitares nous entraînent dans un espèce de dédale symphonique, je serais tenté de dire dans une féerie, dans les étoiles bien entendu..avec Orion (pas la Ford, c’était plus fort que moi désolé !)..avec en toile de fond une basse veloutée qui valse avec la guitare de Hammett, c’est beau, c’est simple mais tellement balèze ! La dernière minute c’est la descente de l’espace vers la Terre ferme et des guitares qui font office de chute. Damage Inc. finit ce par quoi le groupe avait commencé ; un pattern proche de Battery, bouclant ainsi la boucle.

Effectivement, après avoir écouté Master Of Puppets, les dommages sont collatéraux. Vous prenez une sacrée mandale dans les écoutilles. 8 chansons gonflées à l’hélium pur. 8 pistes sacrément efficaces et boostées à la nitroglycérine, quelques grenades dans les poches histoire de bien finir le travail.

Quand vous avez écouté Master Of Puppets, quand vous avez bien adopté et intégré toutes les pépites qui le composent, inutile d’aller voir la suite de la discographie de Metallica. En un album, ils viennent de mettre le pendules à l’heure, du moins de leur côté. Le reste n’est que détail. Futilité.

Une bombe a explosé en plein ciel du metal en cette année 1986..

1.   Battery
2.   Master of Puppets
3.   The Thing That Should Not Be
4.   Welcome Home (Sanitarium)
5.   Disposable Heroes
6.   Leper Messiah
7.   Orion
8.   Damage, Inc.

Chroniqueur

Elie

Chat le jour, hibou la nuit.

Blakkat a écrit 2 articles sur Eklektik.

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4 Commentaires

  1. SagresMetal says:

    il est difficile de choisir son album préféré de Metallica tant en foncion de l’humeur du jour je puisse changer un peu d’avis… mais celui-ci 90% des jours est mon preféré.

    Un disque à avoir dans toute collection!

  2. Julien says:

    TOUS les titres sont des grosses bombes (contrairement à RTL qui souffre de la présence de titres comme Escape ou Trapped under ice)

    Leur meilleur album… après KEA !

    • Blakkat says:

      Je te trouve dur avec RTL et Trapped Under Ice.
      En ce qui concerne KEA, on ne peut pas le ranger dans la même catégorie (bien que je considère ce premier opus comme une tuerie de thrash). Avec MOP la maturité est atteinte et le groupe nous délivre enfin des compos hyper carrées, soignées, une qualité générale inégalée selon moi dans le monde du thrash/speed.

  3. ego says:

    Bien que goûtant très peu Metallica (j’ai toujours été dans le camp « adverse » avec GNR ou Megadeth), je dois admettre que cet album est le seul de leur discographie que j’écoute sans déplaisir malgré l’horripilante voix de James (dit le mec qui vénère la voix de canard de Megadave). Une sacré ambiance avec en tête effectivement « Welcome home » et l’éponyme qui me restent pas mal dans l’oreille.

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