Pryapisme – Hyperblast Super Collider

3 Commentaires      2 122
Style: Objet Musical Non IdentifiéAnnee de sortie: 2013Label: Apathia Records

Trois années se sont écoulées après la sortie de l’excellent Rococo Holocaust avant que le label français Apathia Records signe Pryapisme pour la sortie de leur nouvel album sobrement intitulé Hyperblast Super Collider. Juste retour des choses pour ce projet au talent avéré.

Avant tout, je tiens à vous prévenir que je risque d’être un poil chiant durant cette chronique. En effet je pourrais abuser de superlatifs en tout genre et tenter de faire mumuse avec le griffu au poil soyeux mais que nenni. Il m’est tout simplement impossible d’honorer Hyperblast Super Collider avec une chronique de ce nom. J’essaierai de faire simple, promis.

La nouvelle offrande de Pryapisme s’ouvre sur « Un druide est giboyeux lorsqu’il se prend pour un neutrino » tonitruant. Aucun répit dès les premières secondes, l’univers tissé par les auvergnats auparavant est intact sauf qu’il s’est pris une dose de testostérone au passage. Le décollage est direct, les assauts rythmiques (guitare et batterie) sont multiples et nerveux, les tonalités sont clairement plus metal. Première impression : « qui a laissé son vieux Mammouth Bison 2 sous mon plumard ? ». Sans cesse en progression, ce premier morceau est monstrueusement bon sous toutes les coutures, je suis d’ailleurs incapable de vous citer un break qui m’a particulièrement botté. Ils sont tous savamment utilisés et c’est clairement le luxe des compositions de Pryapisme.

L’hommage aux musiques 8-bit de notre jeunesse via les claviers et différents effets électro du premier titre se retrouve exposé dans le carnaval Freak Show intemporel qu’est « Boudin blanc et blanc boudin » : les présentations sont faites mesdames et messieurs. Bienvenue à bord du premier Roller Coaster théâtral jamais conçu. Maintenant place à la démonstration. Et ça commence par un « Random Jean Vigo » plutôt démentiel. Les Space Invaders se mettent au nucléaire dès 0’16’’ pour une avalanche jouissive blast-beat/claviers qui laisse rapidement place à une atmosphère me rappelant une nouvelle fois Arcturus (« Nightmare Heaven »). Ce n’est pas la reprise à 2’00’’ qui me fera penser l’inverse. L’apothéose revient à l’outro dont l’approche presque black (palm-mutting agressif) est servie par des pointes de lumière via la guitare lead et autres glitchs en veux-tu en voilà.

Pryapisme

« La notion de chiralité de spin et d’oscillation de saveur des particules supersymétriques définissant un champs scalaire lors d’une transition de conifold en cosmologie branaire dans un modèle ekpyrotique ». BSOD. Les influences jazzy du premier album marquent l’entrée du morceau, véritable moment épique de l’album. Les 8 minutes durant lesquelles Pryapisme utilise cette palette musicale éclectique avec aisance et surtout cohérence sont à tomber. La vitrine est électro, tribale et dubstep à la fois (vers la 5ème minute), classique, metal, cinématographique (la montée en puissance dès la 6’00’’ ferait pâlir n’importe quel gus à corpsepaint) et l’exploitation qui en est faite est sublime. « Lesbian Bordello » s’annonce alors comme le dernier jet inversé sauce heavy-funk de ce tour de montagnes russes multicolores. On en a plein les mirettes avant d’aborder la deuxième partie de l’album.

« J’ai envie de te claquer » se présente en deux actes : le premier sonne Rococo Holocaust pour son revêtement feutré, les samples en plus, et un second dès 4’18’’plutôt dansant mais plus que pêchu dans la lignée des premiers morceaux. « Cochenille, membrane et volcanologie » reprend un filon free-jazz percutant totalement infecté par les machines et ces guitares en aller-retour. A ce stade de l’opus, ce genre d’enchaînement paraît tellement normal qu’on ne réalise plus vraiment à quel point cela est maîtrisé. « Jon-bon-jon-boutros-boutros-boutros-bovi-miou-miou » nous le rappelle alors cordialement, c’est au niveau 35 que nos oreilles ont upgradé en 40 minutes de son, on enchaîne les combos sur fond de drum n’bass en agitant frénétiquement la tête, langue pendante comme un demeuré.

Et puis merde, je me retrouve en manque d’arguments pour ce final grandiose. Ils font chier ces Pryapisme. « Je suis venu, j’ai vu, j’ai sangouinu » condense tout ce que j’ai pu dire dans cette chronique. Le point de non-retour c’est une belle connerie à côté de Pryapisme. Ici on a droit à une totale somme toute assez visuelle. Orchestration flambante dès 2’14’’ tel un rituel qui sonne le glas, ouverture dantesque non sans rappeler les arrangements d’un certain Blood Inside d’Ulver et feu d’artifice salvateur.

« Vous reprendrez bien un peu de dessert ? »

Moussorgski à la sauce Pryapisme ça donne une conclusion chauvelue, forcément. L’absorption est parfaite et l’interprétation imparable afin de conclure un album original et soigné à bien des niveaux (composition, production). Avec Hyperblast Super Collider, Pryapisme devrait faire parler un petit moment et si vous n’avez pas encore tenté l’aventure, foncez ! Notre Felis Catus préféré dispose désormais de tout le sisal dont il a besoin pour s’exprimer à la face du monde entier.

http://www.youtube.com/watch?v=Rim-m4Wtcqo

Tracklist:

1- Un druide est giboyeux lorsqu’il se prend pour un neutrino (6:18)
2- Boudin blanc et blanc boudin (4:17)
3- Random Jean Vigo (4:47)
4- La notion de chiralité de spin et d’oscillation de saveur des particules supersymétriques définissant un champs scalaire lors d’une transition de conifold en cosmologie branaire dans un modèle ekpyrotique (8:31)
5- Lesbian bordello (1:47)
6- J’ai envie de te claquer (7:03)
7- Cochenille, membrane et volcanologie (4:26)
8- Jon-bon-jon-boutros-boutros-boutros-bovi-miou-miou (2:23)
9- Je suis venu, j’ai vu, j’ai sangouinu (5:57)
10- Une nuit sur le Mont-Chauvelu (8:48)

www.apathiarecords.com

www.facebook.com/pryapisme

pryapisme.bandcamp.com/

Du meme groupe

Groupes cités dans la chronique

Vous pourriez aussi apprécier

3 Commentaires

  1. krakoukass krakoukass says:

    ça claque et le clip est canon. Commandé!

  2. Modern Zeuhl says:

    Je ne peux qu’abonder dans le sens de cette chronique, que je m’apprêtais à écrire moi-même (dans un autre style, mais avec la même inspiration dithyrambique) avant d’apprendre directement d’Apathia Records qu’un autre gus du site s’en chargeait déjà.

    Cet album claque, et ce avec mille fois plus de splendeur que Rococo Holocaust, qui avait déjà pas mal d’arguments pour lui. Un must-have pur et dur.

  3. xerocitizen says:

    Le fan de Disco Volante dedans ma tête avait déjà bien apprécié l’album au chat gris pas cool, et là c’est toujours aussi bon!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *