The Ocean – Pelagial

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Style: Oceanic Post MetalAnnee de sortie: 2013Label: Metal BladeProducteur: Jens Bogren

Il a finalement fallu l’accepter. Difficile au début venant d’un groupe qu’on aime autant que The Ocean, mais c’était ça ou renoncer définitivement à suivre le groupe – ce qui était d’ailleurs une option tout à fait envisageable, qui se profilait de plus en plus me concernant.

Mais le déclic a eu lieu, et aujourd’hui je suis finalement capable de prendre et d’apprécier le groupe berlinois pour ce qu’il est depuis 3 albums : une sorte de The Ocean 2.0. Car le groupe a changé. Depuis Heliocentric, sur le plan vocal d’abord -dimension essentielle chez ce groupe depuis Fluxion– en se dotant d’un chanteur (que j’avais trouvé mauvais à la sortie d’Heliocentric, et je maintiens que le chant sur cet album est horrible) qu’on attend davantage dans le registre clair et chanté, que dans les vociférations rageuses d’antant, et en adoucissant quand même son propos, sans renoncer pour autant à quelques éclats de rage fugaces.

Dans ce nouveau registre donc, si Heliocentric reste à mon avis un album raté,  Anthropocentric en revanche m’avait vraiment rassuré. Pour autant je dois dire que l’excitation qui précèdait les sorties de la bande à Robin Staps, a quelque peu disparu. La preuve avec ce nouvel album, Pelagial, et cette chronique qui arrive plusieurs jours après la sortie, là où elle arrivait auparavant directement le jour J ou même quelques jours avant.

J’ai commencé par écouter distraitement la version instrumentale de l’album il y a quelques semaines (la seule version qui avait alors leaké sur le net), en y trouvant qu’un intérêt finalement bien modéré.

Sans grand enthousiasme j’ai finalement jeté une oreille sur la version « avec vocaux » maintenant disponible un peu partout. Et comme avec Anthropocentric, ma première réaction est la même : il me faut toujours un moment pour me faire à cette voix, la voix de Loïc Rossetti. Je n’ai rien contre lui, mais décidément, cela me surprend toujours d’entendre cette voix associée à la musique du groupe. Pourtant, je suis sur le point de me réconcilier avec ce cher Loïc, car même si je pense que je préfèrerai toujours les vocaux de Fluxion (première version), Aeolian et Precambrian, je trouve enfin la voix de Rossetti, maîtrisée et en accord avec la musique de Robin Staps.

Staps, qui nous a cette fois composé rien de moins qu’une sorte d’odyssée post-métal sous-marine, aux titres toujours scientifiquement connotés (et pénibles à écrire!) au concept océanique et même abyssal puisque les profondeurs évoquées ici dépassent largement celles pouvant être atteintes par un Jacques Mayol en meilleure forme que le vrai. Dès le démarrage on est donc accueilli par des sons marins, et un piano, le tout commençant dans une très jolie légèreté de bon aloi. La musique se « metallise » petit à petit, et Rossetti démarre avec son chant le plus clair, avant de pousser quelques grognements assez réussis.

Encore une fois le travail de composition de Staps est impressionnant, et si l’ambiance oscille toujours entre post-rock et post-hardcore métallique, on constate avec satisfaction que le groupe ne commet pas l’erreur de s’essayer à nouveau au registre de la ballade (qu’on retrouvait à deux reprises sur Heliocentric) et se concentre sur ce qu’il sait faire le mieux : balancer des mélodies sublimes (voir par exemple « Abyssopelagic I: Boundless Vasts ») et alterner avec des passages bien musclés (point de meilleur exemple dans ce registre que ce « Bathyalpelagic III: Disequillibrated » qui entre d’office au panthéon des meilleurs morceaux composés par le groupe). Comme il le fait depuis ses débuts, le groupe a toujours recours à des orchestrations travaillées, avec du piano, des violons, et autres, et le résultat est toujours aussi agréable.

Composé comme un seul et long titre, l’album se découpe en réalité plutôt bien en 6 ou 7 parties, comme en attestent les titres, et même si l’on peut facilement faire abstraction du concept océanique pas indispensable, on ressent assez bien l’idée d’une plongée dans les abysses, qui devient au fur et à mesure de la progression de plus en plus sombre et inquiétante pour se terminer dans une lourdeur pesante sur « Benthic: The Origin of Our Wishes ».

La prestation vocale de Rossetti est pour le coup tout à fait remarquable, et fonctionne ici parfaitement, elle est même sans aucun doute plus adaptée à la musique proposée en 2013 par le combo berlinois, que ne l’auraient été celles des Meta (dont je continue pourtant à regretter la puissance et la férocité), et autres invités hargneux présents sur Aeolian et  Precambrian.

Mais l’idée qu’elle est bonne retenue par le groupe, consiste à nous proposer deux versions de l’album, sur deux disques différents : la première avec les vocaux de Rossetti, et la deuxième entièrement instrumentale. Preuve absolue de ma réconciliation avec Rossetti et sa voix particulière, je préfère assez nettement la version avec chant, et n’écoute finalement quasiment pas la version instrumentale qui peut pourtant se suffire à elle-même. Il semble d’ailleurs que Pelagial ait été écrit et pensé initialement par Staps en version instrumentale. Le groupe est-il conscient que le chant de Rossetti ne fait pas encore l’unanimité? Pourtant cette fois, je me range clairement du côté des partisans et suis complètement sous le charme de ce très beau nouvel album, certainement l’oeuvre la plus aboutie de la mouture 2.0 du groupe!

Les nostalgiques d’Aeolian et du premier disque de Precambrian resteront probablement encore sur leur faim, alors que ceux qui apprécient davantage la subtilité de Fluxion ou du 2ème disque de Precambrian pourraient tout à fait replonger!

Tracklist :
1. Epipelagic
2. Mesopelagic: The Uncanny
3. Bathyalpelagic I: Impasses
4. Bathyalpelagic II: The Wish in Dreams
5. Bathyalpelagic III: Disequillibrated
6. Abyssopelagic I: Boundless Vasts
7. Abyssopelagic II: Signals of Anxiety
8. Hadopelagic I: Omen of the Deep
9. Hadopelagic II: Let Them Believe
10. Demersal: Cognitive Dissonance
11. Benthic: The Origin of Our Wishes

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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