The Ruins of Beverast – Blood Vaults – The Blazing Gospel of Heinrich Kramer

2 Commentaires      2 018
Style: Black metal atmosphériqueAnnee de sortie: 2013

Alexander Von Meilenwald ne déçoit jamais. C’est la leçon que ce dernier album tatoue dans vos tympans. Tête pensante et unique membre de The Ruins of Beverast, cela fait des années qu’il imprime sa patte perso dans le milieu à coup de nappes de guitares, de claviers bien sentis, de breaks de génie et de vocaux jouissifs.

Le présent hommage au Malleus Maleficarum d’Heinrich Kramer ne déroge pas à la règle. Dès le début du disque on reconnaît la voix caverneuse de Von M. et l’ambiance s’installe avec « Apologia » et « Daemon ». Petit clavier à connotation ecclésiastique et guitare aux accents doom sont de rigueur. Blood Vaults diffère de ses excellents prédécesseurs dans le fait qu’il est basé essentiellement sur la lourdeur et le côté recueillement dans le poisseux. Là où Foulest Semen of a Sheltered Elite était puissance guerrière, le dernier opus est procession insidieuse. La batterie est toujours tentaculaire et les guitares toujours hypnotiques, mais ici TROB ne verse pas dans l’épique. En effet, au delà de la métaphore évidente du titre et du thème typique de la sorcellerie, Blood Vaults est un album à consonance très féminine: production ample, composition millimétrée en petites touches et beaucoup de rondeurs dans les graves qui donnent un côté sensuel à la musique (sans parler du recours effectif à une voix féminine dans « Ordeal »).

Ainsi « Malefica » est un bijou de dépouillement au son presque aquatique qui vient alléger un peu la lourdeur pachydermique du début d’album. Voix de prêtre, textes en latin et échos possédés sont de mise avec une guitare d’une mélancolie rare. Mais ne vous inquiétez pas, le morceau nous replonge rapidement dans l’ambiance lourde et glauque car ce Blood Vaults ne vous laissera jamais voir la lumière que de loin.

L’album est construit tour à tour comme une messe ou comme un exorcisme. Ne vous laissez pas berner par les sirènes de l’orgue enchanteur car la voix du démon n’est jamais bien loin. Le milieu d’album repose sur deux morceaux avoisinant les 15 minutes qui révèlent bien la quintessence monolithique de l’album et mettent en valeur le travail vocal extraordinaire. Après l’ordalie par la croix ou épreuve de force du début d’album et l’ordalie par l’eau de « Malefica », « A Failed Exorcism » se fait sabbat et on entend le feu crépiter dans les fûts tandis que la voix se révèle invocatrice. L’heure du jugement vient avec les chœurs célestes de « Trial » qu’on suit jusqu’à un « Ordeal » très charnel dont les incursions de voix féminines sont pertinentes.  La fin plus « pêchue » du morceau guide l’auditeur vers un « Monument » final tout en toucher et puissance sous-jacente.

En bref, ne vous attendez pas à du gros black qui tâche, on reste dans la directe lignée du black à la TROB.  Von M. nous livre donc ici un album homogène, ensorcelant par ses ambiances et très bien construit sur un tempo lent et lourd. Le travail minutieux du projet allemand fait une fois de plus ses preuves en accouchant d’un véritable monument à la sorcellerie qui arrive à peindre de réels paysages auditifs aussi atmosphériques que cauchemardesques. « Blood Vaults, c’est le mal ».

Tracklist:

1.  Apologia (2:22)
2.  Daemon (8:56)
3.  Malefica (10:23)
4.  Ornaments on Malice (8:14)
5.  Spires, The Wailing City (13:15)
6.  A Failed Exorcism (15:32)
7.  Trial (3:43)
8.  Ordeal (3:47)
9.  Monument (12:05)

Chroniqueur

Ennoia

Amatrice de chats, de zombies, de littérature, de black metal en particulier et surtout de musique en général.

Ennoia a écrit 34 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. darkantisthene says:

    moyennement convaincu par cette sortie, les ambiances sont certes bien travaillées mais il n’y a pas le petit coup de rein qui donne envie d’y revenir très régulièrement. A voir sur la longueur

  2. Nocturnalpriest says:

    J’ai juste envie de dire que c’est un travail d’orfèvre. Un fin d’album un micro-poil en-dessous du démarrage que je trouve tonitruant (dans le jouissif, pas dans la puissance, on est d’accord). Bref, totalement conquis par ce nouvel opus qui est un véritable moment de recueillement à savourer religieusement !

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