Battle Dagorath – Cursed storm of ages

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Style: black metalAnnee de sortie: 2013Label: De Tenebrarum Principio

Les fêtes de fin d’année approchent avec leurs lots de mièvreries. Parmi elles, le second volet de la trilogie « Bilbo le Hobbit » dont on peut imaginer qu’il sera aussi insipide que le premier. Pour autant, il ne faut pas désespérer de l’univers de Tolkien car nombreux sont les amateurs à s’en inspirer pour délivrer une musique glaciale, épique et noire. Les Américains de Battle Dagorath ne sont pas les plus inintéressants en la matière, loin s’en faut. A quelques lecteurs d’élite, ce nom n’est pas inconnu et là, la vérité, ça fait plaisir. Puisque, oui, en son temps, j’avais chroniqué le premier album Eternal Throne (2008). La qualité correcte de son successeur Ancient Wraith (2011) ne m’avait pas incité à me replonger corps et âme dans cette musique évoquant aussi bien les hautes cimes que les entrailles de la Terre. La cuvée 2013 fait à nouveau mouche, ce qui vous donne une seconde chance, si vous avez raté celle de 2008, de vous laisser séduire par leur black atmosphérique désenchanté.

Pour rappel (ou pour information), les références musicales de Battle Dagorath ne sont pas d’obscurs Scandinaves ou de putrides Canadiens mais bel et bien des Grecs et des Allemands, en l’occurrence Nocternity et Lunar Aurora. Au passage, que ce soit des Américains qui parviennent à rassembler ces « ennemis » de l’Europe actuelle ne manque pas de piquant (c’était la minute géopolitique de comptoir, merci à tous, patron la même, ce soir je reste ici, ma femme ne s’épile plus). Et ces Américains là ne manquent pas de couilles.

Car il faut quand même en avoir une bonne paire pour oser proposer près de 2h de musique exigeante. Quoi ? 2h alors qu’on ne compte que 9 titres ? Eh oui, vous avez encore une belle base en mathématiques, Cursed storm of ages n’est composé que de 9 titres. En  dehors de 3 instrumentaux (« The Tomb Lies Deep Beyond at the End of Time », « The Infinite Darkness Awaits » et « The Last Dying Winter »), tous les titres font plus de 10 minutes et avoisinent souvent les 13/14 minutes. Je vous vois donc venir, bande de frileux : l’ennui doit être inévitablement au rendez-vous. Raté. Au bout de quelques écoutes, chaque pièce trouve sa place, remplit son rôle avec justesse sans créer un sentiment de lassitude. Petite prouesse s’il en est.

Alors que la production colle parfaitement au genre pratiqué, les esprits chagrins pourraient regretter un jeu de batterie pas assez flamboyant ; personnellement, j’y vois plutôt une compréhensible confiance en la qualité de composition : les effets de manches (comme une utilisation excessive des cymbales par exemple) sont inutiles lorsque le songwritting est suffisamment solide pour tenir en haleine l’auditeur. Et c’est là la force de Battle Dagorath : la faculté d’évocation, ils savent nous porter hors de nous-mêmes. L’alternance des morceaux furieux et des passages ambient ou mélancoliques nous fait aussi bien voyager au pays des astres morts, dans les tréfonds de la désolation que parmi les terres dévastées par la chaos duquel surgira une force régénératrice.

Bien que la régularité et l’homogénéité de l’ensemble soient remarquables, il faut tout de même saluer en particulier le premier disque qui accueille en son sein le morceau de choix (plus de 15 minutes) qu’est « Processional Across Dreamed Landscapes ». Ce dernier justifie à lui seul l’acquisition de cet album ; c’est tout simplement superbe.

Si vous regrettez les adieux des ténors suscités et que vous ne cherchez même plus à savoir ce que fabriquent Mortuus Infradaemoni, ne cherchez pas plus loin les meilleurs représentants actuels du genre.

Site officiel

Tracklist :
1/The Tomb Lies Deep Beyond at the End of Time
2/Cloud, Shadow, Earth & Flesh
3/Processional Across Dreamed Landscapes
4/Macrocosmic Haunting Vision
5/The Infinite Darkness Awaits
6/Awakened by the Spell of the Wind
7/Interdimensional Passageway Between Worlds
8/Myth of the Cold Ghost Sea
9/The Last Dying Winter

 

 

 

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

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2 Commentaires

  1. Krakou says:

    Très bonne chronique qui fait envie! Je crois que je n’ai jamais écouté d’album de ce groupe, ça sera l’occasion de rattraper ça!

  2. ichimatsu says:

    Ah bah ça fait du bien un bon Black des fourrées. C’est bien speed, une prod très correct, un chant (cri !) d’outre-tombe bien craspec, un brin mélodieux. Moi ça me met en transe ce genre de ziq, très reposant au fond… on en redemande.

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