Sacrilegious Impalement – III-Lux Infera

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Style: black metalAnnee de sortie: 2013Label: Woodcut Records

Je ne connais pas suffisamment la Scandinavie (vu que je n’y ai jamais foutu les pieds – trop frileux) pour pouvoir deviner si mon prochain paragraphe va entrainer une guerre fratricide entre 2 de ses composantes ; je suis prêt à prendre le risque, malgré cette épée de Damoclès ou ce marteau de Thor, d’être au cœur d’un conflit sanglant car, après tout, le métier de chroniqueur (que je ne pratique pas vu que je ne suis pas payé pour essayer de vous faire prendre conscience qu’il existe des perles bien cachées) impose parfois un engagement mettant en péril un confort bourgeois durement acquis.

J’ai bien peur que, cette année, le salut du black metal « à la suédoise » soit à chercher du côté de la Finlande (c’est là que ça passe ou ça casse, le numéro de l’ONU n’est pas très loin du clavier). Je passe sur la qualité tout à fait relative du Watain The wild hunt (le groupe ne m’a de toute façon jamais vraiment emballé). En revanche, il convient d’évoquer avec un peu plus d’entrain celle du Valkyrja The antagonist’s fire puisque j’ai hésité quelques temps à mettre plutôt ce dernier en avant que III-Lux Infera. Une moins bonne résistance aux multiples écoutes aura eu toutefois raison de lui, c’est pourquoi il convient de s’attarder maintenant sur le 3ème album de Sacrilegious Impalement.

Les plus fidèles et les hypermnésiques se rappellent que j’avais porté à leur connaissance l’existence de ce groupe à l’occasion de la sortie de leur premier EP en 2007 (Sacrilegious impalement). Depuis lors, le groupe a moins chômé que moi puisque, en 2008, c’est un 2ème EP qui débarque (World in ashes) suivi en 2009 et en 2011 par un premier et un 2ème album (respectivement Cultus nex et II Exalted spectres). Les milieux autorisés n’ayant pas vraiment porté aux nues ces sorties, j’ai mis le groupe de côté sans toutefois le jeter aux oubliettes. L’année 2013 devrait leur permettre de jouer des coudes pour se réserver une place de choix au premier rang.

La concurrence en matière de black étant très rude, c’est presque une qualité en soi que d’être encore là après 7 ans d’existence et avec une actualité discographique régulière. On peut donc présupposer que les types ne s’adonnent pas à ce style uniquement parce que le maquillage et le sang de porc sont moins chers dans les pays du Nord. La passion est là. Et le boulot aussi. Les types ont sacrément bossé pour atteindre ce niveau d’écriture. On est désormais loin des débuts. Bien que les titres soient aisément mémorisables (tour de force en la matière), le propos est plus complexe, les atmosphères sont peaufinées.

La variété et l’exécution irréprochable sont indéniablement les atouts de cet album. La sauvagerie de Scars for the scarred ones faisant penser à un Black Magic (Slayer) dépucelé par Urgehal est par exemple immédiatement suivie par For sins of the pigs évoquant un Secrets of the moon lacéré par l’âme torturée de Shining. Ce For sins laisse d’ailleurs au nouveau chanteur Wrathprayer tout le soin de prouver que c’est une sacrée bonne recrue qui ne freinera sûrement pas l’ascension probable et souhaitable du groupe. La voix est puissante et habitée comme il se doit, alliant vociférations infâmes et déclamations incantatoires.

Avec III – Lux infera, Sacrilegious Impalement semblent avoir tout compris. Le riffing et les tempos, groovy ou endiablés, sont toujours vicieux ; vous serez donc mignons de prendre vos dispositions avant l’écoute, entre autres insanités, du Craftien Behead the Infants of god qui vous donnera immanquablement envie d’éjaculer du sang sur les excréments de votre belle-sœur pendue par les pouces.

A ceux qui s’empresseront de s’écrier que « ça a déjà été fait », il n’est pas difficile de rétorquer que ça a rarement été aussi bien fait. Un album jouissif, incontournable cette année, qui déverse un torrent haineux empreint de noirceur mélodique.

Site officiel

 

1/Angel Graves

2/Down for Grim Lord

3/Scars for Scarred Ones

4/For Sins of the pigs

5/Through Punishing Gates

6/Behead the Infants of god

7/Regain the Dormant Realm

8/His Gift Embodied

9/Deliverance from Unknown

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. ichimatsu says:

    Vraiment bien ! Bonne voix black de pur jus, une très bonne rythmique, assez mélodique, une prod plus qu’honorable. C’est classique mais tellement bien réalisé qu’il serait dommage de passer à côté.

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