Terrolokaust – Spit the poison out

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Style: Electro indus rockAnnee de sortie: 2013Label: Deathwatch Asia

Pour ceux qui ne connaissent absolument pas Terrolokaust, leur découverte provoquera sans doute 2 surprises. La première a trait à leur origine :  ils sont espagnols ; la seconde réside dans le fait que, malgré un patronyme qui n’évoque pas les champs de petites fleurs fragiles, ils ne s’adonnent pas à de l’harsh EBM bas du front. Amateurs de sensations très fortes, passez donc votre chemin. Amateurs de bonne musique musclées, restez parmi nous. Sauf si vous êtes ibéricophobes.

Le monde de l’electro dark indus accueille en son sein depuis belles lurettes des groupes de culture hispanique, il n’est que de citer le vivier Mexicain : Hocico, C-Lekktor ou Amduscia. Il est plus rare que des groupes Espagnols dépassent le stade anecdotique. Ces considérations civilisationnelles ne nous amènent pas très loin et ne sont pas d’un intérêt indicible, je n’en disconviens pas. Accordez-moi tout de même qu’il y a un petit côté pittoresque qui titille un peu la curiosité. Non ? Bon ben passons à la musique alors.

La force de Spit the poison out c’est de ne pas lasser l’auditeur. Ça parait classique comme qualité, c’est une chose que je mets souvent en avant pour les groupes que j’affectionne mais là je n’ai pas d’autre choix que de le souligner et ce d’autant plus que, dans le genre, on a régulièrement affaire à 3 ou 4 tubes et puis s’en vont, le reste n’étant qu’une série de variations des mêmes tempos ou accords. Si, par exemple, « Trapped inside » est plus proche de Gary Numan que de Suicide Commando, l’obsédant « A release from this » donne quand même envie d’appeler une vieille personne au hasard pour lui dire tout le bien qu’on pense des différentes réformes nous obligeant à travailler jusqu’à 70 balais pour payer sa retraite qu’elle dépensera dans un PC portable qui ne lui servira qu’à regarder les photos de ces petits enfants sur facebook. Petits enfants probablement très moches (ça c’est ce que vous lui direz au deuxième appel après l’écoute de « Me niego »).

Les vocaux sont aussi efficaces dans le registre agressif (sans excès d’effets de saturation, excellent point pour ce qui me concerne) que dans les moments plus posés. Ils ont de plus un rôle réel en ce sens qu’ils proposent une véritable ligne mélodique contrairement à d’autres groupes où les vociférations n’ont pas plus d’intérêt qu’un grésillement continuel.

Je mettais en avant un peu plus haut le fait que Spit the poison out ne se contente pas d’envoyer la sauce sur une minorité de titres mais il ne faut pas en conclure pour autant que les tubes sont absents. Il vous suffira, par exemple, d’entonner le refrain tout en dentelle (à coup de « Go fuck yourself ») de « The way it must be » pour vous rendre compte que votre salon est trop encombré et qu’il convient de vous débarrasser de merdes qui trainent depuis des lustres (jouets du mouflet, machine à coudre de madame, boulards si vous êtes célibataire, mouflet et madame si vous voulez retourner aux boulards). Les plus éclectiques d’entre vous pourront même accompagner le chanteur dès la première écoute de « Falling away from me » pour la bonne et simple raison qu’il s’agit d’un titre de… Korn !

Le groupe avait déjà fait le coup en 2011 (God loves the violence) en reprenant « Just one fix » de Ministry. Bien que les liens étaient assez étroits entre le style des Espagnols et celui des Américains, il n’en restait pas moins que ç’avait été fait intelligemment. Le choix est cette fois d’autant plus impressionnant que ça fonctionne à merveille, Terrolokaust s’emparent vraiment de la musique de la bande à Jonathan Davis. Les puristes allumeront peut-être le bûcher ; personnellement, j’adhère totalement.

Si Faderhead avait sorti un album de la qualité de son prédécesseur (2012 – World of Faderhead), je pense que j’aurais eu du mal à les départager et peut-être que Terrolokaust auraient  été coiffés au poteau. FH4 n’a finalement pas eu suffisamment de patate pour terminer en aussi bonne place dans mon lecteur en 2013, je suis donc contraint de trouver un slogan conclusif à la con pour vous inciter fortement à acquérir cet album : malgré l’exhortation du titre, une fois le poison Terrolokaust injecté, vous aurez du mal à le recracher.

Ps : tâchez de vous procurer la version comprenant les remix indiqués ci-après, Sin DNA et Incubite ayant fait du très bon boulot.

Site officiel

 

Tracklist  :

01. The Poison
02. Pointless
03. Blood Starts To Leak
04. Reasons
05. The Way It Must Be
06. Scars That Never Heal
07. Reversing In Circles
08. A Release From This
09. Me Niego!
10. Dwindling Hope
11. Falling Away From Me
12. 8am (S. D. & M.)
13. Addicted
14. Trapped Inside
15. Reversing In Circles (Sin DNA Remix)
16. The Way It Must Be (Incubite Remix)
17. Reasons (Technolorgy Remix)

 

 

Chroniqueur

Darkantisthène

Il est né, il a chroniqué, il est mort, aurait pu dire Heidegger si... j'étais mort, si Heidegger était vivant et s'il s'était intéressé à ma prose autant qu'à celle d'Aristote. Et il n'aurait pas été à une connerie près le père Martin parce qu'avant de chroniquer, et après être né, figurez-vous que j'ai vécu ; et écouté de la musique.

darkantisthene a écrit 276 articles sur Eklektik.

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