Behemoth – The Satanist

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Style: Death black occulteAnnee de sortie: 2014Label: Nuclear BlastProducteur: Behemoth & Wojtek Wiesławski/Slawek Wiesławski/Daniel Bergstrand

Quelle moelle s’est donc fait greffer Nergal(1)? La réponse tient dans ce nouvel album. Il semble que ce soit celle du Diable en personne. Car pour toucher du doigt la perfection à ce point, il faut avoir pactisé avec le grand cornu en personne. Vous l’aurez probablement compris en lisant ces quelques lignes, Behemoth vient de nous offrir un album en tous points remarquable.

Pour un album qui aurait pu ne jamais voir le jour, Behemoth livre en cette année 2014, un disque qui a tout simplement le potentiel pour devenir une future référence. Au premier abord dense et étouffant, il se révèle ensuite être d’une clarté redoutable. Je dois avouer que je n’ai pas réussi à aller au bout de la première écoute. La densité de l’album m’a forcé à m’y replonger de manière plus morcelée, en écoutant chaque titre individuellement, et pas forcément dans l’ordre prévu. C’est en pratiquant ainsi que j’ai réussi, in fine, à l’écouter de A à Z, et à l’apprivoiser. Aujourd’hui, il ne me viendrait plus à l’esprit de l’écouter autrement que d’une traite.

behemoth

The Satanist est une évolution notoire de la musique de Behemoth. En incorporant à son death metal des éléments symphoniques, ainsi qu’en revenant, sur certains aspects, à ses racines black metal, le résultat a de quoi dérouter. D’autant, que globalement, le rythme a ralenti et que cet album comporte de nombreux mid-tempos très atmosphériques. Même si, fondamentalement, au travers de deux titres bien rentre-dedans dont le groupe a le secret (« Furor Divinus » et « Amen »), ils nous montrent qu’ils n’ont pas changé tant que ça. Ils ont juste travaillé autour de leurs titres, de façon à créer des ambiances différentes. L’ambiance justement. Parlons en. Rarement Behemoth aura développé de tels climax noirs et occultes. Tout le long de l’album, on flotte dans un brouillard poisseux et sulfureux qui donne l’impression d’être en apnée constamment.

Je le disais, une des nouveautés est une intégration plus prégnante d’éléments symphoniques. Je rassure tout le monde, Behemoth n’est pas devenu Septic Flesh. Non, les orchestrations ne prennent pas toute la place au détriment des compositions, comme ont pu le faire les grecs (et pourtant Dieu seul sait à quel point je les admire). Au contraire elles restent en arrière plan, se faisant discrètes, mais indispensables.

La production, et le mastering, auxquels ont participé un collectif de producteurs renommés (Daniel Bergstrand, Matt Hyde, Ted Jensen, entre autres) est splendide. La basse (vous commencez à me connaître, c’est un peu mon instrument chouchou) est admirablement bien mixée. Très audible sans être surexposée, elle participe à l’atmosphère particulière qui règne sur le disque. C’est un vrai pur plaisir de l’entendre ronfler en arrière plan. Les guitares ont retrouvé quant à elles un grain plus proche du black metal. Nergal est égal à lui-même, aboyant et hurlant ses textes à qui veut l’entendre.

Chaque titre ayant sa propre force et sa propre personnalité, il ne reviendrait à rien de tous les citer, tant ils méritent tous de l’être (même « Blow your trumpets Gabriel », qui pris individuellement semble faible, mais remis dans son contexte constitue une formidable ouverture d’album). Cependant, à titre personnel, je ressortirai tout de même « The Satanist », « Ben Sahar »,  et surtout « In the Absence Ov Light », et « O Father O Satan O Sun », ces deux derniers étant carrément sublimes.

Avec The Satanist, Behemoth inscrit une superbe nouvelle ligne dans sa discographie, mais surtout vient d’accoucher d’un disque fascinant. Si, au premier abord, il semble difficile d’accès, il se révèle très vite passionnant. Les polonais viennent de frapper un grand coup, en se positionnant comme les premiers candidats sérieux au titre d’album de l’année 2014.

(1) Pour ceux qui débarquent, Adam « Nergal » Darski souffrait d’une leucémie et a été sauvé grâce à une greffe de moelle osseuse.

Tracklist :
1. Blow Your Trumpets Gabriel
2. Furor Divinus
3. Messe Noire
4. Ora Pro Nobis Lucifer
5. Amen
6. The Satanist
7. Ben Sahar
8. In the Absence ov Light
9. O Father O Satan O Sun!

Chroniqueur

Kane

Amateur de metal depuis plus de 20 ans, sans style de prédilection particulier (quoique grand amateur de doom, death & black). Mes plaisirs extra-metalliques vont vers l'indus, l'électro, le trip hop, et le rock en général.

Kane a écrit 28 articles sur Eklektik.

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2 Commentaires

  1. krakoukass krakoukass says:

    Bien foutu certes, mais je n’arrive pas à m’enthousiasmer plus que ça personnellement, les titres défilent et je m’ennuie. Peut-être que ce n’est pas ce que j’ai envie d’écouter en ce moment, je réessaierai dans quelques semaines pour voir.

  2. Angrom angrom says:

    Une belle découverte pour ma part pour moi qui ne m’était pour l’instant qu’intéressé de loin à ce groupe. Du coup j’ai hâte de les voir sur scène !

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