Uboa – Jouissance

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Style: experimental noise/sludge avec quelques touches de post-punkAnnee de sortie: 2013Label: autoproduction

Uboa est un projet solo monté par un inconnu australien s’appelant « X » proposant sa musique à prix libre sur Bandcamp. Dit comme ça, ça n’engage pas vraiment à aller écouter, et pourtant son indéfinissable et flippant artwork incite vraiment à appuyer sur « play ». Puis bon, qui refuserait une Jouissance gratuite ?

Jouissance est la seconde production d’Uboa et elle se distingue franchement de Sometimes Light (aussi dispo librement sur Bandcamp). Plus expérimental (l’ami X a ajouté quelques bruits de bidon métallique, de perceuse et même des carillons de ferraille) mais aussi plus barré, cet album à la personnalité singulière est une sacrée expérience à vivre !

Sakura débute les hostilités, les vraies ! 1 minute 38 d’un grind noisy enrobé d’une ambiance horrifique, une entame proche d’un Today is the Day comme parfaite mise en bouche avant Hair, Skin, Nails et son intro sludge. Les vocaux stridents et arrachés font leur retour dans un esprit pas si éloigné de The Body. Cependant arrive ensuite un surprenant passage en voix claire (enfin dans le lointain), ce qui fait qu’on arrive enfin à capter les paroles et là tu te dis qu’il n’y a pas que musicalement qu’Uboa fait peur: « hair, skin, nails, veins, bile, semen, ovum, womb, rectum, teeth, vagina, anus, colon, phallus, eye, lymph node, spine, heart, brain and no body », soit une sympathique leçon d’anatomie qui donne envie de se replonger dans Il était une fois la vie.

Après ça le bien nommé I Will Choke You Until You Like It démarre lourdement à la manière de Black Sheep Wall, les percussions et les distorsions en option. Une fête à la dissonance qui se calme en seconde partie de morceau avec le retour du chant clair qui, doublé à la voix hurlée, donne une connotation plus lancinante à la musique d’Uboa. Confirmation ensuite avec Become Meat qui joue sur cette dualité vocale (chacune son tour cette fois) sur une rythmique plus posée.

I Am Taking All Of You With Me laisse ensuite la part belle au chant clair. Le voile noise est toujours là, il enveloppe ce morceau mais c’est plus volontiers du côté du post-punk qu’on lorgne avec cet aspect mélancolique très Have A Nice Life, une atmosphère qui était prédominante sur Sometimes Light. On aurait pensé une fin d’album plus calme mais la peur va faire son retour. Les 13 minutes de Jouissance (bonne perf’) la jouent plus progressif, un peu comme si le sludge et ses potes le drone et l’indus étaient partis faire un tour à l’asile en tapant sur les bidons d’Einstürzende Neubauten comme des forcenés (mais à la fin le sludge y est resté, les deux autres foutent le bordel quand même). Enfin Avalon enfonce le clou en moins de trois minutes, tel un écho à Sakura avec du grind blasté et saturé ponctué de quelques breaks, et ce au milieu, comme d’habitude, d’une atmosphère malfaisante au possible…

Jouissance est un album à l’image de son artwork: effroyable et intriguant. C’est avec un plaisir malsain qu’écoute après écoute on se laisse immerger puis on adhère à cet univers vicié. Il y a fort à parier qu’on entendra parler d’Uboa prochainement. Chaudement recommandé aux amateurs de sensations fortes !

  1. Sakura
  2. Hair, Skin, Nails
  3. I Will Choke You Until You Like It
  4. Become Meat
  5. I Am Taking All Of You With Me
  6. Jouissance
  7. Avalon

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