Ephel Duath – Hemmed By Light, Shaped By Darkness

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Style: metal sombre avant gardisteAnnee de sortie: 2013Label: Agonia Records

Ephel Duath peut être considéré comme le projet solo du guitariste italien David Tiso, qui compose la musique et chapeaute le groupe de A à Z. Dans tout ce qu’il a enregistré sous ce nom et par divers formations, ce dernier témoigne d’un jeu de guitare particulièrement travaillé, complexe, dissonant. Sa musique d’abord inspirée par le black metal (celui d’Emperor surtout), devint rapidement une sorte de metal prog extreme jazzy à partir de The Painter’s Pallet, qui reste leur meilleur album, pour continuer depuis 10 ans sur cette voie avant-gardiste, le jeu de guitare reconnaissable entre mille de Tiso en étant toujours le pilier.

ephel-duathAprès Pain Necessary to Know en 2005, le parcours de Tiso est chaotique pendant 8 ans, il se sépare de ses musiciens, part aux Etats-Unis, semble se chercher, sort un album solo assez anecdotique, repart de zéro avec de nouveaux musiciens régulièrement. Plus récemment, Tiso se marie avec Karyn Crisis, la chanteuse d’un obscur groupe new yorkais, phénomène rasta punk au chant particulier, arraché, rauque à la limite du growl mais surtout assez faux. J’avais écouté le dernier album de Crisis, Like a Sheep Led to Slaughter, datant de 2004, ils proposaient un metal/hardcore/sludge bizarre, avec quelques fulgurances, original mais maladroit qui n’aura guère marqué son temps.

Ça a son importance car Karyn Crisis est la chanteuse sur ce dernier album d’Ephel Duath, qui porte donc grandement sa patte vocale, avec en bande son les progressions mélodiques dissonantes et saturées d’un guitariste toujours au sommet de l’inventivité. Si et album n’est pas forcément aussi expérimental que les précédents albums du groupe, il n’en est pas moins imbitable, il faut déchiffrer ces longues litanies qui tournent malheureusement à l’ennuyeux un peu trop souvent.

On a affaire à 8 compos cohérentes, les sonorités changent peu, on navigue toujours dans les mêmes eaux troubles, mid-tempo, et Crisis nous inflige d’éternels râles hypnotiques de sorcière. Pour autant difficile de totalement rejeter cet album qu’il me plait à réécouter de temps en temps. Il y a des moments de pur génie, certains riffs de « Feathers Under My Skin » ou le morceau titre et ses passages post-rock de toute beauté, et il faut dire que Tiso s’est entouré de musiciens exceptionnels, pas moins que Steve DiGiorgio, illustre bassiste de la scène death technique américaine et Marco Minnemann (dernièrement batteur de Steven Wilson et Joe Satriani, un temps dans Necrophagist) qui apportent une épaisseur à l’ensemble. Un album qui laisse une impression entre inachevé, vanité et sublime, une déception mais en faisant un peu d’efforts on peut espérer voir le charme opérer et plonger dans cette abîme bizarre.

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

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