Helms Alee – Sleepwalking Sailors

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Style: Heavy rock Annee de sortie: 2014Label: Sargent House

Un gars, deux filles, un son de mammouth (ce son de guitare omg), et un putain de talent à revendre.  On aurait pu craindre que Helms Alee soit le groupe d’un seul album (Night Terror) après la déception causée par le bien trop dispersé Weatherhead. Ce nouvel album, qu’on n’attendait pas vraiment du coup, vient heureusement remettre les pendules à l’heure. Ce groupe est grand ! Et Sleepwalking Sailors est de très loin leur meilleur album.

Déjà la pochette. Une autre gueule que la pochette criarde et japano-geek de Weatherhead. Mais surtout la cohérence de la musique, l’équilibre parfait entre l’agressivité et la mélodie, le yin et le yang, le wasabi et la sauce de soja. A l’image de ce « Pinniped » assez parfait… mélodique en diable mais quand même malmené par la voix d’ours mal léché de Ben Verellen, guitariste chanteur, proprement inimitable. Ou « Heavy Worm Burden » qui commence tout gentiment, presque comme une comptine, avant que l’orage ne s’abatte sur nous.

Mais l’oncle Ben ne serait rien sans la bassiste Dana James qui lui répond régulièrement de son timbre subrosesque (qui évoque Subrosa quoi) qui contrebalance parfaitement la colère de Ben, ni sans le tricotage de baguettes que nous propose Hozoji Matheson-Margullis (quel talent!), laquelle participe pour la première fois également aux vocaux féminins. Cette association de 3 voix est juste géniale, il fallait y penser et trouver cette alchimie parfaite, sur laquelle reposent désormais nombre de morceaux du groupe sans qu’aucun ne prenne réellement l’ascendant (bon allez Ben est quand même légèrement prédominant, mais il passe parfois vraiment le relais aux filles et assure alors davantage les choeurs comme sur « Fetus. Carcass. »). Du reste pour que le panel de voix soit réellement complet et comme si on en avait pas encore assez, le père Ben se risque aussi parfois à utiliser sa voix claire, étonnamment fragile mais juste (comme sur « Dangling Modifiers » dont le potentiel émotionnel n’en finit pas de nous sauter à la gueule). Mais notre génial trio de Seattle sait aussi la fermer, la preuve avec le long démarrage de « Slow Beef », tout atmosphérique, avant que les voix viennent s’installer, épaulées par une guitare en tapping et un jeu de batterie toujours foutrement impressionnant et virevoltant, que vient compléter un clavier discret mais fondamental. Ce morceau aurait fait une parfaite conclusion d’album tant il se termine dans une apothéose jouissive, mais le groupe en a décidé autrement nous offrant encore 2 autres morceaux avant de raccrocher le manche après 40 minutes environ.

L’album est remarquablement cohérent, homogène, et bougrement efficace tant la plupart des morceaux font figure de hits irresistibles. Exit aussi les quelques longueurs malvenues, les morceaux sont directs, concis, conçus pour faire mouche, en mode « take no prisoners ».

Moins joyeux, moins estival que Torche, mais beaucoup plus appliqué, beaucoup plus régulier sur la longueur, et tout aussi doué pour balancer des hits heavy rock, Helms Alee s’impose vraiment comme un grand groupe avec ce superbe Sleepwalking Sailors.

Je n’ose pas imaginer le massacre s’ils avaient eu la bonne idée de mettre « No Dot » sur l’album…

Tracklist :
1. Pleasure Center (03:04)
2. Tumescence (02:46)
3. Pinniped (04:34)
4. Dangling Modifiers (03:17)
5. Heavy Worm Burden (03:34)
6. Crystal Gale (01:34)
7. New West (04:29)
8. Fetus. Carcass. (03:44)
9. Slow Beef (04:59)
10. Animatronic Bionic (02:00)
11. Dodge The Lightning (04:48)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. Marbaf says:

    C’est bon ça, merci pour la n+1ième découverte :-)

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