Enabler – La Fin Absolue du Monde

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Style: Crust Annee de sortie: 2014Label: Creator-Destructor & Earsplit CompoundProducteur: Jeff Lohrber & Enabler

Si certains fous furieux avaient été refroidis par All Hail the Void (et surtout la production beaucoup plus « propre » que celle des sorties précédentes), je suis heureux de les rassurer : non les américains ne se sont pas calmés du tout (comme le titre le laisse clairement penser d’ailleurs), ils ont même légèrement rétropédalé par rapport à leur (par ailleurs excellent) album de 2012 revenant à un son plus cru, remettant au premier plan leur attitude et leur amour pour le crust. Difficile en effet de rater le t-shirt Tragedy qu’arbore Jeff Lohrber, leader et hurleur du groupe, sur les photos promo. Lequel Lohrber a largement communiqué en interview sur son regret d’avoir donné un son aussi propre à All Hail the Void, influencé qu’il était par le guitariste d’alors Greg Thomas qui a signé la production de cet album paru chez Southern Lord. 

Exit d’ailleurs Southern Lord et retour au bercail, le nouvel album paraissant chez Creator-Destructor (qui a sorti Year One) et Earsplint Compound. A noter aussi plusieurs changements de line-up dans l’intervalle (3 batteurs différents usés -dont le fameux batteur de Fall Out Boy qui tenait les baguettes sur All Hail the Void– avant d’intégrer le petit nouveau Ryan Steigerwald batteur de The Ox King et Ringworm, et deux guitaristes arrivés / repartis avant que le poste de guitariste soit finalement entièrement et seulement dévolu à Jeff), le groupe officiant désormais sous la forme d’un trio (Ryan Steigerwald à la batterie donc, Amanda Daniels à la basse, présente depuis plusieurs années maintenant, et Jeff Lohrber donc, fondateur du groupe). Mais croyez-moi, ils font toujours autant de bruit et Jeff (qui écrit toujours l’intégralité des morceaux depuis le début de l’aventure Enabler) a manifestement conservé intacte sa hargne et sa rage des débuts.

enabler- promoLa variété est peut-être davantage de mise : les titres furieux et décoiffants (comme « Prey » en écoute ci-dessous) en cotoyant d’autres un peu plus contrastés ou mesurés (comme l’excellent « Sickened by the Wake » qui figurait déjà sur l’EP Flies sorti l’an passé), les deux facettes du groupe se mariant aussi à l’occasion (l’excellent « Consequence » qui conclut l’album ou l’explosif « Felony » qu’on ne voit pas venir et nous saute brutalement à la gorge).  Globalement quand même l’album reste très très rentre-dedans, on n’est pas là pour rigoler, 14 titres exécutés en 36 minutes, ça va vite, très vite, la plupart des titres tournant autour des 2 minutes au compteur.

Dans les nouveautés on remarquera qu’Amanda Daniels s’essaye au chant sur les refrains de « Balance of Terror », l’un des rares moments (avec « Sickened by the Wake » donc) pas trop extrêmes de l’album. Disons le clairement : ça fonctionne moyennement, son chant semi-fragile/semi-faux se prêtant assez bien au côté planant du refrain, mais le résultat n’est pas terriblement concluant pour autant. On espère donc que ce gallop d’essai ne se pérénisera pas à l’avenir. Parce que ce qu’on aime, c’est le chant toujours aussi implacable et radical de Jeff, et pour ça on est servi sur La Fin Absolue du Monde. On n’est pas près d’entendre la moindre trace de voix claire (masculine) chez Enabler si vous voulez mon avis.

Parlons un peu du son car comme on l’évoquait en préambule, il se caractérise cette fois par une production beaucoup plus crue que sur leur précédent album : bizarrement j’avais moi-même trouvé la production de All Hail the Void trop propre, mais j’ai pourtant eu un peu de mal à me faire à ce nouveau son plus crade qui me semblait de prime abord affadir les compositions, et les rendre parfois brouillonnes. Et clairement je pense toujours que le son de cet album n’est pas complètement réussi, pas aussi réussi que les deux albums précédents du groupe (Year One, modèle de production crade, All Hail, modèle de production plus propre). Néanmoins on finit par s’y habituer et l’on peut alors se concentrer sur la qualité des compositions de ce nouvel album, qui est bien au rendez-vous heureusement pour l’essentiel de l’album.

En deux mots comme en cent, Enabler signe encore très bon un album brutal très recommandable pour les amateurs d’une certaine idée du crust qui ne se cantonne pas à l’approche d-beat classique notamment. Dommage donc pour la production moyenne, et pour la pochette vraiment moche (que vient donc foutre Wolverine sur une pochette d’Enabler bordel ??) en plus d’être assez peu représentative du contenu de l’album!

Tracklist :
1. Close My Eyes
2. New Life
3. Neglect
4. I’ve Got A Bad Feeling About This
5. Information Overload
6. Balance of Terror
7. World Sterilization
8. The Exiles
9. Prey
10. Sickened By The Wake
11. Rain Darkness
12. Felony
13. Linear Existence
14. Consequence

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 870 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. beunz beunz says:

    Je rejoins ton avis. Ce genre de son plus crust leur sied bien mieux que celui de l’album précédent. Un enchainement de morceaux puissants et accrocheurs mais peut-être un poil trop étiré en longueur (14 titres ça fait beaucoup !). Un très bon cru tout de même, ce groupe ne m’a jamais déçu.

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