Wovenhand – Refractory Obdurate

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Style: Rock Folk Annee de sortie: 2014Label: Glitterhouse / Deathwish

Pour ce nouvel album, David Eugene Edwards a embauché, s’adjoignant les services de deux anciens du groupe de post-hardcore atypique Planes Mistaken for Stars. D’ores et déjà considéré comme l’album le plus rock de Wovenhand, il a la particularité d’être signé chez Glitterhouse (comme d’habitude) pour l’Europe, et chez Deathwish (le label de Jacob Bannon de Converge) pour la distribution américaine. Que vaut donc ce nouveau cru après un The Laughing Stalk qui avait peiné à convaincre complètement mais dont les écoutes successives avaient tout de même permis de déceler de réelles qualités malheureusement un peu mises à mal par certains titres assez quelconques ?

Autant le dire tout de suite, Refractory Obdurate n’est pas révolutionnaire, et si vous suivez les aventures de DEE depuis 16 Horsepower ou Wovenhand, il y a peu de chances que vous soyez complètement décontenancés.

Moins shamanique/mystique (malgré un final un peu dans ce ton avec « El-Bow » et sa batterie tribale et sa basse ronronnante) que l’excellent The Threshingfloor qui reste encore à l’heure actuelle mon favori, Refractory Obdurate montre en effet une facette plus rock de DEE (dans le prolongement des titres les plus enlevés du précédent album en fait), ce qui se caractérise par la plus grande présence de la guitare électrique et par quelques emportements et accès de nervosité qui restent toutefois modérés. L’album s’ouvre en effet avec un « Corsicana Clip » tout à fait classique, qui aurait pu être tiré de n’importe quel album du maître, s’il n’y avait ce final psychédélique assez atypique, qui rappelle un peu ce que proposaient les Black Angels sur leur premier album. Autre exemple avec le final nerveux et bien jouissif de « Masonic Youth » peut-être l’accélération la plus franche et nerveuse jamais proposée par DEE, ou sur « Field of Hedon » et « Hiss » aux tempos bien rapides également. Ce dernier proposant d’ailleurs une attaque de guitare qui m’a rappelé (dans ses sonorités) le Killing Joke de l’excellent Hosannas.

DEE semble avoir décidé d’orienter son nouvel album sur des contrées plus directes et efficaces que ce qu’il nous servait sur The Laughing Stalk qui comportait quelques errances et longueurs inappropriées. Voir par exemple « Good Shepherd » et sa rythmique entraînante, l’un des « tubes » de l’album, assez irresistible à la vérité, même si le plus contemplatif et répétitif « Obdurate Obscura » pourrait aussi bien me faire mentir (titre le plus faible de l’album).

En plus de cette facette plus rock DEE sait aussi jouer sur la corde sensible, la mélancolie étant bien de la partie sur « The Refractory » ou « Salome », tous deux superbes et prenants de bout en bout.

Rien de révolutionnaire donc malgré des guitares électriques plus en avant et plus nombreuses, mais on n’en est pas moins séduit par l’ambiance et le côté toujours très western de la musique de DEE qui fait toujours voyager et continue de réconcilier country et musique rock pour le plaisir des amateurs.

DEE tourne quand même un peu en rond mais tant que la qualité reste là on ne s’en plaindra pas trop. Un peu de nouveauté serait quand même bienvenue pour la suite!

Tracklist :
01. Corsicana Clip
02. Masonic Youth
03. The Refractory
04. Good Shepherd
05. Salome
06. King David
07. Field of Hedon
08. Obdurate Obscura
09. Hiss
10. El-bow

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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