6:33 – Deadly Scenes

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Style: Circus Melting Pot MetalAnnee de sortie: 2014Label: Kaotoxin

Je l’admets, je ne m’étais pas franchement passionné pour les travaux de 6:33 jusqu’à présent, y compris alors que le groupe était associé à l’illustre Arno Ströbl pour ses deux précédentes sorties, Ströbl pour qui j’ai pourtant une sincère admiration (l’effet Carnival in Coal quoi). Il faut également reconnaître que le registre “circus” metal n’est plus franchement ma tasse de thé aujourd’hui. Oui mais voilà ce nouvel album des français mérite franchement quelques mots car il est vraiment très très bon.

Pour tout dire, avec ce Deadly Scenes 6:33 tutoie désormais à mon sens Devin Townsend, lui qui s’est d’ailleurs complètement planté en fin d’année dernière avec son désespérément insipide et plat double album que l’on pourrait résumer en ces quelques mots : beaucoup de bruit pour rien. La folie que le maître semble avoir perdue et sur laquelle 6:33 fonde depuis toujours sa musique, les français l’ont bien conservée, tout en y associant une maîtrise bien réelle et plus affirmée que jamais.

6:33 donc, livre avec ce Deadly Scenes un album très abouti, riche et fourmillant de détails. Conçu comme une sorte de concept album très théâtral, l’album est néanmoins complètement musical, et tout à fait écoutable par pièces puisque ce sont justement de vrais morceaux qui ont été composés (et non pas des merdes de comédies pénibles et anti-musicales comme Ziltoid 2!! Ok j’arrête j’arrête…) et qu’ils ont le bon goût d’être suffisamment variés et pas forcément tous orientés “circus”, “nawak” ou autres. Si “Black Widow” que vous pouvez découvrir ci-dessous est relativement classique et typique du style 6:33, il y a d’autres morceaux illustrant la variété choisie à raison par le groupe. Exemple avec “The Walking Fed” aux paroles certes un peu délirantes, mais aux tonalités sombres (qui pourraient évoquer des ambiances un peu vintage comme celle d’un “Mama” de Genesis) renforcées par des percussions… percutantes.

Mixant toujours le métal avec des passages ska, funk, pop, jazz, électro et j’en oublie, l’album est en définitive tellement mélangé qu’il est assez peu frondeur, même si quelques passages restent agressifs (“Lazy Boy” par exemple). Ce qui impressionne, c’est vraiment la richesse des sons, des arrangements et de enchaînements, les orchestrations fourmillantes (sax, piano, synthés, guitares acoustiques, sons électro…) qui nous en mettent plein les oreilles sans jamais gaver.

On pense à plein de groupes en écoutant Deadly Scenes, “Modus Operandi” par exemple m’a fait penser à du Leprous dans une ambiance (Tim) burtonienne, on croirait les choeurs au démarrage de “Hellalujah” sortis d’un album de Queen, et certains autres choeurs de “Ego Fandango” évoquent Between the Buried and Me ou même the Dissociatives alors que le plus aérien “Lazy Boy” évoque franchement le meilleur de Devin Townsend (c’était assez inévitable) après un passage surprenant mais tellement maîtrisé par un instrumental 100% guitares espagnoles (“Last Bullet for a Gold Rattle”). On pense à plein de groupes (on rajoutera Dog Fashion Disco, là aussi sans trop de surprises tant les registres sont proches) ou à plein de trucs donc, mais 6:33 a bien assimilé toutes ses influences pour les faire siennes, et le mélange est à la fois cohérent et parfaitement aéré et mis en forme pour passionner du début à la fin de Deadly Scenes.

La voix du chanteur Rorschach, rappelle sans surprise celle d’Arno Ströbl, mais aussi et peut-être surtout celle de Mike Patton (“Ego Fandango” par exemple ou les envolées bluffantes de “Black Widow”), et sa performance majoritairement en timbre clair est absolument remarquable. A noter qu’il est parfois secondé par un chant féminin discret et jamais pénible.

L’album se termine avec le morceau-titre fleuve, 13 minutes durant lesquelles 6:33 montre son savoir-faire après une intro très ziltoïdienne et délirante. J’avoue être moins client de certains délires que le groupe s’autorise sur ce type de long format, mais je chipote.

Et ce n’est pas ce chipotage qui m’empêchera d’affirmer que Deadly Scenes est au final une éclatante réussite, et le premier indispensable de 2015 pour ma part!

 Tracklist :
01. Hellalujah
02. Ego fandango
03. The walking fed
04. I’m a nerd
05. Modus operandi
06. Black widow
07. Last bullet for a gold rattle
08. Lazy boy
09. Deadly scenes

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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5 Commentaires

  1. Angrom angrom says:

    Je partage ton avis. Je pense que ça risque d’être mon premier achat de l’année

  2. Kane says:

    Coup de coeur de ce début d’année pour moi. Premier album de 6:33 que j’écoute et du coup je vais me pencher sur ce qui a été fait avant.

    D’habitude j’ai du mal avec le metal « baroque » qui part dans tous les sens, mais là on a de vraies chansons, de vraies constructions, et ça arrive à être varié mais cohérent.

  3. Angrom angrom says:

    @Kane : tu peux taper dans le EP avec Strobl il est fort bon aussi .

    Moi aussi j’ai du mal avec les fourre tout en général mais là ca marche , et foutrement bien. Je vais aller voir ça à Nantes en avril !

  4. cglaume says:

    Pour les autres indispensables de cette année, il faut maintenant aller écouter « You Are Waltari ! » – le dernier Waltari donc – et surtout « Dirtylicious », le dernier Dirty Shirt !

  5. dun23 says:

    C’est monstrueusement bon, merci pour la découverte! Et chose amusante, le précédent avec Strobl est excellent mais fait réaliser à quel point celui ci pue le chef d’œuvre.

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