Black Sheep Wall – I’m Going To Kill Myself

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Style: sludge zarbi à moitié à poilAnnee de sortie: 2015Label: Season Of Mist

Black Sheep Wall est de retour, les papas du terrible I Am God Songs (2008) redéboulent dans le game armés d’un nouvel album à la cover aussi loufoque que son titre. I’m Going To Kill Myself marque surtout un nouveau départ dans la carrière mouvementée du groupe: Trae Malone, surpuissant chanteur officiant aussi dans Noriega (RIP ?), est parti en laissant la place derrière le micro au bassiste Brandon Gillichbauer. Si le gaillard s’en tire plutôt bien vocalement (dans un registre totalement différent certes), difficile d’en dire autant en ce qui concerne l’inspiration de ses camarades…

En effet, alors qu’on avait l’habitude d’entendre Black Sheep Wall avec ses riffs d’éléphants ayant fait mumuse dans une gadoue gluante et lourde (c’était d’ailleurs aussi pas mal le cas sur No Matter Where It Ends, le second album – moins bon – du groupe), voilà la surprise de découvrir que cette intro noisy et ce cri (quasi screamo) aboutir sur… des notes en arpèges. On dirait que Black Sheep Wall a fait une cure chez Weight Watchers, tant vocalement qu’instrumentalement parlant, en tous cas ce The Wailing And The Gnashing And The Teeth surprend par son aspect trop calme, presque nu (l’intro laissant à penser à une arrivée fracassante des guitares accordées très bas… qu’il faudra malheureusement attendre un long moment). Ces (presque) dix minutes, bien que trainantes, conservent tout de même le côté malade du groupe californien, notamment lors de son explosif final.

Tetsuo The Dead Man voit revenir le genre de riffs grassouillets « traditionnels » chez Black Sheep Wall, cependant l’impact écrasant en moins. La première partie du morceau prend son temps puis les riffs semblent vouloir évoluer pour finalement rebrousser chemin et se remettre sur un schéma un poil trop répétitif (surtout que la durée atteint quasiment dix minutes une fois encore). Les nombreux bruits parasites (en début et surtout sur le final bruitiste) ainsi que cette voix criarde n’aident pas vraiment à s’immerger dans ce Black Sheep Wall nouvelle version. Ce sera un peu la même pour White Pig, certes lui aussi plus pesant, mais surtout très décousu avec ses passages chaotico-blastés, son sludge décharné et même un (long) passage planant avec de l’écho dans la voix… claire (!).

Enfin on en arrive à Metallica, pas le groupe mais un ultime titre de 33 minutes ! Décomposé en plusieurs parties distinctes entrecoupées de bidouillages sonores (notamment des samples de voix), ce titre conclusif la joue sur la répétition des structures (binaires qui tournent fatalement en rond) et même si le chanteur se démène, sa performance ne convainc pas vraiment (la bonne grosse voix rocailleuse de Malone faisait la différence). Bref, un morceau bien difficile à encaisser et qui aurait aisément pu être amputé de vingt bonnes minutes sans que cela ne choque.

Difficile de comprendre où veut vraiment en venir Black Sheep Wall tant l’expérience de l’écoute est déstabilisante. Certes, leur sludge(machin)core s’inscrit hors des clous de la majorité des groupes actuels du genre mais il manque cruellement un point d’accroche et surtout l’extrême pesanteur qui faisait l’identité du groupe à ses débuts pour maintenir l’attention de l’auditeur sur toute la durée de l’album. Une déception.

  1. The Wailing And The Gnashing And The Teeth
  2. Tetsuo The Dead Man
  3. White Pig
  4. Metallica

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