Interview – Yell Fest

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Annee de sortie: 2015

Interview d’Isa, cofondatrice du Yell Fest, réalisée par mail en février 2015.

 

1. Pouvez-vous présenter les créateurs du Yellfest et parler des motivations qui vous ont donné envie de créer un festival comme celui-ci ?

Le noyau dur du Yell Fest est Flo (Prototype records/ Stuntman) et Isa son binôme dans la vie, on peut aussi rajouter un paquet de noms de copains qui sont indispensables au projet. Ça faisait longtemps qu’on voulait organiser un petit festival entre amis, après quelques tentatives avortées, et pas mal d’années, le projet est revenu sur le tapis. Seb de Pord nous a trouvé l’endroit de rêve, on s’est lancé ! Notre motivation première est notre passion commune pour la musique extrême et notre implication pour faire perdurer cette scène. Le Yell Fest est né de ça, il se déroule chaque fin d’août en Lozère que tout le monde a rebaptisé le Mordor. Un weekend nature et violence.

 

2. Le Yell Fest se déroule dans un cadre atypique, quasiment au milieu de nulle part en Lozère. Vous n’avez rien trouvé plus à proximité des grandes villes ou vous vouliez juste ne pas avoir de souci par rapport au voisinage ?

Il y a plusieurs contraintes sur lesquelles ont on ne pouvait pas faire l’impasse : un endroit pour camper, un voisinage éloigné (ou compréhensif) et un lieu équipé pour accueillir un festival. On avait trouvé un endroit isolé proche de Montpellier, où il n’y avait pas d’eau et aucun équipement technique, du coup on a laissé tomber. Nous sommes obligés d’assuré un minimum de confort et un maximum de sécurité.

 

3. Vous êtes un festival 100% DIY. Comment arrivez-vous à gérer tout ce qui est matériel, nourriture/boissons, lieu et groupes pour un tel évènement, sans sponsor ou appui financier extérieur ?

Le premier Yell Fest a été financé par nos propres fonds, du prêt de matériel, des bénévoles ultras motivés, des groupes compréhensifs, et un public présent. Depuis le Yell Fest arrive à s’autofinancer grâce aux bénéfices des années précédentes. Comme nous sommes tous bénévoles, chacun prête ces compétences pour le weekend, des lighteux, des sondiers, des cuisiniers, des artistes, des runners, des barmen, des personnes à l’accueil, des bricoleurs… C’est vraiment cet esprit de solidarité qui fait qu’on se passe très bien de sponsors. Pour tout ce qui est logistique c’est un gros travail de préparation en amont, car nous apportons tout sur place, du catering, au bar en passant par tout ce qui est technique. Nous vivons à 2h30 de route alors il ne faut rien oublier à la maison.

 

4. Le Yell Fest va célébrer sa cinquième bougie l’été prochain. Comment se sont déroulées les quatre premières éditions ? Quelles ont été vos plus grandes satisfactions et déceptions ?

Les quatre premières éditions se sont dans l’ensemble très bien déroulées, la première nous a surpris par les fraîches températures de la Lozère. On était parti pour ne faire qu’une édition, puis la seconde est venue, puis la troisième, on avait dit bon une quatrième et puis stop… Finalement une cinquième. C’est assez inexplicable ce qui se passe au Yell Fest, c’est comme une alchimie entre le lieu, le public, les groupes et le staff. Nos plus grandes satisfactions sont la fidélité des bénévoles et du public, de voir tout le lien qui se tisse autour du Yell Fest entre les groupes et les personnes. Nos déceptions nous n’en avons pas vraiment, si on devait en citer une ça serait de n’avoir jamais avoir affiché complet.

 

5. Vous avez choisi un nom très proche de celui du Hellfest, est-ce que des spectateurs ayant confondu les deux festivals se sont déjà pointés ?

Je te rassure jamais personne ne s’est trompé. On avait une liste de nom celui-là a fait l’unanimité, « to yell » signifie hurler en anglais, ça allait bien avec le projet. La proximité avec le Hell Fest s’arrête là, nous sommes l’antithèse de ce festival, on a quand même eu la chance que leur graphiste officiel Mush, nous fasse l’affiche de la 3ème édition.

 

6. Maintenant que vous êtes rodés pour l’exercice, comment se passe la composition d’une affiche ? Et comment vous êtes-vous démerdés pour parvenir à débaucher des groupes anglais comme Art Of Burning Water ou Pariso ?

Pour la programmation chacun propose, et Flo choisit. Depuis le début on lui a fait confiance, il a ce don pour faire une affiche cohérente et mettre en avant des groupes parfois inconnus du public. Nous avons la chance d’avoir en France pas mal de labels qui produisent des supers groupes étrangers et qui nous les font découvrir. Pour en revenir à Art Of Burning Water je pense que ça a été pour nous et pas mal de monde la rencontre la plus magique du Yell Fest.

 

7. Est-ce que cette édition 2015 annonce des changements dans le fonctionnement du festival ? De nouveaux équipements ? Par ailleurs, pouvons-nous avoir déjà des noms qui seront sur l’affiche ?

On cherche toujours de nouvelles idées, surtout pour faire patienter le public le samedi avant le début des concerts. Pour la technique chaque année nous essayons d’être toujours plus performant, avoir un excellent son c’est l’une de nos priorités. L’an dernier nous avons eu la chance de compter parmi les bénévoles Dj Superbeatnik qui nous a fait un set soul funk rock qui soulage les oreilles en fin de soirée, nous allons donc réitérer l’expérience cette année. Pour la programmation on la garde secrète, car il arrive souvent que des groupes annulent, on ne veut pas faire de fausses joies. On annoncera les groupes au fur et à mesure d’ici quelques semaines, mais on peut déjà vous dire qu’il y aura des groupes anglais, italiens.

 

8. Le Yell Fest est d’obédience hardcore, noise voire grindcore, pensez-vous vous élargir à d’autres styles à l’avenir ?

On ne se ferme à rien, on fonctionne au coup de cœur, mais cela doit rester extrême. Nous savons que par exemple le post-hardcore ou le stoner ne le font pas, notre but n’est pas de mettre des groupes en difficulté devant un public non réceptif. Notre public réclame surtout de la violence.

 

9. Quel serait votre line-up rêvé pour le Yell Fest ?

En ne citant que les groupes qui existent encore et qui correspondraient le mieux au Yell Fest, l’affiche rêvée serait pour moi (Isa) : Coalesce, Agoraphobic Nosebleed, Napalm Death, Keelhaul, Bongzilla après Yattaï, Escarres
Pour Flo un peu pareil que moi en rajoutant Nails, Converge, Melt Banana, Floor, Eyehategod, Ken mode

 

10. Merci d’avoir répondu à mes questions, je vous laisse le mot de la fin.

Merci à toi pour cette interview, le 21 et 22 août rendez-vous en Lozère.

 

Voir aussi: le live-report de l’édition 2014

beunz

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