Tribulation – The Children Of The Night

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Style: Doom ProgressifAnnee de sortie: 2015Label: Century Media

Autant être honnête, je n’avais pas entendu parler du groupe suédois Tribulation avant la sortie de ce troisième album The Children Of The Night, sur le plus médiatique label Century Media, leurs deux précédents disques parus en 2009 et 2013 ayant été publiés sur des labels plus confidentiels, ceci expliquant peut être cela. Avec le recul, cela semble être une erreur, tant ce troisième effort du groupe suédois semble bien parti pour figurer en bonne place dans le traditionnel récapitulatif de fin d’année.

On aurait un peu trop vite fait d’assimiler Tribulation à leurs compatriotes de Ghost : même goût pour l’occulte, même propension à puiser leur inspiration dans les seventies et à offrir des titres bien troussés mêlant riffs de guitares accrocheurs et ambiances sombres soulignées par des claviers angoissants. On peut effectivement trouver quelques similitudes dans les démarches, mais là ou le groupe de Papa Emeritus et de ses nameless ghouls flirte souvent avec la pop ; ce n’est jamais le cas de Tribulation qui reste lui bien ancré dans des terres metalliques. Le groupe mêle habilement les influences de plusieurs chapelles métalliques : doom, heavy metal et progressif 70’s, le tout saupoudré de la voix death de Johannes Andersson ; organe éraillé et brut mais a l’élocution néanmoins très compréhensible et qui contribue pour une part importante aux ambiances ténébreuses distillées sur le disque.

On pourrait aussi rapprocher le groupe dans sa démarche de mêler ambiances occultes et progressif seventies d’un groupe comme (feu) The Devil’s Blood. Tout comme dans le projet de Selim Lemouchi, les guitares sont à l’honneur : Oh, n’attendez pas de la virtuosité à outrance, mais plutôt beaucoup de feeling que ce soit dans certains solos très bluesy, dans l’utilisation remarquable des arpèges pour créer des ambiances, dans quelques cavalcades ou parties doublées que ne renierait pas Iron Maiden, ou bien dans l’alliance des guitares avec des sons de claviers qu’on croirait parfois sortis de la bande originale d’un film d’épouvante.

Outre deux instrumentaux à l’ambiance doom et assez sombre ( « Själaflykt » et «  Cauda Pavonis ») l’album propose soit des titres doom théatraux sur lesquels on peut parfois penser à Candlemass, soit des titres plus heavy offrant des beaux morceaux de bravoure metallique (« Mélancholia »), le paraxysme de l’album étant atteint avec la doublette «  The Motherhood of God » / « Strains of Horror » – assurément le climax du disque – la montée en puissance sur le solo de ce dernier titre étant un modèle du genre.

N’allez toutefois pas croire que The Children Of The Night est une Marie-couche-toi-là, prompte à s’offrir après une ou deux écoutes, c’est clairement un disque assez sombre et complexe et qui nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur, mais le plaisir de découvrir le potentiel du disque au fur et à mesure des différentes écoutes n’en est que décuplé. Ne passez pas à coté de ce disque, vous pourriez le regretter.

Tracklist :
1. Strange Gateways Beckon
2. Melancholia
3. In the Dreams of the Dead
4. Winds
5. Själaflykt
6. The Motherhood of God
7. Strains of Horror
8. Holy Libations
9. Cauda Pavonis
10. Music From the Other

Angrom

Chroniqueur

Angrom

Comme pas mal de gens, c'est par mon paternel que me sont venues bon nombre de mes émotions musicales. Éclectique en diable, mon daron, m'initia à la musique classique et rock essentiellement. Beatles, Rolling Stones et Elton John essentiellement furent parmi les premiers artistes à retenir mon attention. Imaginez ma stupeur quand un ami se présenta un jour chez moi avec des disques d'un groupe anglais, arborant une mascotte qui a l'époque m'avait paru horrible, mais me fascinait. Il s'agissait bien sûr d'Iron Maiden, dont je devins assez vite fan, intégrant ainsi un peu de métal dans mes écoutes, qui, à l'époque, suivaient plutôt la mode du moment. Metallica, Megadeth, Iggy Pop vinrent compléter ma collection d'artistes un peu plus péchus. Arrivé en école d'ingénieurs, un voisin de palier, voyant quelques disques de métal dans ma (encore petite) discothèque, essaya de m'entraîner du "côté obscur". Bien lui en prit, rétrospectivement. À l'époque, en 1998, Angra était au top, et c'est par ce moyen qu'il réussit son coup, me faisant sombrer dans une période heavy-speed, dont je ne garde plus grand chose aujourd'hui (mis à part Edguy et les trois premiers Angra). Une fois le poisson ferré, il passa à la vitesse supérieure en me passant des disques de Dream Theater. Coup de cœur direct pour Images And Words, un peu plus de mal avec Awake, mais la sortie de Scenes From A Memory en 1999 et plusieurs petits détails contribuèrent à faire de ce groupe un de mes groupes favoris, ce qu'il est encore aujourd'hui (une vingtaine de concerts au compteur). Suivant le groupe et tous ces side-projects c'est par Transatlantic que je m'intéressai aux groupes de rock progressif : Spock's Beard, Marillion, The Flower Kings, puis les grands anciens : Yes, Genesis (je considère encore aujourd'hui la période d'or de Genesis comme un des trucs les plus géniaux qu'on ait jamais écrit en musique), Rush (mon groupe n°1), plus récemment King Crimson. Sorti de l'école, je rencontrai sur Rennes la troisième personne à l'origine de mes grands tournants musicaux. Mon troisième maître m'initia aux sonorités plus saturées du death metal et du thrash qui pousse. L'éducation ne se fit pas sans mal, mais j'ai actuellement une discothèque de métal extrême bien fournie, que j'apprécie énormément. .J'en profitai pour découvrir un des groupes français les plus novateurs : SUP. Ou j'en suis aujourd'hui ? Sans doute un mix de tout cela. J'ai succombé également aux sirènes du rock alternatif (Tool, The Mars Volta, Porcupine Tree, Dredg). Je conserve quelques bases heavy que je ne renie pas (Judas Priest, Ozzy Osbourne, Alice Cooper), et j'écoute beaucoup de métal progressif, si tant est qu'il s'éloigne de la technique pour la technique (Pain Of Salvation, par exemple). La trentaine a été également l’occasion de s’intéresser au Jazz, plutôt les classiques « hard bop », mais je ne crache pas sur une petite nouveauté à l’occasion. Je voue également un culte sans limites à Peter Gabriel et à Frank Zappa, hommes à la personnalité fascinante et musiciens expérimentateurs !

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