Heart of a Coward – Deliverance

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Style: Metal moderne aux atours djent et metalcoreAnnee de sortie: 2015Label: Century MediaProducteur: Justin Hill

Sur le papier Heart of a Coward a tout du groupe qui ne m’intéresse pas. La musique des anglais se situe en effet aux frontières du djent (avec des riffs meshuggesques typiques), du metalcore voire du deathcore, soit globalement les genres qui m’intéressent le moins sur la scène metal.

Sauf qu’à toute bonne règle ses exceptions… Et ce Deliverance s’est imposé à mes oreilles comme une petite bombe qui vient idéalement compenser mon manque d’intérêt et de conviction sur la durée à l’écoute du dernier Lamb of God ou des dernières offrandes de Unearth. Pas que les anglais officient à proprement parler dans le même registre, mais on retrouve chez eux ce talent pour l’accroche et cette composante « metal moderne » qui font de ces groupes des cousins pas si éloignés dans l’approche.

hoacCe qui m’a fait plonger dans l’univers d’Heart of a Coward, c’est tout simplement l’écoute (d’abord sans conviction) du single « Hollow », largement diffusé par le groupe plusieurs mois avant la sortie de Deliverance. Un titre absolument époustouflant, parfait dans son genre, avec un refrain non moins parfait, qui reste magnifiquement en tête et qui nous permet d’apprécier ce qui fait la qualité première de ce groupe : son chanteur. Jamie Graham, c’est son nom, échappé du groupe de thrash Sylosis, nous fait en effet profiter de la grande qualité et variété de son organe. Capable de balancer des voix « core » typiques, avant de passer en growl l’air de rien, il sait aussi et surtout envoyer des refrains en voix claire magnifiques, parfaitement mis en lumière et accompagnés par une très solide section rythmique. On est loin de la niaiserie de certains groupes proposant le format couplet violent / refrain mellow, il n’y a en effet pas de systématisme chez HOAC, puisque plusieurs titres ne contiennent pas de voix claire (la doublette « Turmoil » par exemple, qui se rapproche d’ailleurs parfois de Dagoba). Mais lorsque les voix claires sont au menu elles ne font pas de la figuration et subliment réellement les titres : que ce soit bien évidemment sur le fabuleux « Hollow » donc (hit de l’année), « Skeletal I – Mourning Repairs » ou sur la superbe doublette « Anti-Life/Grain of Sand », donnant aussi un petit côté mélancolique/triste bienvenu et parfaitement réussi. Cette mélancolie et cette ambiance que le groupe se donne la peine d’installer entre deux assauts djent, sont encore plus illustrés par des titres comme « Mouth of Madness » et la conclusion très atmosphérique (avec un démarrage piano-voix) de « Skeletal II – Arise ».

Aux riffs polyrythmiques meshuggesques typiques s’ajoutent évidemment les « gangshouts » non moins typiques du metalcore qu’on retrouve un peu partout sur l’album (« Turmoil II » par exemple ou « Anti-Life »), accompagnés des moshparts bien lourdes qui vont bien. Même si ce ne sont pas des éléments qui me font particulièrement vibrer ou m’intéressent habituellement, ils ne m’ont en rien empêché d’apprécier à sa juste valeur cet album.

10 titres, un peu plus de 46 minutes, l’affaire est bouclée et rien n’est à jeter sur ce superbe album de metal moderne (dommage quand même pour la pochette très sommaire et passe-partout qui n’est pas à la hauteur du contenu) produit par Justin Hill (compatriote chanteur de Sikth). Bien sûr comme souvent avec le genre précité, on n’y trouvera pas une profondeur et une durée de vie démentielles, mais on peut compter sur cet album pour revenir régulièrement dans les oreilles et je peux vous dire qu’il a une méchante tendance à squatter les ondes de façon insolente chez moi ces derniers temps…

Tracklist :
01. Hollow [4:17]
02. Miscreation [4:36]
03. Turmoil I: Wolves [4:15]
04. Turmoil II: The Weak Inherit The Earth [5:48]
05. Anti-Life [3:43]
06. A Grain Of Sand [4:00]
07. Mouth Of Madness [4:51]
08. Deliverance [5:01]
09. Skeletal I: Mourning Repairs [5:38]
10. Skeletal II: Arise [4:41]

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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