Grand Blanc – Mémoires Vives

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Style: coldwave dark / rock françaisAnnee de sortie: 2016Label: Entreprise

Il y a plusieurs mois de cela, au détour de pérégrinations nocturnes de blog en blog, je tombais sur le clip de « L’Homme Serpent » de Grand Blanc, et moi qui suis plutôt généralement allergique à tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la chanson française, je restais scotché à mon écran. La curiosité piquée, je découvrais l’EP du groupe, mais décidais d’attendre patiemment une sortie long format avant de voir si le groupe était capable de me captiver sur une plus longue durée. Vous l’avez compris, si vous lisez cet article aujourd’hui, c’est bel et bien le cas.

Après Entropia, et dans un registre radicalement différent, Mémoires Vives de Grand Blanc est donc mon deuxième gros coup de cœur de l’année. Il est aussi bien parti pour être mon album français de l’année.

Œuvrant donc dans ce qu’il faut bien appeler une sorte de cold wave, une musique synthétique et froide donc, les messins posent des textes (presque) parfaitement intelligibles qui peuvent rappeler Bashung (sur « Samedi la Nuit » en particulier), tout en jouant habilement sur l’alternance de vocaux masculins et féminins. Si les deux timbres ont cela de commun qu’ils ne respirent pas la joie de vivre, le timbre de Benoît (avec sa gueule un peu cassée à l’image de cette pochette flashy qui orne l’album) est sans doute le plus atypique des deux. S’il on peut aisément comprendre que sa voix particulière puisse rebuter voire même agir comme un répulsif à la musique du groupe, ce serait franchement dommage de se laisser arrêter et de ne pas faire l’effort de creuser pour découvrir la richesse et la virtuosité que ces français déploient en 13 titres (10 nouveaux titres et 3 repris d’anciens EP, dont les excellents « L’Homme Serpent » et « Samedi la Nuit »). D’autant que la jolie voix légèrement désabusée tout de même de Camille, est là pour contrebalancer et rétablir l’équilibre des forces.

Grand Blanc apparaît finalement comme une alternative plus « mainstream » à un Jessica 93, en moins « industriel », en plus « pop », mais en tout aussi froid. Cette froideur et le ton cynico-dépressif risquent peut-être d’éloigner le public d’une musique qui a pourtant beaucoup d’atouts pour le séduire (à quand Grand Blanc aux Victoires de la Musique ?).

Même si je sentais venir le gros coup avec cet album, la claque que j’ai reçue avec Mémoires Vives reste assez magistrale et l’album tourne en boucle depuis maintenant plusieurs semaines, la longévité dont il semble vouloir faire preuve étant particulièrement notable.

Vous l’avez compris… Album atypique et indispensable !

Tracklist :
1. Surprise Party (4:48)
2. Bosphore (3:59)
3. Disque sombre (3:56)
4. Tendresse (4:16)
5. Evidence (3:55)
6. Summer Summer (3:42)
7. Les abonnés absents (3:29)
8. Verticool (4:01)
9. Désert désir (3:23)
10. L’amour fou (4:53)
11. L’homme serpent (4:07)
12. Samedi la Nuit (3:58)
13. Montparnasse (5:00)

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 893 articles sur Eklektik.

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