Unru – Als Tier Ist Der Mensch Nichts

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Style: black metal Annee de sortie: 2016Label: Cargo Records/Sentient Ruin LaboratoriesProducteur: Role

Qui a dit qu’un album de black metal devait obligatoirement avoir sa cover pleine de squelettes avec un logo illisible sur fond de forêt ? Sans logo et hors de tout cliché, celle du dernier Unru pourrait être digne d’un projet d’arts plastiques de collégiens sur le thème du corps humain, mais en la regardant d’un peu plus près, celle-ci se révèle plutôt dérangeante, et au vu du son produit par les allemands, on peut dire qu’elle colle plutôt bien (comme la Uhu ayant servi à sa réalisation).

Passée l’intro bruitiste (faite de larsens, d’échos de voix chuchotées et de ferraille) de « Zerfall & Manifest », Unru se lance en effet dans un black metal à l’atmosphère crue et désespérée (avec prod un peu craspec de rigueur), mené par des vocaux mis au même niveau que le reste des instruments. Ces râles agonisants (parfois plus théâtraux) renforcent le malaise déjà installé par la cover et l’intro de ce titre, et vont de pair avec les riffs partant régulièrement dans les tremolos et les dissonances cracras. Du haut de ses 12 minutes 30, « Das Anna-Karenina-Prinzip » met les bouchées doubles, plus de variations de vitesse (la reprise blastée à mi-parcours est simplement incroyable tant les riffs sont épiques) pendant que l’atmosphère oppressante se développe davantage, toujours sur fond de ces cris à vous glacer le sang…

« Hédonée » poursuit le boulot au niveau de la saleté avec son intro noisy qui grésille et dégouline pendant plus de deux minutes, les vocaux growlés s’amènent ensuite et vont ne faire qu’un avec l’atmosphère rance installée au préalable. La qualité du grain audio accordée à ce titre colle parfaitement à l’ambiance dégagée, ça grince, ça suinte la douleur, ça dégage des relents nauséabonds dans lesquels on n’a pas d’autre choix que de se vautrer, comme alcoolisé par l’aura putrescente émanant de ces dix minutes. Étonnamment « Totemiker » clôt cet album par un morceau plus digeste, toujours crade et sous tension certes, mais plus proche d’une atmosphère « cascadienne » grâce à une approche davantage « émotionnelle », une autre facette du groupe qui ne dénote en rien avec le pouvoir d’opacité développé sur les trois autres titres de cet album.

Als Tier Ist Der Mensch Nichts (qui d’après google translate veut dire « L’animal n’est pas un homme », ou un truc du genre, j’ai fait LV2 espagnol désolé) est au final un album de black metal (mal)faisandé et glauque, une délicate expérience sonique qui fera vibrer vos enceintes et vriller vos oreilles, peut-être même vomir la bière tiède que vous veniez de vous descendre, car Unru peut dégoûter tant il fait mal et tant il schlingue le punk, le vrai, le cradingue défoncé au crack. Un album pas simple à appréhender mais à l’atmosphère unique.

  1. Zerfall & Manifest
  2. Das Anna-Karenina-Prinzip
  3. Hédonée
  4. Totemiker

Bandcamp

beunz
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