Live-report: Counterfeit/Tigress/Decade

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Style: rock/emo pour adosAnnee de sortie: 2017

Suite à la réception de Pleasantries, le second album de Decade dont vous pouvez lire la chronique ici, j’ai reçu une invitation pour leur concert pragois en compagnie de deux groupes totalement inconnus à mon bataillon: Counterfeit et Tigress. N’ayant pas eu beaucoup de temps libre avant ce concert, c’est presque à l’aveugle que je m’apprête à découvrir ces deux (apparemment) jeunes groupes anglais.

Une fois arrivé au Rock Café, je peux directement voir que je n’ai pas vraiment ma place ici. Le public doit avoir une moyenne d’âge d’environ 14/15 ans et très majoritairement féminin (accompagné de quelques parents quand même). Je peux aussi remarquer que le prix est assez conséquent (environ 20 euros), c’est que ces groupes doivent avoir une certaine notoriété (?).

Decade joue le premier devant un parterre déjà garni et très enthousiaste devant leur power-pop-rock jouée avec pas mal d’entrain. Seulement six morceaux (les plus énergiques issus du dernier album et un seul du premier) seront joués ce soir pour un peu plus de 20 minutes de temps de jeu. Oui, ça fait vraiment très peu mais bon. Dommage qu’ils n’aient pas joué plus longtemps mais on peut se dire qu’on aura pas eu le temps de s’ennuyer avec les titres trop calmes. En tous cas, le groupe possède la même efficacité que sur album et semble quand même ravi de recevoir un si bon accueil.

Un accueil tout aussi enthousiaste pour l’arrivée de Tigress, groupe de pop-punk anglais avec chanteuse. Si la musique de Decade peut sembler un peu naïve et calibrée, avec Tigress on passe à un niveau supérieur avec un simili-Paramore blindé de clichés de type B.O. de teen movie/Twilight avec lights bleutés et chanteuse qui n’arrête pas de demander au public de faire des vagues avec les bras de sa voix enfantine forcée. Je suis resté trois titres en espérant un changement mais non, sortons d’ici !

Counterfeit semble bénéficier d’un gros engouement chez les ados actuels, vu comment le merch se fait dévaliser. Après recherche, j’ai enfin compris pourquoi ! Le chanteur/guitariste du groupe est une « star » puisqu’il s’agit de Jamie Campbell Bower, chanteur, modèle et aussi acteur à ses heures perdues dans un Harry Potter et quelques épisodes de Twilight. Bref, on comprend mieux la faune du soir dans le public ! L’effervescence est palpable avant que le groupe n’apparaisse sur scène. La musique du groupe mélange punk rock, emo et passages plus rock’n roll, et attaque directement en jouant trois titres de suite sans un mot envers le public. Musicalement ça envoie mais il manque quelque chose pour convaincre, les mélodies tentant d’être accrocheuses mais demeurant trop convenues en dépit de quelques « bons passages ». Quand le frontman s’adresse enfin au public pour le remercier, on peut se rendre compte qu’il a l’insulte facile, nommant les gens « motherfuckers » comme un groupe provoc ayant de la bouteille (mais avec son kiri au bord des lèvres et la moyenne d’âge du public, il y a comme un décalage). Découvrant totalement la musique du groupe, on peut quand même se rendre compte du professionnalisme des membres de la session rythmique, jeune mais déjà plutôt carrée.

Cependant, la soirée va connaître un coup de théâtre inattendu: pour les besoins du « morceau calme de lover », le chanteur demande au public de se déplacer afin de former un cercle au milieu duquel il veut venir chanter ce titre. Sauf que le public ne réagit pas aux consignes du monsieur, sûrement que le niveau d’anglais des ados tchèques n’était pas terrible (?), ce qui l’agace sensiblement. Un agacement qui décuple lorsqu’il demande le silence TOTAL (!) pour commencer ce titre. Silence qui n’arrivera pas, si bien que les insultes fusent encore plus, couplées à des menaces de stopper le concert et de venir frapper les bruyants lui-même (la classe). Une scène surréaliste provoquant même quelques rires dans l’assemblée. Après quelques « shut the fuck up! » traduits par quelques filles du public, le titre sirupeux démarre (tout ce flan pour ça !), entonné directement par la majorité du pit (qui comprennent soudainement l’anglais, va comprendre…). Une scène WTF qui ne me donnera pas vraiment envie d’en voir plus. Je décide donc de vider les lieux alors qu’un nouveau titre bien mielleux prend la suite, allons plutôt profiter de quelques breuvages houblonnés avec une meilleure bande-son !

Bref, c’est ce qui s’appelle « prendre un coup de vieux ». J’ai beau être assez ouvert d’esprit, je suis heureux de ne pas avoir payé mon entrée pour assister à ce triste spectacle. Decade mériterait d’ouvrir pour des groupes beaucoup plus intéressants. Maintenant une question demeure en suspens: comment un groupe comme Counterfeit et son leader peuvent jouer les rockstars rebelles en méprisant autant leur public (surtout un public pré-pubère) tandis que celui-ci poursuit son idolâtrie aveugle ? Au fond, on s’en fout…

beunz

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