Prognathe – We’re Sane

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Style: grind death groovyAnnee de sortie: 2017Label: Peccata Mundi Records

Encore un groupe à côté duquel j’ai toujours réussi à passer, et pourtant les deux toulousains néanderthaliens déjantés de Prognathe se sont associés il y a déjà 5 ans. We’re Sane est d’ailleurs leur 3ème sortie et même s’ils tentent de nous persuader du contraire, on est en droit de douter de leur santé mentale vu le cocktail survitaminé et ultra-violent qu’ils nous proposent. La pochette donne d’ailleurs le ton, il n’y aura pas de quartier pendant près de 50 minutes et ça va hurler en mode grind/death avec quelques touches de doom/sludge crasseux.

Le propos du groupe n’a pas radicalement évolué depuis le premier album (malgré quelques petits changements sur lesquels nous reviendrons plus loin) et il y a d’ailleurs un moyen très simple de s’en rendre compte lorsqu’on fait l’acquisition du très bon dernier album du groupe : les deux premiers albums (Prognathe et Revelation Flesh respectivement parus en 2012 et 2014) sont en effet offerts par le groupe sur un 2ème disque (intitulé Retrognathe) qu’on trouve dans le très chouette digipack. Excellente initiative surtout si comme moi vous aviez loupé ces deux sorties qui méritent vraiment l’écoute (j’ai personnellement une préférence pour le premier album, bien jouissif).

Le combo a depuis le début pris le parti de se reposer sur une boîte à rythmes pour gérer les affaires courantes des fûts, se concentrant sur la guitare, la basse, et surtout les vocaux, assurés par les deux compères. Et c’est d’ailleurs cette complémentarité de hurleurs qui fait l’un des grands charmes du groupe, car les deux registres, s’ils se caractérisent tous deux par l’expression d’une grande folie, tapent dans un créneau un peu différent (ou un degré de folie différent), criards/hurlés pour l’un, plus graves et bestiaux pour l’autre.

Par rapport aux deux précédentes sorties, la production de We’re Sane semble un poil plus propre, ce qui permet d’aérer un peu le propos du groupe, là où il pouvait être un peu difficile de s’enfiler tout un album d’une traite. D’autant plus notable compte tenu de la durée conséquente de l’album (50 minutes donc, essaye de suivre c’est lourd). Evidemment l’exercice reste néanmoins douloureux pour les tympans et les nerfs, We’re Sane n’étant toujours pas à mettre entre toutes les oreilles.

Changement notable également, Lundi Galilao et Victor Bestiole ont semble-t-il décidé d’injecter un côté quasi groovy dans leur musique, qui était absent auparavant (Revelation Flesh alternait d’ailleurs avec de nombreux passages plus lourds, plus doom/sludge). Ajouté au côté direct et frondeur en diable des compos cela permet de rendre la sauce parfois assez irrésistible et même accrocheuse malgré l’ultra violence au menu à l’image de « Half-Frost and Furious » qui devient carrément jouissif juste avant le final, un peu avant la 4ème minute.

Le duo a aussi l’idée de ralentir le tempo (tout en l’alourdissant au passage, renvoyant au précédent album) sur « Sulphur the Children » (huhu), qui, placé en milieu d’album, a le mérite de rompre avec la frénésie générale du reste de l’album.

Ajoutons à tout cela des titres de morceaux aussi barrés que leurs géniteurs, et vous l’avez compris, Prognathe ne se prend pas au sérieux mais sa musique est à l’inverse sérieusement réussie et de très grande qualité.

Highly recommended.

Tracklist :
01 – Half-Frost and Furious
02 – We’re Sane
03 – Broken Teeth
04 – The Grindel Codex
05 – From Torments to Treatments
06 – Sulphur the Children
07 – Wolves
08 – Enter Caveman
09 – A Cryptic Recipe
10 – Running Amok
11 – …And Thus Spake He

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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