Make Them Suffer – Worlds Apart

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Style: pop deathcore symphoniqueAnnee de sortie: 2017Label: Rise Records

Vu en live en 2012 alors qu’il ouvrait pour Job For A Cowboy, Beneath The Massacre et War From A Harlots Mouth, Make Them Suffer ne m’avait alors pas fait une énorme impression (surtout vu le calibre des groupes suivants !). Les australiens défendaient alors Neverbloom, leur premier album mixant deathcore et black metal à tendance symphonique. Un mélange que le groupe a affiné dans Old Souls (2015) puis aujourd’hui dans Worlds Apart, renouvelant même le son du groupe.

Un renouvellement qui passe essentiellement par la présence de Booka Nile, nouvelle claviériste venant aussi poser son joli brin de voix sur de nombreux titres. Loin des clichés gothopoufs forcés, celle-ci contraste harmonieusement les attaques de son comparse masculin Sean Harmanis, vociférant à différents degrés (sa voix versatile étant souvent criée façon typiquement metalcore, parfois plus stridente et partant même dans quelques growls, toute l’étendue de son panel se vérifie pendant l’excellent « Vortex (Interdimensional Spiral Hindering Inexplicable Euphoria) »). Derrière le duo, la session rythmique propose un metalcore plutôt calibré.

« The First Movement » donne le tempo, alternant phases aériennes – grâce à la forte présence des claviers et au chorus éthéré de Nile – et agressivité de la voix masculine et des gros riffs. Si la première écoute laisse un peu perplexe, les suivantes fonctionnent mieux grâce à la symbiose créée par tous ces éléments. « Uncharted » prend la suite, l’atmosphère étant dans une optique similaire sur l’intro avant d’offrir des couplets basés sur des breakdowns assez classiques puis un refrain avec la voix angélique de sa claviériste faisant son retour. Même si le schéma apparaît un brin téléphoné, le pouvoir accrocheur des mélodies est là.

Les titres passent et tous se présentent peu ou prou avec les mêmes attributs. Et cette voix féminine se présente différemment selon les écoutes: parfois horripilante, parfois séduisante. Après cinq premiers titres jonglant entre ambiances éthérées et breakdowns assez virulents, la seconde partie de l’album part dans différentes directions: sci-fi d’abord (« Power Overwhelming », assez moyen) puis deux titres où la voix féminine est totalement absente, forcément les plus brutaux (« Midnight Run » et « Dead Plains », modèles d’efficacité). Enfin la conclusion « Save Yourself » laisse apparaître une Booka Nile beaucoup plus en voix, presque déchaînée, pour un titre conclusif toutefois bancal et bien moins marquant que les précédents.

Bref, le mélange des genres était risqué et la puissance dégagée ainsi que les harmonies ne convainquent que par intermittence. Un album propre et inoffensif, très pop (le mot est lâché) et qui n’est pas si rédhibitoire malgré une mise en avant un peu trop exagérée de sa nouvelle claviériste. Les fans de Deadlock sont clairement le public visé ici.

  1. The First Movement
  2. Uncharted
  3. Grinding Teeth
  4. Vortex (Interdimensional Spiral Hindering Inexplicable Euphoria)
  5. Fireworks
  6. Contact
  7. Power Overwhelming
  8. Midnight Run
  9. Dead Plains
  10. Save Yourself
beunz

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