Manchester Orchestra – A Black Mile to the Surface

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Style: Indie RockAnnee de sortie: 2017Label: Loma Vista, Caroline RecordsProducteur: Manchester Orchestra, Catherine Marks, John Congleton, Jonathan Wilson, and Dan Hannon

Ça commence bien gentiment avec « The Maze » qui ressemble finalement davantage à une introduction… Une introduction pour nous amener à la claque monumentale que va être la suite de cet album fabuleux. Manchester Orchestra ne sont pas anglais mais américains, se sont formés en 2004, et A Black Mile to the Surface est leur 5ème album. Voilà pour les présentations rapides, mais c’est la musique qui compte et on ne peut pas être déçu à l’écoute de ces chansons magnifiques.

Dès « The Gold », nous voilà dans le bain : des mélodies sombres et irrésistibles, portées par la voix fragile et légèrement nasillarde d’Andy Hull lequel est régulièrement secondé/triplé pour aboutir à des harmonies vocales splendides qui font la marque de fabrique de ce disque à mon humble avis. Lorsque le refrain de « The Moth » nous parvient pour la première fois, le doute n’est plus permis : si tout continue sur cette formidable lancée, l’album de Manchester Orchestra finira facilement sur le podium de l’année, et peut-être même sur la plus haute marche. Toujours aussi sombre, avec quelques cris appuyant cette planante mélancolie, et des harmonies vocales encore monstrueuses, ce titre est en effet un des points d’orgue de l’album. Mais ce qui est beau, c’est que tout l’album est bel et bien à l’avenant, et vous verrez : je vous parie que « The Moth » sera votre titre préféré lors des premières écoutes mais que votre titre préféré changera finalement tous les jours au gré des écoutes.

Car si vous succombez comme je l’ai fait, il est probable que vous découvriez le caractère infectieux des compositions de la troupe.

« Lead, SD », seul titre de l’album ne suivant pas la tendance en « the » de chacun des autres titres, est aussi le titre le plus « agressif » toutes proportions gardées. Andy Hull y aborde le thème de la paternité à venir, de ce qu’elle peut amener d’excitations, de peurs, de rejet même parfois.

Manchester Orchestra flirte avec une habileté rare sur les cordes du rock, de la pop, et de la folk (les guitares étant souvent acoustiques de prime abord avant que la distortion n’entre en jeu) et balaye toute la concurrence pour offrir rien de moins qu’un des meilleurs albums du genre des années 2000 et au-delà. Prenez-vous donc ce fantastique « The Alien » si vous ne me croyez pas. Commençant tout en douceur, le titre débouche une fois de plus sur un refrain à dresser les poils à 14 mètres, porté par ces harmonies vocales à pleurer.

Cette merveille débouche sur « The Sunshine » qui sur même pas 2 minutes, fait davantage figure d’interlude, sur lequel Andy Hull se confie à sa fille née il y a peu. L’explosion de merveilles reprend alors sur « The Grocery » qui démarre très fort et nous en met plein les mirettes une fois de plus, idem pour « The Wolf » qui suit directement.

« The Mistake » m’évoque à chaque fois Supertramp qui aurait rencontré Ben Howard et se serait imprégné de sa sombre mélancolie. Pas certain que cette analogie soit partagée par beaucoup mais je la revendique pourtant. Quant à « The Parts », il permet de mesurer le talent vocal d’Andy Hull qui chante seul sur une simple guitare acoustique discrète et une fois encore irait tirer les larmes même au plus dur des coeurs de pierre.

La production parfaite, permet de bien apprécier la force de chaque note, ainsi que chaque nuance et harmonie que le groupe parvient à mettre en marche avec ce talent impressionnant sur un peu plus de 49 minutes.

S’il vous prend l’envie, motivé par cette découverte marquante, de vous frotter aux précédentes réalisations de ces américains, soyez prévenus : vous ne trouverez rien à la hauteur de cet album, qui est sans le moindre doute le point d’orgue (à ce jour du moins) de leur discographie. Malgré quelques bons (voire très bons) titres (notamment sur Cope), les 4 albums qui précèdent (sans compter Hope, la relecture calme de Cope) apparaissent comme des brouillons préparatoires de ce… chef d’oeuvre, il faut savoir appeler un chat un chat à un moment donné merde. A Black Mile to the Surface est manifestement la concrétisation des efforts de la bande pour aboutir à ce mélange d’émotion et de puissance rock.

Absolument incontournable.

Tracklist :
01 – The Maze
02 – The Gold
03 – The Moth
04 – Lead, SD
05 – The Alien
06 – The Sunshine
07 – The Grocery
08 – The Wolf
09 – The Mistake
10 – The Parts
11 – The Silence

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. Angrom Angrom says:

    Pas forcément évident au 1er abord mais belle montée en puissance et chouette disque, au final ! merci

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