Pyrrhon – What Passes For Survival

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Style: death metal chaotiqueAnnee de sortie: 2017Label: Throatruiner Records/Willowtip RecordsProducteur: Colin Marston

Pyrrhon est un groupe vraiment à part dans le monde du death metal, n’hésitant pas à briser les codes autant que les structures, au point même d’improviser pendant ses sessions d’enregistrement (comme ce fut le cas de deux des quatre titres de Running Out Of Skin, son dernier EP en date sorti l’an dernier). Les quatre new-yorkais sont de retour cette année avec un nouveau long-format, leur troisième, conservant leurs habitudes destructrices, leur incroyable technique instrumentale ainsi que leur constante volonté de repousser les limites de l’écoutable…

Car What Passes For Survival est une épreuve, un death metal prenant des allures de bordel cacophonique à l’image de l’incompréhensible intro de « The Happy Victim’s Creed ». Si les choses « s’éclairent » un tantinet après, Pyrrhon joue autant avec les nerfs de l’auditeur qu’avec les structures et les vitesses. Le death metal très technique (du côté atonal de la force) du groupe prend le contre-pied du pendant mélodique d’Artificial Brain (alors que les deux groupes ont leur bassiste en commun) en enchaînant les plans les plus douloureux qui soient dans une atmosphère arty (le solo central semblant improvisé tant c’est n’importe quoi). Un parti-pris extrémiste qui va donc durer tout le temps de cet album. Dissonances à tout-va sur fond de chaos globalisé, Pyrrhon déverse un déluge de notes et de cris (parfois growls) avec une intensité peu commune (au son magnifié par un certain Colin Marston (Behold…The Arctopus etc.) à la production), on est clairement proche de la folie pure et simple.

Pour le non-initié à la musique chaotico-arythmique, cet album sera certainement un amas de violence sans queue ni tête, un objet inaudible dénué de mélodies et de points d’accroche ou pire, un objet de torture ! Semblant d’abord destiné aux amateurs de metal extrême très complexe, de Gorguts à Ulcerate en passant par Dodecahedron, Gigan ou Plebeian Grandstand (avec qui le groupe a fait une récente tournée), il demeure un objet expérimental semblant aussi trouver des accointances dans le free jazz, la noise (on pourra y trouver des réminiscences de Lightning Bolt ou de Dazzling Killmen de temps à autre) ou encore de mathcore (façon Daughters), pour une croisée de styles alambiqués, et ce, tout en laissant la part belle aux improvisations.

Que ce soit par un rejet en bloc ou par une adoration un brin maso, ce nouvel album de Pyrrhon ne laissera personne indifférent. Bon courage, et ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez rien, c’est normal ! Doliprane recommandé après écoute.

  1. This Happy Victim’s Creed
  2. The Invisible Hand Holds A Whip
  3. Goat Mockery Ritual
  4. Tennessee
  5. Trash Talk Landfill
  6. The Unraveling: Hegemony Of Grasping Fears
  7. The Unraveling: Free At Last
  8. The Unraveling: Live From The Fresh Corpse
  9. Empty Tenement Spirit

Bandcamp

beunz

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