Live-report: The Flatliners/Prawn

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Style: punk rock & indie/emo rockAnnee de sortie: 2017

The Flatliners/Prawn/Not Scientists – Prague (Klub 007), le 30/09/2017

Dans de nombreuses salles de concert, la ponctualité est un élément abstrait. L’affiche a beau marquer une certaine heure de départ, la musique démarre bien souvent une bonne demi-heure (voire parfois une heure) après, le temps de siroter un (ou quelques) breuvage(s) en attendant. Il se trouve que pour certaines salles de Prague, c’est tout l’inverse. Pour le Klub 007 en l’occurrence, démarrer tôt est essentiel pour pouvoir terminer avant 22 heures car après c’est tapage nocturne. Et pour une salle située au milieu de la plus grosse cité U de la ville, il n’y a pas d’exception, même un samedi soir.

Ce à quoi je ne m’attendais pas. Le concert démarrant à 19 heures (au lieu des 19h30 indiquées sur l’affiche), j’ai donc eu la mauvaise surprise en débarquant « à l’heure » de voir que j’avais complètement manqué Not Scientists, groupe français contenant en ses rangs quelques anciens Uncommonmenfrommars. N’ayant jamais pu voir ces derniers durant mes années post-ado/skateur (j’avais pas mal fait tourner Vote For Me à l’époque), j’ai donc été un peu déçu de louper cette première partie, surtout que l’on retrouve apparemment chez Not Scientists pas mal de points communs: principalement le timbre vocal de Trint Eastwood et pas mal d’énergie. La prochaine fois…

C’est donc Prawn qui débute alors que j’entre dans la salle. Découvert sur le superbe split réalisé il y a une paire d’années avec Moving Mountains (que je vous recommande fortement si vous ne connaissez pas), j’étais curieux de découvrir le groupe du New Jersey et leur indie-rock touchant de temps en temps à l’emo (à l’ancienne) et au post-rock. Oui, ces styles sont assez différents du punk rock joué par Not Scientists et The Flatliners, et Prawn va faire les frais de cette différence tout au long de son set. Le chanteur demandant comme n’importe quel frontman « Comment ça va Prague ? » ne recevra que des vents silencieux en guise de réponse (alors que la majorité du public hochait la tête en rythme, mais là on entendait limite une mouche voler). Sur le coup, j’étais prêt à faire un « yeah! » mais quand j’ai réalisé que j’allais être seul, je l’ai ravalé, réalisant le malaise qui s’était installé. Une somnolence (ou manque de respect) de l’audience qui ne déstabilisera pas le quartet pour autant, délivrant un set magnifique, passant en revue ses EPs et albums (dont son petit dernier Run, sorti il y a quelques jours sur Topshelf avec notamment l’excellent titre « North Lynx »). On notera la belle complémentarité entre les musiciens, le second guitariste et le bassiste apportant réellement avec leurs chœurs. Et avec un son parfait permettant de se délecter du son (souvent) cristallin des guitares, Prawn a, malgré le contexte, montré un grand professionnalisme (il y a des groupes qui se seraient énervés pour moins que ça). Mais le groupe a sûrement sacrifié son tube « Donald Domesky » (gardé pour un rappel qui n’aura pas lieu ? Ou bien simplement zappé ?), qui aurait pu terminer ce set en beauté. En dépit de quelques applaudissements polis ça et là en fin de morceaux, j’imagine que les mecs ne garderont pas un grand souvenir de leur venue à Prague. Désolé pour eux.

Pour The Flatliners, la situation sera tout l’inverse. La foule quasiment éteinte s’est soudain réveillée et s’est massée en nombre devant la scène, on sent une certaine effervescence avant l’arrivée sur scène (sur fond de Metallica) du groupe canadien que j’ai découvert peu avant ce concert. Actif depuis maintenant 15 ans avec des débuts ska punk sur Fat Wreck Chords (label de Fat Mike de Nofx), on sent que le groupe a de la bouteille avec un chanteur charismatique sachant haranguer la foule comme il faut pour la faire réagir (ah tiens maintenant ça veut bien dire « yeah! » quand on demande si ça va ?). Le punk rock de The Flatliners est très classique dans sa forme (plus aucune trace de ska à l’horizon), énergique et mélodique sans pour autant aller dans le surjoué, bref c’est taillé pour le live. Le groupe piochera dans à peu près toute sa discographie, balançant la plupart de ses singles (sauf « Tail Feathers », qui aurait pu être très bon en live), parmi eux le nerveux « Hang My Head », le puissant « Eulogy » ou encore l’entêtant « Indoors » joué en rappel sur lequel la majorité du public chantera en chœur. Passés ces singles, j’ai découvert les autres titres joués ce soir, aux mélodies plutôt simples et efficaces parfois bien dans l’esprit d’un Rise Against (le chanteur étant souvent vocalement dans les mêmes tonalités). Bref, environ une heure de show dans une bonne humeur constante devant un public ravi et plutôt agité, répondant joyeusement aux sollicitations du groupe entre les morceaux. L’affluence à leur stand de merch après le concert confirmera le très bon moment passé et leur nombre de fans locaux très conséquent, allant jusqu’à demander des autographes.

Au final, deux groupes pour deux ambiances diamétralement opposées. Une très sympathique soirée en dépit du public amorphe pendant le set de Prawn, que je considérerai malgré tout vainqueurs de la soirée.

beunz

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