Krallice – Loüm

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Style: Black Metal ProgressifAnnee de sortie: 2017Label: Autoproduction

Loüm est le septième album de Krallice.

A-t-on encore besoin de présenter les New-Yorkais ? Vous me direz, une chronique c’est quand même un peu fait pour ça, et vous n’aurez pas tout à fait tort. Mais parler d’un groupe atypique demande une approche atypique. Dans ce sens, si vous ne connaissez pas du tout Krallice, je vous invite à écouter immédiatement Wretched Wisdom, le premier titre de leur premier album éponyme sorti en 2008.

Vous êtes de retour et maintenant vous en savez autant que ceux qui suivent et se délectent, album après album, de la folie créatrice de la bande à Colin Marston et Mick Barr. Krallice c’est la réunion de quatre musiciens talentueux (impliqués dans un nombre absurde de projets parallèles), qui pratiquent une sorte de Black-Metal expérimental et progressif, extrêmement technique, aux compositions denses et complexes, dont les fulgurances mélodiques n’ont d’égal qu’un rayon de soleil dans l’œil d’un cyclone monstrueux. Il ne vous reste plus qu’à vous plonger à votre tour dans la discographie du groupe, ou de l’oublier à tout jamais, si par malheur « Wretched Wisdom » (et son final totalement jouissif) ne vous a pas retourné le cerveau. Car depuis toujours Krallice fait du Krallice (leurs albums ne sont pas identiques, mais fortement similaires), à un rythme qui frôle hyperactivité et génie créatif intarissable, et je crois que rien ne changera. Merci, au revoir.

Enfin non, pas tout à fait, il me reste tout de même deux choses à préciser.

La première est que cette fois, Krallice s’est associé à Dave Edwardson (bassiste et hurleur en second du groupe Neurosis et membre de Tribe of Neurot) pour cet album. Mais si le chant et l’écriture des textes lui ont été confiés (ainsi que quelques arrangements au clavier, mais entre nous ils sont anecdotiques), Loüm reste à 99,9% un album de Krallice, tout aussi complexe et barré, tout en basse claquante et guitares frénétiques ; il n’y a que les hurlements d’Edwardson pour discrètement modifier le paysage habituel, comme une légère brume matinale au pied d’un monument cyclopéen. Est-ce un bon album de Krallice ? Oui, assurément. La présence de Dave Edwardson apporte-t-elle vraiment quelque chose ? Je me permets un joker.

La seconde chose est que bizarrement, à mon goût et pour mon plus grand malheur, la production de Loüm est encore plus faible que d’habitude. Nous sommes d’accord, Colin Marston n’a rien à prouver. Il suffit de jeter un œil à ses activités pour avoir le tournis. Guitariste de Behold The Arctopus et Krallice, bassiste de Dysrhythmia et de Gorguts (entre autres, la liste est longue), il a également produit, masterisé ou mixé bon nombre d’albums pour des groupes tels que Artificial Brain, Castevet, Kayo Dot, Origin et j’en passe, ainsi que l’enregistrement de tous les groupes dont il est membre. Oui, mais voilà, autant je n’ai rien à dire concernant ses talents de musiciens, autant je n’aime pas son travail de mixage et de mastering. Je suis fan absolu de Castevet (et pleure encore leur séparation), je trouve les albums d’Artifical Brain excellents, je me jette avec joie et félicité sur toutes les sorties de Krallice, mais chaque fois je peste contre la qualité finale de l’ensemble qui n’est pas à mon goût. Les amateurs de vrai Black-Metal et de production lo-fi me jetteront des pierres, je sais que Colin défend sa technique et justifie ses choix. J’ai lu le très bon Q&A de Stereogum sur le sujet. Mais je n’aime pas, voilà tout, et je n’écoute jamais Krallice en aléatoire avec d’autres groupes. Entendons-nous bien, c’est très bien enregistré. On entend parfaitement chaque instrument, l’ensemble est cohérent. Mais le tout manque de volume et d’ampleur. Heureusement, la qualité des compositions, leur puissance émotionnelle ainsi que la folie de l’exécution font vite oublier ce dérangement, et c’est toujours avec passion (et obsession) que je me replonge régulièrement dans le maelstrom excentrique de la formation.

Loüm est le septième album de Krallice. Je m’en régale comme de tous les autres, je ne me lasse pas de suivre le groupe dans ses pérégrinations addictives, et il me tarde déjà d’écouter leur huitième album, Go be forgotten, à sortir très bientôt. Quand je vous dis qu’ils sont intarissables…

Tracklist :
01 – Etemenanki
02 – Rank Mankind
03 – Retrogenesis
04 – Loüm
05 – Kronus Deposed

Groupes cités dans la chronique

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