The Faceless – In Becoming A Ghost

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Style: death techniqueAnnee de sortie: 2017Label: Sumerian Records

Ce n’est pas forcément une opinion communément admise, mais pour moi The Faceless a sorti en 2008 une pierre angulaire du death technique/progressif, Planetary Duality, et grâce à cet album le groupe a gardé une certaine aura de précurseur jusqu’à aujourd’hui. Ce 2ème album les voyait abandonner tout coté deathcore et s’aventurer dans un genre associant une imagerie et des sonorités futuristes avec la férocité d’un death mécanique exécuté de manière chirurgicale, sur des rythmiques furieuses et des mélodies mémorables toujours assez macabres mais parfois proches du jazz fusion. Au vu du nombre de personnes attendant avec impatience la sortie de ce nouvel album, cette aura est justifiée, même si l’album suivant du groupe, Autotheism, sorti en 2012, plus metal prog que death et qui accordait plus d’importance au chant clair a déçu une partie de son public.

5 ans plus tard, ce nouvel album commençait à se faire attendre. Les péripéties autour de sa conception, dont le remplacement de l’intégralité des membres autour de leur guitariste/compositeur Michael Keene, ses supposées mégalomanie et addictions diverses, ont au final peu d’importance, l’album aura eu une gestation longue – un des titres avait déjà été publié sur le net il y a 2 ans! – mais il est enfin là. A ce regard, la durée de ce In Becoming A Ghost parait courte, mais est en fait de 42 minutes dont 7 « vrais » morceaux seulement cependant, et dont 3 avaient déjà été diffusés.

D’autres groupes ont repris le style de Planetary Duality, cette année Archspire et Inanimate Existence, First Fragment ou The Zenith Passage l’année dernière. J’ai apprécié les albums de tous ces groupes, mais en comparaison aucun arrive à étonner et faire avancer le style comme en est capable le groupe de Michael Keene. Ce type est un génie du riff death technique et il arrive sur cet album à intégrer à la base extrême de leur musique sa voix claire de manière judicieuse ce qui apporte une vraie différence par rapport aux autres groupes du genre. Son comparse le vocaliste death est en contrepartie démoniaque à souhait et ses cris ainsi que certains passages tendent à apporter une touche black symphonique à la Emperor à plusieurs morceaux, comme « Digging The Grave », ou des délires carnavalesques glauques de « Cup of Mephistopheles ». Des influences indus se font aussi sentir, en particulier sur le seul moment un peu moins sombre de l’album, la reprise de « Shake the Disease » de Depeche Mode, une réinterprétation réussie façon metal extrême. Les 2 titres les plus classiques pour le groupe sont « Black Star » et « The Spiraling Void », 2 démonstrations parfaites du talent de Keene pour composer des titres tech death intégrant un chant clair adapté et bien placé, comme en est également capable Extol (rapprochement assez flagrant sur « I Am »). Une intro et 2 interludes complètes un album qui se révèle varié et dont l’écoute passe en un instant.

Pas de déception donc mais quand même un sentiment que l’album a été accouché dans la douleur et peut-être sorti dans la précipitation, In Becoming A Ghost est un album qui laisse un sentiment d’inachevé et manque un peu de cohérence, son écriture sur plusieurs années en est certainement la cause. J’espère que The Faceless sera capable de poursuivre dans cette voie sur un nouvel album sans que ça prenne 5 ans, ce groupe a manifestement encore beaucoup à exprimer.

 

jonben

Chroniqueur

jonben

Krakoukass et moi avons décidé de créer Eklektik en 2004 suite à mon installation à Paris, alors que disparaissait le webzine sur le forum duquel nous échangions régulièrement, ayant tous deux un parcours musical proche entre rock et metal, et un goût pour l'ouverture musicale et la découverte perpétuelle de nouveautés. Mes goûts se sont affinés au fil du temps, je suis surtout intéressé par les groupes et styles musicaux les plus actuels, des années 90s à aujourd'hui, avec une pointe de 70s. J'ai profité pendant des années des concerts parisiens et des festivals européens. J'ai joué des années de la guitare dans le groupe Abzalon. Mes styles de prédilection sont metal/hardcore, death technique, sludge/postcore, rock/metal prog, avec des incursions dans le jazz fusion et le funk surtout, depuis une île paumée de Thaïlande. 

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