Dance Gavin Dance – Artificial Selection

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Style: post-hardcore US/emo/screamoAnnee de sortie: 2018Label: Rise Records

Apparu en plein milieu de la frénésie Myspace et de ses new friend requests (c’est-à-dire en 2005), Dance Gavin Dance a connu de nombreux mouvements de line-up mais a tenu bon malgré cela. Le style du groupe n’a néanmoins pas tellement évolué, faisant se côtoyer les mélodies émotionnelles du post-hardcore/emo US grand public avec des séquences mathcore/screamo sacrément virulentes. La recette est donc intacte sur ce Artificial Selection, huitième album studio du groupe de Sacramento.

Le ton est donné dès « Son Of Robot » où l’intro aérienne quasi post-rock (avec flûte dans le décor) se voit coupée sans sommation par une tornade chaotique. Pas pour longtemps certes, puisque les envies mélodiques de DGD reviennent par l’intermédiaire de son chanteur « clean » Tilian Pearson au timbre un peu éraillé pas trop désagréable (les parties criées seront elles assurées par Jon Mess). La musique de DGD semble s’accorder sur le précepte « le calme avant la tempête », sauf que ce faux-calme renferme souvent une technique instrumentale irréprochable (les guitaristes étant souvent très inspirés, on compte d’ailleurs quelques invités venant de Strawberry Girls et de Secret Band).

Assez facilement assimilables avec un aspect pop prenant les devants, ces quatorze nouveaux titres sont au final assez déconcertants. De facilité d’abord tant les mélodies sont accrocheuses. Mais si Pearson chante bien, il occupe une place un peu trop centrale, laissant à Mess le poste de sous-fifre histoire de justifier l’appellation « hardcore » du groupe. Car la formule musicale de DGD, bien que très agréable la majeure partie du temps, bien que possédant de très nombreux temps forts (les singles « Midnight Crusade » ou « Care » avec son dansant final, et bien d’autres) repose sur des refrains beaucoup trop calibrés. Du coup, malgré la richesse instrumentale des compos, ces envolées partant régulièrement dans les aigus viennent à la longue un peu gâcher le plaisir d’écoute. On aurait tellement voulu un titre uniquement dédié à Mess, l’excellent « The Rattler » en donnera l’illusion (l’aura tarée de The Chariot plane ici) , mais non, Pearson viendra contrebalancer ces parties nerveuses par des passages d’une mièvrerie sans nom, très frustrant pour le coup.

Artificial Selection reste néanmoins sympathique, ne serait-ce que pour les qualités musicales de ses musiciens, souvent aventureux que ce soit dans leurs dynamiques comme leurs harmonies, se rapprochant souvent d’un Coheed And Cambria. Reste ce chant, qui flingue souvent le reste par sa présence, empêchant l’appréciation de cet album à sa juste valeur. Dommage pour moi, mais qui sait, peut-être vous séduira-t-elle ?

 

  1. Son Of Robot
  2. Midnight Crusade
  3. Suspended In This Disaster
  4. Care
  5. Count Bassy
  6. Flash
  7. The Rattler
  8. Shelf Life
  9. Slouch
  10. Story Of My Bros
  11. Hair Song
  12. Gospel Burnout
  13. Bloodsucker
  14. Evaporate
beunz

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