Demande à la poussière – S/T

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Style: doom/black metal/sludgeAnnee de sortie: 2018Label: Argonauta Records

Tirant son nom du best-seller de John Fante, Demande à la poussière est un jeune groupe parisien monté l’an dernier autour de Jeff Grimal (ex The Great Old Ones). Ce dernier a réuni autour de lui des musiciens au background divers puisque l’on retrouve des gens qui sont ou ont été dans Omrade, No Return ou encore Würm. Signé sur Argonauta Records (qui se fait mine de rien un catalogue de qualité), le groupe délivre un premier album très dense d’un black metal infusé de différents genres annexes et intégralement chanté en français.

« L’Univers » nous introduit au style de Demande à la poussière: ultra sombre et baignant dans puissance sonique scotchant sur place, cette ouverture possède un sacré poids sludge allié à une tension à vif. C’est que le groupe sait s’y prendre pour nous coller des sueurs froides, « Le Lendemain » joue en effet sur cette tendance en flirtant avec le doom tout en nous retournant via une mélodie plus sinueuse (qui se mariera parfaitement avec une rythmique plus grasse). Pourtant « Étranglé » surprend ensuite par une ambiance plus aérienne, pas si loin d’un shoegaze. Une envolée des sens (aussi vocale) qui apparaît plus douce tandis que la noirceur continue d’enrober le tout. Une première partie d’album dont la variété étonne, et le groupe ne compte alors pas s’en arrêter là !

« L’Unique Certitude » vient en effet directement nous renvoyer du ciel aux entrailles de la Terre via une ambiance tribale se mutant soudain en pavé de glauquitude via un mid-tempo infernal au sein duquel les menaçantes guitares viennent idéalement compléter la férocité des vocaux. « Le Parfum Des Cités Perdues » suit avec une atmosphère singulière, entre riffing groovy et guitares dissonantes sur lesquels Krys, le chanteur, nous gratifie de hurlements arrachés ainsi que de quelques spoken words. Vient ensuite « Accroché » dont l’intro peu éloignée du post-rock n’augure pas de la déflagration qui suivra, multipliant les séquences entre chaos et noise.

« Condamné » nous propose à nouveau quelque chose de différent, de son ouverture à voix déformée parlée à son chorus « Nous sommes condamnés » vomi du micro, ce titre basé sur une rythmique pesante est une sacrée épreuve, surtout avec ce malfaisant final où des hurlements inhumains se font entendre, à moins que ce ne soit un saxo désaccordé, ou bien les deux, on ne sait pas bien, notre perception en a pris un coup. « 360° » aurait pu nous remettre du titre précédent, mais l’ambiance faite de bidouillages sonores, d’extraits de discours trafiqués et autres bruits irritants nous achève dans une impression d’inconfort comme si l’on se trouvait dans une usine remixant nos cauchemars les plus profonds.

Demande à la poussière livre un premier album particulièrement réussi, nous entraînant dans une descente vertigineuse où le groove des riffs sludge rencontre l’aspect oppressant du black/death, ce en partant où bon lui semble tout en conservant ses envies de ténèbres. Une sensationnelle découverte pour un groupe ne sonnant comme aucun autre et sur lequel on va garder un œil.

  1. L’univers
  2. Le lendemain
  3. Etranglé
  4. L’unique certitude
  5. Le parfum des cités perdues
  6. Accroché
  7. Condamné
  8. 360°

Bandcamp

beunz

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