Chroniques Express de Noël 2018

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Annee de sortie: 2018

C’est toujours le même bordel en fin d’année. L’heure du bilan approche, et c’est là qu’on s’aperçoit qu’on n’a pas écrit toutes les chroniques qu’on pensait avoir écrites, ou qu’on a complètement oublié d’écrire quelques mots sur tel ou tel album qui le méritait pourtant. Sans compter les albums parus en toute fin d’année comme des petits sournois…

D’où les chroniques de rattrapage écrites en vitesse ces derniers jours (Vein d’abord, Kriegsmaschine et Amorphis arrivant sous peu). Mais vous comprendrez que tout ça c’est finalement pas mal de boulot et que parfois on a envie d’aller à l’essentiel et de balancer la purée en quelques mots pour parler d’albums sympas qui ont tourné régulièrement durant l’année ou ces derniers mois.

Allez c’est parti.

The StrutsYoung & Dangerous

On commence avec les anglais de The Struts, et je vous laisse d’abord regarder la photo du groupe ci-contre histoire de voir si vous captez tout de suite la ressemblance… Oui le chanteur du groupe est à l’évidence un fan de Mercury (difficile de lui en vouloir, non ?) et c’est donc assez logique de voir (ou plutôt entendre) les influences de Queen s’exprimer dans The Struts notamment dans les gimmicks vocaux du chanteur. Alors c’est sûr on se calme, Luke Spiller est loin d’atteindre le quart du génie vocal de son idole, mais il reste un chanteur très capable, s’illustrant même dans des registres particulièrement tendus (comme cette montée dans les aigus qui fait mal aux coucougnettes sur « In love with a Camera »), sachant comme savait le faire Mercury passer de registres aigus donc à d’autres plus criés façon rock voir « hard rock ». Et de fait, le hard rock glam des Struts est vraiment bien foutu, et ce deuxième album aussi calibré soit-il, est rempli de tubes auxquels il est bien difficile de résister.

The SacrificeThe Sacrifice

Un album sorti dans une quasi totale confidentialité, alors qu’il est pourtant paru chez Season of Mist, et qu’au-delà de sa très chouette pochette, il tape dans un genre pourtant plutôt en vogue : la synthwave à la Carpenter Brut, Dan Terminus ou autre Perturbator (avant le virage expérimental qu’on espère ne pas voir trop durer même si on comprend l’envie d’aller de l’avant) dans une version plus pop et surtout chantée. Et franchement ça le fait plutôt bien, l’album s’avère plutôt long en bouche, supportant bien les écoutes répétées, qui permettent de révéler des petites pépites comme le monumental « Redemption » . On se dit parfois que cet album pourrait ressembler à ce que ferait Ghost si le Cardinal avait envie d’aller taper dans la synthwave. Une histoire d’ambiance et de thématiques je pense… A noter que les mecs derrière The Sacrifice sont aussi ceux qui s’exprimaient en tant que Panzer Flower et avaient sorti le « tube » électro (pourtant un peu moisi) « We Are Beautiful ». Je vous le remets en-dessous si le cœur vous en dit.

The Ting TingsThe Black Light :

Ouais the Ting Tings. Ça vous parle peut-être, peut-être même que vous vous rappelez du titre en écoute ci-dessous (« That’s not my Name »), leur plus gros carton à ce jour (ex aequo avec « Shut Up and Let Me Go », oui c’est eux aussi). Un petit tube sympa mais franchement pas inoubliable (malgré le côté très entêtant de la mélodie il faut le reconnaître), on est d’accord. Mais le duo a carrément changé, et propose avec The Black Light un petit album de moins de 30 minutes franchement très très bien foutu dans un registre électro pop qui envoie bien et met à l’amende un paquet de concurrents dans le même registre. Vous noterez le changement d’ambiance radicale entre les deux époques, le passage de la lumière à la nuit entre les deux clips, et c’est parfaitement révélateur du changement tout aussi radical que les anglais ont orchestré avec leur musique. Grand bien leur a pris tant il y a un monde d’écart en pertinence et en qualité entre les deux époques. Surprenant non ? Et après on nous dit que les gens ne changent jamais vraiment!

Greta Van FleetAnthem of the Peaceful Army

Bon y a pas que des groupes en « The » dans la vie non plus. Parlons donc de Greta Van Fleet que beaucoup voient comme un groupe qui plagierait de façon éhontée les grands, les mythiques Led Zeppelin. Sauf que votre serviteur n’en a à peu près rien à carrer de Led Zeppelin désolé et que la nostalgie très peu pour lui eh ouais. Et merci mais je sais reconnaître des bonnes chansons et un chanteur exceptionnel (un gamin en plus!! Allez voir sa bouille!) quand je les croise. Et ce premier album longue durée (après un EP) contient bien des titres énormes comme « Age of Man » qui ouvre magnifiquement l’album, et les bombes « When the Curtain Falls » et surtout « Mountain of the Sun » (quel putain de tube, et quel refrain!!!). Certes le groupe n’invente rien et sa musique est, il est vrai, ultra référencée. Il y a bien aussi quelques titres moins réussis ou plus quelconques qui empêchent l’album d’être la réussite insolente qu’il aurait pu être, mais ça ne m’a pas empêché de le faire bien tourner et de l’apprécier pour ce qu’il est : un bien chouette album de rock n’ roll. Parfois il ne faut pas chercher plus loin et prendre le plaisir d’où il vient.

VodunAscend

Tiens Skin (Skunk Anansie) s’est laissée pousser les cheveux et est de retour dans un nouveau groupe? Ah bah non, pas du tout, pourtant lorsqu’on entend la voix d’Oya la chanteuse de Vodun la première fois, difficile de ne pas avoir l’impression d’avoir affaire à l’emblématique black rasée des années 90. Difficile aussi d’expliquer précisément la teneur musicale de ce que produit le trio londonien… Parfois décrite comme du voodoo rock, la musique de Vodun mélange en effet un chant typé afro, et une musique oscillant entre stoner, hard rock voire thrash et ce parfois au sein d’un même morceau, à l’image de l’excellent « Spirits Past » que vous pouvez écouter ci-dessous pour vous faire une idée plus précise de la chose. Quoi qu’il en soit l’album est vraiment de très bonne facture, mettant aussi en avant des éléments légèrement doom, et même du saxophone (sur le morceau titre). Un beau melting pot original et haut en couleurs, qui vaut clairement le détour.

ChvrchesLove is Dead

Cette année est l’année où Chvrches m’aura déçu. Sniff. Il fallait que ça arrive, sauf que j’aurais bien voulu que ça n’arrive jamais. Ce duo que je chéris, qui a sorti deux albums superbes (surtout le deuxième), a osé me décevoir. En tout cas aux premières écoutes. J’ai remisé l’album (enfin je l’ai « déréférencé » sur Deezer quoi) avant d’y revenir par petites touches un peu plus tard. Et j’ai retrouvé ce que j’aime tellement dans ce groupe : leur incroyable capacité à écrire des chansons qui s’incrustent dans la tête pour ne plus jamais en sortir (voir « Get Out », « Graves » ou « Heaven / Hell » parmi d’autres). Certes on sent la volonté de policer un peu le propos, voire peut-être bientôt de vendre leur cul au Diable pour essayer de vendre des palettes de disques mais putain ce groupe est certainement un des meilleurs groupes de pop électro de ces dernières années et s’il y en a un qui mérite de vendre des palettes de disques c’est bien lui, ne serait-ce que pour services rendus à la musique sur ses premiers albums. Donc finalement non « Love isn’t dead guys » (et Lauren c’est toujours où tu veux quand tu veux).

Rita OraPhoenix 

Et ouais vous le savez bien, il y a toujours un moment où je finis par parler de pop sucrée. Alors j’imagine que Chvrches c’est déjà trop pour certains d’entre vous, mais comme c’est le premier pas qui coûte, allons donc un bon cran plus loin pour évoquer ce disque sorti en fin d’année et que je prends beaucoup de plaisir à écouter très régulièrement. Et ouais, le gars arrive à passer de Vein ou Kriegsmaschine à Rita Ora. J’y arrive, j’assume et je vous emmerde. Alors c’est clair la Rita elle tombe dans le même travers que toutes ces pop stars (Taylor Swift, Katy Perry ou Rihanna) qui ont toujours tendance à vouloir trop en faire et gavent leur disque de titres pour livrer un album juste pas mal de 16 titres quand elles auraient pu livrer un superbe album de pop assez parfait en 10 titres. En l’occurrence j’aurais bien pris les 8 premiers titres qui tuent tous (« Your Song » commence à dater mais reste une chanson assez parfaite par exemple), ajouté l’excellent « Girls » (feat Charli XCX bah ouais) et le formidable « Falling to Pieces » et ses cuivres qui me touchent au cœur et emballé c’était pesé, on avait juste le meilleur album de pop sucrée de ces dernières années (depuis l’avant-dernier Taylor Swift en fait). Mais des merdes comme « Velvet Rope » ou « Summer Love » je dis non, j’ai moi aussi mes limites faut pas déconner.

 

Sur ce joyeux Noël à tous!!

 

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 878 articles sur Eklektik.

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Commentaire

  1. RBD says:

    Chvrches m’avait fait assez forte impression dans son genre il y a quelques années lors d’une tournée d’été en première partie de Depeche Mode, qui leur avait permis de mieux se faire connaître. C’est clair que l’extrait ici servi montre qu’ils veulent passer à la radio, plus clairement que sur l’ancien répertoire. Ils le mériteraient, je suis d’accord.

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