Dead Can Dance – Dionysus

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Style: World Music ClassieuseAnnee de sortie: 2018Label: Pias

Pas facile de trancher entre le cœur et la raison à l’écoute de ce nouvel album du mythique duo Dead Can Dance…

Côté cœur d’abord : il y a juste « simplement » le plaisir ressenti à écouter cet album, à le passer encore et encore. Un album très facile d’accès mais assez superbe, qui fait voyager. Je passe sur le concept développé dont je n’ai personnellement que faire mais il est très rapidement clair qu’on se trouve face à un album musicalement dans la continuité thématique d’un Spiritchaser, c’est-à-dire plus centré sur des sonorités exotiques et tribales. La différence est très nette par rapport au précédent album du groupe Anastasis. Certains apprécieront peut-être moins cette orientation (Spiritchaser étant rarement cité comme le meilleur album du groupe), pour ma part j’avoue avoir été clairement séduit : pas de morceaux faibles, un voyage continu, et un dépaysement vraiment salvateur en ces temps de crise et de morosité globale.

Très rapidement la raison vient mettre un peu le bordel dans ce constat : l’acte I est très beau mais aussi peu chanté, les seuls chants étant des chœurs sur lesquels n’interviennent même pas Perry et Gerrard. Il faut attendre le premier morceau de l’acte II pour retrouver le chant de Perry secondé de façon discrète par Gerrard. L’accent est clairement mis sur la musique sur cet album ainsi que sur les chœurs et moins sur les performances vocales individuelles, et cela semble être un parti-pris. Mais tout de même on reste très étonné du peu de présence de Lisa et de son chant sur cet album. Certes Brendan ne chante finalement que sur 3 titres (dans une langue fictive d’ailleurs et pas en anglais) mais ses interventions sont plus marquantes que celles de Lisa, qui est bien souvent reléguée au rang de second rôle voire de figurante (voire la fin de « Psychopomp » sur lequel elle semble progressivement s’impliquer mais c’est précisément à ce moment que l’album se termine). En lisant des interviews données par Perry on comprend que c’est d’abord une volonté de sa part à elle de se mettre en retrait et un manque d’inspiration ou d’envie, qui expliquent cette mise en retrait.

Mais en plus de l’absence de Lisa Gerrard sans laquelle un album de Dead Can Dance sonne quand même beaucoup moins comme un album de Dead Can Dance, l’album est également honteusement court : 36 petites minutes qui passent très vite et font s’interroger sur l’inspiration du duo (ou de Perry) au moment d’accoucher de ce disque.

Le constat a l’air globalement négatif pourtant soyons clairs : l’album tourne beaucoup et revient souvent sur la platine. Le plaisir est donc là et c’est déjà pas mal. Mais on ne peut s’empêcher de penser que Dionysus c’est un peu Dead Can Dance en mode Service Minimum.

Tracklist :
1) Act I : Sea Borne
2) Act I : Liberator of Minds
3) Act I : Dance of the Bacchantes
4) Act II : The Mountain
5) Act II : The Invocation
6) Act II : The Forest
7) Act II : Psychopomp

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

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Commentaire

  1. RBD says:

    Ça va, nous avons bien écouté le même album. Il y a un petit côté NéoFolk païen à la « Serpent’s Egg » – « Aion » qui ressort par moments assez sympa.

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