Fever 333 – Strength in Numb333rs

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Style: Néo Rap MetalAnnee de sortie: 2019Label: Roadrunner Records

C’en est donc terminé des très bons Letlive., dont j’avais vraiment apprécié le dernier album sorti en date et chroniqué dans ces pages, Jason Butler le survitaminé et multi-tatoué chanteur ayant décidé en juillet 2017 de partir pour monter un nouveau projet, en l’occurence The Fever, devenu après The Fever 333 puis finalement Fever 333. Le Monsieur sait s’entourer puisqu’il est accompagné pour l’occasion de l’ancien guitariste de The Chariot, Stephen Harrison, et du batteur des excellents Night Verses Aric Improta.

J’étais personnellement passé complètement à côté de ce changement et de la création de ce groupe qui s’était d’abord concrétisée par la sortie en 2018 d’un premier EP Made an America. La formule choisie par Butler et ses sbires est extrêmement simple et la musique de Fever 333 est au final beaucoup plus directe et basique que celle des groupes dont sont issus tous ses membres : Butler n’a jamais caché son admiration pour Rage Against the Machine et pour le flow et l’énergie de la Rocha. Il semble d’ailleurs désireux de reprendre le flambeau quelque peu « révolutionnariste » de ce dernier, même si cette dimension politique est considérablement atténuée par le fait que l’influence majeure du groupe serait plutôt Linkin Park ou P.O.D. voire Papa Roach et que la musique de Fever 333 semble d’abord se destiner aux radios US.

Fever 333 donne donc, vous l’avez compris, dans un néo métal avec couplets scandés caractéristiques de l’énergie et du timbre bien enragé de Butler qui fait toujours mouche, agrémentés d’électronique et de refrains parfois bien mélodiques façon Linkin Park : c’est exactement le cas des 3 premiers titres de l’album, « Burn It », « Prey » ou encore « Animal », efficaces et entraînants mais pas originaux pour 2 sous. Au-delà de cette tendance très néo et rap métal qui confirme et accentue l’orientation du premier EP du groupe, on trouve aussi des titres un peu différents et soyons clairs, pas affolants pour deux sous : « Inglewood » qui sonne comme un titre de rap avec des refrains bien pop sur sa première moitié, avant de partir dans quelque chose de plus expérimentalo hurlé sur la 2ème moitié du titre. Malheureusement aucun des deux registres ne s’avère réellement convaincant. On préfère donc retrouver le groupe dans un registre beaucoup plus direct et basique sur « The Innocent » qui marque le retour du néo. Le groupe repart dans des délires experimentalo-électro-pop sans grand intérêt sur plus de 7 minutes avec « Out of Control ». On ne retiendra qu’un refrain vaguement accrocheur au milieu d’un morceau bien pénible.

Malheureusement il faut aussi que Butler nous fasse le coup de la sensiblerie de bas étage avec un « I Am Here » bien niais et pénible, avant de revenir à quelque chose d’un peu plus velu sur « Coup d’Etalk » (??) qui termine en mode néo un album qui ne marquera décidément pas les esprits. Sympathique sur quelques morceaux, lourdingue sur beaucoup plus de morceaux, ce premier album d’un groupe vendu comme un super groupe qui allait casser la baraque n’est pas immonde mais n’est pas non plus une réussite. Alors que sortent aussi les nouveaux albums de Papa Roach, et Bring Me the Horizon, je ne vois que les fans absolus de Jason Butler pour leur préférer cet album de Fever 333. A vous de voir donc, pour ma part je ne peux m’empêcher de considérer qu’on n’a plutôt perdu au change par rapport à Letlive..

Tracklist :
1. …
2. Burn It
3. Animal
4. Prey for Me
5. One of Us
6. Inglewood
7. The Innocent
8. Out of Control
9. Am I Here?
10. Coup d’Etalk

krakoukass

Chroniqueur

krakoukass

Co-fondateur du webzine en 2004 avec Jonben.

krakoukass a écrit 855 articles sur Eklektik.

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